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alsacedownunder
Description du blog :
L'Alsace au 36ème dessous : bienvenue sur le blog d'un étudiant strasbourgeois parti un an à Sydney.
Catégorie :
Blog Journal intime
Date de création :
22.07.2007
Dernière mise à jour :
23.10.2008

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Three days in Alice, acte 2 : l'effort

Publié le 13/07/2008 à 12:00 par alsacedownunder
Three days in Alice, acte 2 : l'effort
Aux vues de la durée et de la complexité de ce deuxième jour dans l'outback, un compte-rendu heure par heure s'impose. Vous pouvez trouver que le post est long, mais d'une part, vous n'êtes pas obligé de lire, et d'autre part, ce n'est pas vous qui avez passé une journée entière dans un bus après vous être levé à 5h du mat', je vous prierai donc de garder vos remarques pour vous.
5h10 – Réveil. Pas si difficile quand on ne dort plus depuis un moment, trop occupé à lutter contre le froid, l'inconfort du matelas et la tentation de rejoindre la jeune danoise qui a posé son sac de couchage à quelques centimètres de là (en prenant le soin de nous réveiller en pleine nuit avec pour seule consolation un timide « I'm sorry »).
5h20 – Tels des zombies, nous rejoignons l'accueil du Backpacker pour rendre les clefs. Ne vous inquiétez pas s'il n'est fait mention d'une quelconque douche, les strictes règles de sécurité de l'aéroport nous ayant contraint à abandonner gel douche, savon, dentifrice, ainsi que le peu de considération pour l'hygiène corporelle que nous avions.
5h35 – Température : 1°, et toujours personne à l'accueil pour nous ouvrir. Arrive enfin une dame qui nous explique gentiment qu'il existe un décalage horaire d'une ½ heure entre Sydney et Alice Springs, qu'elle est donc parfaitement ponctuelle, qu'il n'y a lieu de lui faire aucun reproche, et que si quelqu'un a quelque chose à rajouter il pourrait toujours aller dormir au milieu des kangourous (toutes façons, nos lèvres étaient trop gelées pour pouvoir exprimer quoique ce soit). Etant donné que le système métrique australien respecte scrupuleusement la rotation terrestre, je suppose que le bus, qui devait arriver par l'ouest l'Alice Springs vers nous, qui étions à l'est, était lui aussi à l'heure puisque les 10 minutes de retard s'expliquent par le décalage horaire existant entre les différents quartiers d'Alice Springs.
5h45 – Le bus arrive et nous faisons connaissance avec son chauffeur, Brendan ; celui-ci nous accueil par un très courtois « Hi guys ». Nous devons ensuite passer prendre les autres passagers dans les différents hôtels de la ville, ce qui nous permet de bénéficier d'une visite d'Alice Springs by night (aucun intérêt si ce n'est celui de voir quelques autochtones bourrés dormir dans le caniveau).
6h30 – Ca y est, les clients de l'excursion sont au complet : deux couples de retraités australiens (facilement reconnaissables à leur air jovial et leur accent inimitable), deux ou trois touristes asiatiques (facilement reconnaissables à leur petite taille, leurs yeux bridés, leur teint jaune et leur absence totale de personnalité), une hollandaise avec son fils, trois russes, et une charmante jeune fille blonde de nationalité indéterminée...
7h00 – Nous sommes à présent au milieu du bush. Brendan, très attentionné, nous informe régulièrement de l'évolution du voyage, ce qui nous attend, par où on va passer...il se soucie également de nous distraire en mettant des DVD sur la faune et la flore australienne. Si seulement il pouvait aussi s'occuper de conduire droit devant et éviter de freiner brutalement à chaque panneau...
8h00 – Premier arrêt, Jim's Place, un troquet paumé au milieu du désert où nous prenons le petit déjeuner. Certaines personnes donnent un sens à leur existence sur Terre en aidant leur prochain ou en tentant de rendre le monde meilleur. Jim, le tenancier du bar, a lui aussi une but dans la vie : faire jouer du piano à son dingo apprivoisé. Sa bestiole, qu'il a élevé depuis sa tendre enfance, a en effet cette particularité d'hurler à la mort (les dingos « n'aboient » pas comme les chiens) quand il pose ses pattes sur les touches du piano. Il semble cependant que ça n'ait passionné que les chinois qui ont mitraillé le pauvre animal pendant que les autres touristes, trop fatigués pour témoigner un véritable intérêt à un spectacle pourtant extraordinaire, se détournaient déjà de l'attraction locale pour regagner le bus.
9h30 – Le voyage commence à se faire long, Gauthier menace d'attenter à l'intégrité physique de Brendan s'il lance un cinquième documentaire sur la sauvegarde des wallabies à pattes longues dans le sud-ouest de la Tasmanie.
10h00 – Brendan nous raconte l'histoire de Jim, le tenancier du bar ; il nous explique que son père fut le premier à avoir ouvert une route touristique vers Kings Canyon, avant de se voir gentiment écarter par les Tour Operator qui lui ont fait gober qu'ouvrir un bar à plusieurs centaines de kilomètres de là, en plein désert, serait plus avantageux pour lui. Depuis, Jim et son dingo ont repris la succession...
10h10 – Brendan nous raconte l'histoire du premier homme à avoir ouvert la montée d'Uluru aux touristes (au grand désespoir des aborigènes), un fermier qui avait acquis un terrain pour une somme très modique, en pensant avoir fait une excellente affaire puisqu'une pluie abondante était venue arroser ses terres dès le premier jour. Hélas pour lui, l'averse suivante n'eut lieu que neuf ans après, le contraignant à mettre en veille ses projets d'élevages pour se consacrer à la montée d'Uluru (ne cherchez pas le rapport je ne l'ai pas trouvé...).
10h20 – Gauthier tente de s'assoupir mais Brendan lui raconte l'histoire du chercheur d'or Lasseter. Persuadé d'avoir trouvé un filon du précieux métal dans le désert, cet australien a rameuté la moitié du pays sur sa découverte. Mais après plusieurs recherches infructueuses, tout le monde a fini par l'abandonner, et il est mort de soif dans le désert. Tout ce qu'il a gagné dans l'histoire, c'est que la route où nous sommes porte aujourd'hui son nom...
10h30 – Brendan nous raconte des trucs sur l'Australie mais plus personne ne l'écoute.
10h40 – Brendan nous raconte qu'il a choisi ce métier avant que sa femme l'aie quitté mais après que sa dépendance à l'alcool se soit atténué, lui permettant ainsi de reprendre peu à peu les commandes de sa vie.
11h00 – J'aperçois un imposant monolithe rouge à l'horizon : ça y est, nous sommes en vue de l'Ayers Rock ! Gauthier et moi sortons nos appareils photo afin d'immortaliser le moment, juste avant que Brendan nous signale ironiquement qu'il n'y a pas lieu de s'exciter car ce gros caillou n'est pas Uluru mais le mont Conner, un rocher moins connu mais tout aussi impressionnant, avec ses 863 mètres de haut (contre 348 mètres pour l'Ayers'...ridicule). Il paraît que la confusion entre les deux sites est fréquente auprès des touristes amateurs et ignorants comme nous.
11h20 – Pause pipi et café, nous nous arrêtons sur le bas côté, à un point stratégique pour observer le mont Conner, ainsi qu'un lac salé non loin de là. Toujours soucieux de notre bien-être, Brendan nous offre un café que nous buvons en admirant le paysage. Il nous propose de l'accompagner avec des toasts à la Vegemite. Nous gardons nos distances.
11h30 – Après cet arrêt récréatif et nourrissant, tout le monde retourne à sa place, direction Uluru. Bizarrement, l'absence de Vodka dans le bus n'a pas empêché nos trois russkoffs de s'attarder dans les WC. Le chauffeur n'ayant pas concédé à les abandonner dans le désert comme nous le lui avons suggéré, nous les attendons patiemement avant de reprendre la route.
12h30 – Arrivée au centre culturel aborigène. L'Ayers Rock se trouve en fait au milieu d'une sorte de réserve dont la communauté aborigène possède la garde et l'exclusivité d'exploitation. Du coup, chaque visiteur désireux de s'y aventurer doit alléger son porte-monnaie de 25$ au nom de la pérennité de leur civilisation. Le centre en lui-même présente de belles collections d'objets, de tapisserie et autres créations qui témoignent de la richesse de la culture aborigène, avec interdiction formelle de prendre des photos par respect du culte. Peu importe puisque tout le monde avait tellement faim que le seul endroit du centre à avoir été pris d'assaut fut le café.
13h30 – Le ventre plein et la vessie vide, tout le monde suit Brendan pour un tour commenté du rocher en bus. Apparemment, les ancêtres des aborigènes avaient trouvé une signification profonde à chaque fissure, relief, et encablure du caillou sacré...le rocher est donc chargé d'histoire.
14h30 – Après nous avoir enfermé dans le bus pour faire le tour, Brendan nous libère enfin pour nous laisser approcher, voire toucher Uluru. Hélas, la réjouissance aura été de courte durée, Brendan ne compte pas nous lâcher comme ça, il nous impose une nouvelle visite guidée sous sa direction. Et c'est reparti pour des commentaires sans fin sur la formation de l'Ayers Rock sous un soleil de plomb et sous les assauts des mouches...
15h30 – L'excursion prévoyait à présent un petit détour par Kata Tjuta, aussi appelé les Olgas, situées à 32 km au nord-ouest du caillou. Il s'agit d'étranges dômes qui formaient, il y a plusieurs millions d'années, une seule et même montagne, qui s'est érodée et scindée en une trentaine de dômes rouges ressemblant à de gigantesques crânes sortant de la plaine. Les géologues pensent que c'est le plus ancien massif montagneux du monde (« Le Petit Futé » édition 2008 – All Rights Reserved).
15h45 – Brendan, qui est décidément très en forme aujourd'hui, reprend son micro pour nous expliquer que dans la culture aborigène, cette formation rocheuse est un site d'initiation pour les jeunes adultes. Le principe est simple : les laisser seuls au milieu de nulle part avec quelques outils rudimentaires pour trouver de quoi survivre pendant trois jours. De nos jours, cette pratique s'est modernisée : les participants sont divisés en deux équipes qui s'affrontent au travers d'épreuves afin de remporter des immunités et de la nourriture. Toutes les semaines, ils votent pour éliminer un des leurs, et le dernier survivant gagne le droit de faire de la pub pour du déodorant...
16h00 – Arrivée au pied du Kata Tjuta, où un nombre impressionnant de bus déverse un flot massif de passagers. A notre grande surprise, Brendan nous laisse quartier libre pour aller explorer le canyon principal des Olgas, chose dont nous ne nous privons pas. Hélas, nous ne sommes pas les seuls : le chemin sinueux qui traverse Kata Tjuta déborde de touristes qui exhibent leurs shorts et étalent leurs ignorance entre ces pierres sacrées.
17h00 – Une fois tout le monde revenu, le bus retourne à Uluru pour le clou de l'expédition : un dîner au Champagne avec vue imprenable sur l'Ayers Rock dont la teinte rougeâtre change subtilement de couleur au contact des derniers rayons du soleil (eh oui, nous on ne se refuse rien en Australie !).
17h50 – Nous arrivons sur un grand parking rempli de bus et de camion ; il s'agit en fait d'un espace spécialement conçu pour accueillir les gogos comme nous venus admirer le coucher du soleil sur Uluru . L'organisation est impressionnante : chaque Tour Operator a installé de belles tables où sont disposés des hors d'œuvres, un buffet complet, ainsi que les fameux verres à Champagne. Mais étant donné que Brendan, trop occupé à nous expliquer des trucs sur le mont Kama Sutra, est arrivé à la bourre, nous avons dû nous contenter de quelques tranches de jambon et de gobelets en plastique.
18h00 – Le soleil commence à baisser et chaque touriste se cherche la meilleur place le long de la barrière afin de rentabiliser son appareil photo Nikon Coolpixe 20 millions de pixels zoom grand angle et toaster intégré qu'il a spécialement acquis pour l'occasion. Gauthier et moi avons réussi à trouver un petit coin libre (au prix de plusieurs hématomes, griffures et doigts arrachés) pour prendre des clichés.
18h05 – Un groupe d'allemands, qui venait de débarquer, trouve l'emplacement que nous occupons fort sympathique et entreprend de le squatter sans complexe. Très expérimentées dans l'art d'occuper le terrain, les troupes allemandes se positionnent le long de la barrière tandis qu'une division de photographes se poste en retrait, prête à mitrailler tout ce qui bouge. Avant que nous ayons le temps de comprendre ce qui nous arrivait, l'envahisseur germanique avait annexé notre emplacement et commençait déjà à se déployer vers l'ouest et l'est. C'est grâce à l'appui précieux de nos amis d'outre-pacifique que nous avons pu nous hisser sur une table et obtenir ainsi une vue dégagée.
18h20 – Ca y est, le court spectacle est fini, le soleil s'est définitivement couché sur Uluru, il est temps de repartir. C'est avec beaucoup d'émotion que nous quittons l'endroit, mais encore plus notre chauffeur, Brendan, qui trop fatigué de nous avoir raconté tant d'histoires, décide de dormir sur place. Il est remplacé au pied levé par un de ses collègues, très peu bavard (on ne connait même pas son nom et en plus il ne savait pas se servir du micro) pour le voyage du retour.
19h00 – Alors que le trajet se déroulait tout à fait tranquillement, le nouveau chauffeur, qui brillait jusque là par son silence reposant, décide de nous pourrir définitivement la soirée en lançant un bon gros nanar australien, remake raté d'Autant en Emporte le Vent. Allez, je suis salaud, je vous raconte la fin : le gentil et courageux bushman meurt d'une maladie mystérieuse dans les bras de la charmante lady britannique, qui fini par admettre au terme de son voyage d'initiation en Australie que les Aborigènes sont aussi des êtres humains et non pas juste d'horribles créatures sortis d'un conte des frères Grimm.
0h00 – Après une journée bien remplie mais exténuante (le chauffeur nous a d'ailleurs précisé qu'il s'agissait du plus long tour d'une journée au monde), nous sommes enfin de retour à Alice Springs, où nous sommes déposés juste devant notre hôtel. Reste le plus jouissif : rentrer dans notre chambre en réveillant tout le monde. Y'a pas de raison que ce soient toujours les mêmes qui passent des nuits blanches, et il paraît que dans un backpacker, on est censé tout partager. De toutes façons, nos compagnons de chambrée ne se sont pas gênés pour s'approprier tous les lits du bas, qu'ils ne se plaignent pas si on fait du bruit en montant sur ceux du haut. J'apprends d'ailleurs avec satisfaction que le mien est dépourvu de couverture...je ne sais pas si c'est la charmante réceptionniste de l'hôtel qui a oublié d'en mettre une ou si c'est un des autres pensionnaires qui me l'a chipée en pensant qu'il n'y avait personne, toujours est-il que j'étais tellement fatigué que je n'avais plus que la force de mettre mon pyjama et de m'effondrer sur le matelas, même si je n'avais rien pour me couvrir. Et évidemment, je me suis réveillé au milieu de la nuit tellement il faisait froid (pas de couverture, pas de chauffage, j'aimerais vous y voir)...mais bon, ça vaut sans doute mieux que d'être abandonné dans Kata Tjuta sans bouffe pendant trois jours...



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Telegraph Station

Publié le 12/07/2008 à 12:00 par alsacedownunder
Telegraph Station
Le but final de notre marche : la station de télégraphe, primordiale lorsqu'il s'est agi de relier le Sud au Nord du pays. Apparemment, ça a mieux marché que l'expédition Burke-Wills...

Doit y avoir une belle vue de là haut...

Publié le 12/07/2008 à 12:00 par alsacedownunder
Doit y avoir une belle vue de là haut...
Voici Alice Springs du sommet de l'Anzac Hill. La colline a donc au moins l'intérêt d'offrir une belle vue aux touristes exigeants...

Encore l'Anzac...

Publié le 12/07/2008 à 12:00 par alsacedownunder
Encore l'Anzac...
Après être passés par le centre, nous sommes tombés sur une espèce de colline : l'Anzac Hill, au sommet duquel se trouve un monument dédié aux braves couillons...pardon, soldats, qui ont péri lors des diverses guerres auxquelles l'Australie a participé. A se demander s'il n'y a pas une loi qui oblige toutes les villes Australiennes à avoir au moins une rue, une place ou un mémorial quelconque dédié à l'ANZAC...tout comme il doit y avoir une loi en France qui oblige chaque village à avoir un monument aux "héros morts pour la patrie"...

Une autre Australie...

Publié le 12/07/2008 à 12:00 par alsacedownunder
Une autre Australie...
Alors, que vous dire d'Alice Springs ? Eh bien, je ne sais pas si c'était dû au soulagement d'avoir trouvé un créneau pour Uluru, mais je peux vous dire que j'ai beaucoup apprécié. C'est très différent de Sydney. C'est toujours l'Australie, mais c'est une autre sorte d'Australie. L'atmosphère y est encore plus relax qu'à Sydney, il n'y a aucun bâtiment qui dépasse les 10 mètres de hauteur, il n'y a pas beaucoup de circulation et les gens ne semblent avoir aucune autre occupation que de flâner dans les rues ou de boire une bière sur la terrasse d'un café (comme ils ont raison).
Et surtout, alors que Sydney est remplie de chinois, Alice Springs abrite une importante population aborigène ! Eh oui, à force de vivre à Sydney, on les oublierait presque ! Personnellement, j'ai trouvé le changement très agréable (non pas que j'ai quelque chose contre les chinois, vous me connaissez voyons), même si Gauthier trouve que le climat social d'Alice Springs est moins rassurant que celui de Sydney. Quoi qu'il en soit, et bien qu'il soit hasardeux de dire ce genre de choses après une visite d'une journée, la plupart des abos ont l'air d'être relativement bien intégrés, et surtout, ils semblent prendre leur vie en main : il existe plusieurs centres tenus par des aborigènes et spécialement dédiés à leurs compagnons, qu'il s'agisse de leur trouver un emploi ou de soigner leurs problèmes de santé (notamment l'alcoolisme). Sur la photo, vous pouvez voir un groupe en train de discuter des problèmes divers que leur communauté doit affronter, devant un centre arborant la devise : "Proud to be Aboriginal, proud to be Australian"...la clé du problème se trouve peut-être dans cette phrase, qui affirme clairement une appartenance à la nation Australienne, tout en revendiquant dans le même temps une culture bien spécifique...

Three days in Alice, acte 1 : la pénétration

Publié le 12/07/2008 à 12:00 par alsacedownunder
Three days in Alice, acte 1 : la pénétration
Beaucoup de choses à vous raconter sur ces derniers jours, que nous avons passés au coeur de l'Australie : Alice Springs (surnommée Alice, ça ne s'invente pas), une plate-forme idéale pour découvrir ce qu'on appelle l'Outback (arrière-pays Aussie) et notamment son rocher aborigène mondialement connu, Uluru (ou Ayers Rock), situé à 450 km d'Alice.
Alice Springs (26000 habitants) est située dans le Northern Territory au beau milieu du pays, c'est la seule ville d'importance à des centaines de kilomètres à la ronde. A priori, on peut se demander pourquoi des gens auraient envie de rôtir dans le désert en y construisant une ville au milieu de nulle part, mais si l'on tient compte du fait qu'on est en Australie et que le pays est peuplé d'Australiens, la question devient superflue...
La date généralement retenue pour la fondation d'Alice Springs est 1870, date qui marque la construction d'une station de télégraphe sur la ligne traversant le pays, de Darwin (Nord) à Adelaide (Sud). En fait, il n'était pas prévu au départ de construire une ville autour de la station, mais la découverte d'or à la fin du XIXè siècle va provoquer le développement d'une ville qu'on appellera Alice Springs. Alice est donc le résultat d'un accident, un peu comme la paralysie de Christopher Reeve ou l'élection de l'actuel mini-locataire de l'Elysée.
Bref, nous sommes donc arrivés à l'aéroport jeudi, aux alentours d'une heure de l'après-midi. Le programme que j'avais prévu était le suivant : visite de la ville le 1er jour, visite d'Uluru le 2e jour, et matinée tranquille le 3e jour avant de reprendre l'avion pour Sydney. Mais comme il est dit que rien n'est jamais facile en Australie, il fallait qu'un grain de sable s'incruste dans cette mécanique bien huilée...
En effet, une fois arrivés à l'hôtel que nous avions réservé (un backpacker, c'est-à-dire une auberge de jeunesse), j'ai bien cru que le ciel nous tombait sur la tête. Il faut vous dire que concernant Uluru, je n'avais rien planifié de particulier, pensant que nous aurions largement le temps de nous renseigner sur place pour une visite du jour au lendemain. Et voilà que la réceptionniste de l'hôtel, après avoir téléphoné à la principale compagnie qui s'occupe des visites en ce lieu sacré, me rejoue exactement le même numéro qu'à Cairns, à savoir : no way, vous ne pouvez pas aller à Uluru demain, c'est archi booké, il fallait vous y prendre à l'avance. Vous allez dire que je n'apprends jamais de mes erreurs, et vous aurez sans doute raison, mais tout de même, j'ai rarement vu quelqu'un d'Australien être si peu coopératif...où est passé le "no worries" qui fait leur fierté ?
Au bord d'une dépression pire que celle de 29, je lui demande s'il y a d'autres choses à voir dans le coin. Elle suggère une visite de Kings Canyon (qui est, comme son nom l'indique, un canyon), appelle la compagnie, et me répond que là aussi, il n'y a plus de place (un détail qui aura son importance plus tard). En désespoir de cause, je lui demande s'il est possible de se rendre à Uluru par un autre moyen. La location de voiture est impossible, là encore (et de toutes façons, aucun de nous deux n'a le permis). Le taxi serait évidemment exorbitant. Reste l'avion, mais il faudrait alors passer une nuit sur place, soit dans une tente que nous n'avons pas, soit dans le seul hôtel de l'endroit qui est évidemment archi booké. Bref, la réceptionniste ne peut rien faire pour nous. KO debout, je maudis ma propre stupidité (aidé en cette tâche par Gauthier), puis nous décidons, à tout hasard, de nous rendre vers le centre de la ville pour nous informer à un office du tourisme quelconque. Car si j'ai appris une chose avec l'épisode de la barrière de corail, c'est qu'il ne faut jamais renoncer au premier obstacle. Ni au deuxième, ni même au troisième...car comme le disent les Shadoks, plus ça rate, plus on a de chances que ça finisse par marcher...
Et vous savez quoi, les Shadoks ont raison ! Car comme dans tous les contes de fées, l'histoire va bien se terminer (à ceci près que personne ne s'est marié, ni n'a eu beaucoup d'enfants). Après plusieurs tentatives ratées auprès d'autres agences, nous trouvons enfin un autochtone réceptif à nos suppliques : il s'appelle Joe, il bosse à l'agence "Northern Rock Tours" (ou un truc du genre), et il nous a déniché deux places pour une visite d'une journée à Uluru avec la compagnie AAT Kings, en nous obtenant même une ristourne ! A deux doigts de l'embrasser, je remercie chaleureusement notre sauveur en me promettant de lui ériger une statue dès mon retour en France. Ou plutôt, de boire un verre à sa santé, ça sera moins tuant...et ça serait pas mal aussi de pouvoir botter le cul de l'inefficace réceptionniste de l'hôtel en passant...
Comme quoi, le bonheur tient à peu de choses. Imaginez, s'il y avait eu des places pour King's Canyon, je les aurais prises et nous n'aurions jamais vu Uluru. Après cet énorme soulagement, le ciel est soudain devenu plus bleu. Nous pouvions à nouveau respirer le parfum des fleurs, écouter le champ des oiseaux et visiter la ville sans nous soucier du lendemain. Elle est pas belle la vie en Australie ?

Qu'est-ce donc ?

Publié le 12/06/2008 à 12:00 par alsacedownunder
Qu'est-ce donc ?
Qu'est-ce donc que cette trace, me suis-je dit en la découvrant sur le chemin qui menait à la plage de Stanwell Park. Une trace de koala ? Ou pire encore, une trace de drop bear ? Si ça se trouve, il était tout près de moi et j'ai échappé de peu à une mort atroce...

Ou alors, c'était juste une trace de chien...

Le fleuve.

Publié le 12/06/2008 à 12:00 par alsacedownunder
Le fleuve.
Voici un "fleuve" qui se jette dans la mer, comme on nous l'a appris à l'école primaire.
Bon, en fait de fleuve, ce serait plutôt un ruisseau, mais ça change rien au principe...

La plage (bis)

Publié le 12/06/2008 à 12:00 par alsacedownunder
La plage (bis)
L'autre côté de la plage, avec une formation rocheuse ma foi fort intéressante au fond (ça c'est du langage soutenu où je ne m'y connais pas).

La plage

Publié le 12/06/2008 à 12:00 par alsacedownunder
La plage
La plage de Stanwell Park. Pas mal de vagues, mais très peu de monde, à peine deux ou trois surfeurs. Tant mieux, parce que parfois, je me dis qu'ils sont encore plus chiants que les cacatoès...
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