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Nom du blog :
alsacedownunder
Description du blog :
L'Alsace au 36ème dessous : bienvenue sur le blog d'un étudiant strasbourgeois parti un an à Sydney.
Catégorie :
Blog Journal intime
Date de création :
22.07.2007
Dernière mise à jour :
09.05.2008
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Et moi et moi et moi

Honest mistake...or stupid mistake ?

Posté le 06.05.2008 par alsacedownunder
Aujourd'hui, il m'en est arrivé une bien bonne. Figurez-vous que mon cours de droit de l'environnement, qui dure habituellement trois heures, a été écourté de deux bonnes heures. Pour quelle raison ? Tout simplement parce que nous étions dans la mauvaise salle ! Une explication s'impose...
Nous sommes le mardi 6 mai, il est 2 heures moins cinq, et comme d'habitude, je me poste devant la salle 44 où nous sommes censés avoir cours. Il y a beaucoup d'étudiants qui attendent devant les salles 43, 44 et 45, qui sont toutes l'une à côté de l'autre. Une amie qui se trouve devant la salle 43 m'appelle, et nous engageons la conversation au milieu d'un groupe d'étudiants dont certains font partie de ma classe. Nous voyant devant la salle 43, la prof entre dans ladite salle sans se poser de questions. Nous sommes une petite dizaine à la suivre. D'emblée, je me dis "c'est bizarre, pourquoi est-ce qu'on va dans la salle 43 aujourd'hui, il y a eu un changement ou quoi ?". Cependant, je ne fais pas part de mes interrogations à voix haute et je m'assieds sans broncher. La prof commence le cours, non sans avoir remarqué que le groupe était très restreint aujourd'hui (seulement 8 personnes au lieu des 25 habituelles). Qu'à cela ne tienne, personne n'a l'idée d'aller voir si les autres ne sont pas dehors. Peut-être sont-ils simplement en retard ? Y'a qu'à commencer, ça les fera venir.
Au bout d'une heure, personne de notre classe n'a frappé à la porte, mais un autre prof arrive dans la salle pour y faire son cours. C'est là que notre prof se rend compte de la boulette : nous sommes dans la mauvaise salle ! Voilà pourquoi nous n'étions que huit...
J'appris plus tard en croisant une de mes camarades qui ne faisait pas partie de ce groupe de huit que les autres avaient simplement attendu devant la salle habituelle pendant 40 minutes, puis se sont dit que la prof était sans doute absente et se sont barrés aussi sec. Vu le nombre d'étudiants qui attendaient dans les couloirs, ils n'avaient pas vu la prof arriver et entrer dans la mauvaise salle, ils sont donc restés devant la salle 44.
Evidemment, personne n'a pensé à regarder dans les autres salles pour voir si nous n'y étions pas, tandis que dans notre groupe, personne n'a pensé à regarder dehors pour voir si les autres ne poireautaient pas bêtement dans le couloir...voilà ce qui arrive quand les gens (y compris votre serviteur) suivent bêtement le groupe : d'un côté, ceux qui ont suivi la prof, de l'autre, ceux qui ont attendu devant la salle habituelle. Cette situation a tout de même eu un avantage : j'ai fini mon après-midi à trois heures au lieu de cinq, la prof estimant que ce n'était pas la peine de continuer si les trois quarts de la classe n'étaient pas là (elle a bien raison).
La leçon à en tirer ? Jouer les moutons, c'est pas très malin, mais bon, si ça peut permettre de diminuer sa charge de travail, ça peut pas faire de mal de temps en temps...
Je n'aurais qu'un mot pour conclure : Bêêêêê !!!!

She's gone

Posté le 02.05.2008 par alsacedownunder
Voilà, après deux semaines de vacances ici, ma mère s'en est retournée en France, laissant l'appartement beaucoup plus propre qu'elle ne l'avait trouvé (j'imagine donc que sa visite aura eu un avantage). Plus sérieusement, c'était sympa d'avoir ma première visite, et on a pu faire pas mal de choses que je n'avais pas encore faites, comme aller à l'opéra ou voir la barrière de corail. En tout cas, ça va me changer d'être à nouveau seul...mais je survivrai, ne vous inquiétez pas pour moi !
A part ça, j'avais un exposé hier soir qui s'est très bien passé. Il portait sur "la Convention de Rome de 1980 sur les obligations contractuelles et la liberté de choix". Ca ne vous dit rien ? Etrange, c'est pourtant élémentaire (mon cher Watson) : le principe veut que les parties à un contrat puissent choisir la loi qui va s'y appliquer; cependant, il y a certaines limites qui peuvent freiner ce choix, par exemple la protection de l'ordre public, ou alors la protection du travailleur ou du consommateur. Tout ceci peut réduire les effets de la loi choisie par les parties, ce qui fait qu'il n'y a pas de liberté absolue. Simple, non ? Si après ça, vous n'avez toujours pas compris, c'est que vous ne faites vraiment aucun effort...ou alors, c'est que vous êtes un scientifique et que vous étudiez des trucs comme les maths ou la physique (quelle idée)...

Enfin, sachez que Kevin Rudd, le Premier ministre, apparaît dans la liste du magazine "Time" des 100 personnalités les plus influentes de l'année. Une liste dont est notoirement absent notre cher mini-président...

Je n'aurais qu'une chose à dire pour commenter cette nouvelle : hihihi, gnagnagna, dans l'cul...

Strasbourg is not in Germany, goddammit !!

Posté le 18.04.2008 par alsacedownunder
Aujourd'hui, j'ai participé à un "exchange fair" où j'ai représenté ma chère université Robert Schuman, qui bizarrement ne me manque pas du tout, ou si peu. Qu'est-ce qu'un exchange fair, me direz-vous ? Eh bien, c'est un peu comme les journées universitaires, sauf que c'est limité à l'international : chaque université qui a un partenariat avec l'UTS avait son stand, et j'ai donc été invité en tant que représentant officiel (fancy, non ?) de l'URS. Mon rôle était de répondre aux questions des étudiants intéressés par un séjour en France.
Dans l'ensemble, ça s'est vraiment bien passé, y'avait pas énormément de questions, donc c'était assez relax. La plupart des gens, inquiets sur leur niveau de français, voulaient surtout savoir s'il y avait des cours en Anglais (ce qui est le cas dans pas mal d'universités, mais y'en a pas beaucoup à l'URS). Fallait aussi leur expliquer ce que c'était des cours en amphis : pas d'interactions avec le prof, 200 étudiants dans un amphithéâtre, ils connaissent pas ça ici. Par contre, y'a un truc qui m'a (presque) énervé, c'est que deux types sont venus à mon stand en pensant que je représentais une université allemande...grrr, Strasbourg n'est pas en Allemagne, bordel de merde ! Qu'est-ce que vous diriez si un touriste venait à Sydney en pensant que la ville se trouve dans l'Etat de Victoria ? L'Etat de Melbourne, quelle horreur...
Enfin bon, à part ça, c'était chouette, et j'ai eu l'occasion de rencontrer une étudiante Australienne qui rentrait justement de Paris. Je n'ai pas eu la chance d'évaluer son niveau de français, elle a refusé de parler dans la langue de Molière, clamant qu'elle n'était pas assez bonne. Allons allons, l'accent Australien est pourtant tellement cute quand ils parlent français. J'ai aussi revu Laure-Lou, l'autre étudiante de Strasbourg, qui a son blog dans mes favoris.
Sinon, j'ai fait un exposé sur le protocole de Kyoto cette semaine (une bonne occasion de taper sur Bush et Howard, ce qui a plu à l'assistance), et je suis à présent en vacances pour dix jours. Ah oui, j'allais oublier, je vais aussi recevoir ma première visite depuis que je suis à Sydney, celle de ma chère môman...c'est cool, mais en attendant, je dois me lever à 6h du mat' demain pour la chercher à l'aéroport, et en plus les horaires des trains sont perturbés à cause de travaux sur la ligne...vive les transports publics à Sydney !

Back to business

Posté le 21.02.2008 par alsacedownunder
Voilà, je suis de retour en Australie, le pays de la bière, du soleil, des cafards et de la Vegemite (tous ces éléments ne se valent pas, loin de là). Il est donc temps de réouvrir ce blog.
Lorsque j'ai annoncé la mise en sommeil de ce carnet de voyage interactif (ça fait plus classe que "blog", vous trouvez pas ?), j'avais invité mon cher public à me faire part de ses suggestions pour améliorer la "chose" (putain, c'est quand même pas facile de trouver des synonymes pour "blog"). Constatant qu'aucune suggestion n'a été faite, j'en tire la seule conclusion possible : le blog est parfait, il n'y a rien à changer, la quintessence de la perfection a été atteinte avec ce bijou du web. Ou alors, autre possibilité, tout le monde se fout de mon blog...quelle ingratitude quand même, quand on pense au mal que je me donne pour vous divertir...
Ah si, maintenant que j'y pense, il y a quand même eu quelques remarques, qu'on m'a fait de vive voix. Je dois, en vrac, poster plus d'articles marrants et moins de billets politiques (encore que certaines personnes m'ont demandé l'inverse), et je dois poster plus de photos avec des gens. Des Australiens (et des Australiennes). On va essayer, mais faut dire que c'est pas facile, il n'y a que 20 millions d'habitants dans cet immense pays, ça doit nous faire du 15 habitants au kilomètre carré ou quelque chose comme ça. D'ailleurs, c'est là que se trouve le concept de ma démarche artistique : il n'y a pas de gens sur mes photos parce que je veux symboliser le vide du continent Australien en matière de population. Voilà la vérité.

Je sais, c'est pas très convaincant comme excuse, mais j'ai pas trouvé mieux, je viens de me taper 24 heures de vol, sans oublier le train pour aller à Londres et le métro pour aller à Heathrow. En plus, ma carte bancaire ne marche plus parce que je me suis trompé de code trois fois de suite et mon compte a été gelé (faut dire que je ne l'ai pas utilisée depuis deux mois). Voilà pour le "marrant" : il faut toujours qu'il m'arrive des bricoles. Enfin bon, j'ai appelé la banque et j'ai retrouvé le bon code, le problème devrait donc être réglé bientôt.

Pour le reste, je n'ai qu'une envie, c'est d'aller me coucher...mais il reste encore quelques heures à tenir si je veux m'adapter à l'heure Australienne...ça va être dur, mais on va essayer...

Bref, à bientôt, cher public, pour de nouvelles aventures "down under"...

Time for a break.

Posté le 26.12.2007 par alsacedownunder
Salut à toi, cher public fidèle.

Il est de mon cruel devoir de t'informer d'une nouvelle terrible. Le blog alsacedownunder, perle de la blogosphère (tu reconnais là, cher public, ma modestie légendaire), va rester inactif pendant un bon mois. En effet, les périodes de Noël se cumulant avec les grandes vacances Australiennes, cela m'a semblé être une bonne occasion pour me ressourcer en France et retrouver ma famille, mes amis, la bonne chère, le froid, et le mauvais caractère de mes chers compatriotes. D'aucuns vont passer leurs vacances en Egypte à grands frais (du contribuable ?), moi j'ai choisi de me ressourcer en terre natale, dans ma chère Alsace.
Voilà donc cher public, c'est l'heure de se dire (temporairement) au revoir jusqu'à mon retour en Australie (à moins que des histoires intéressantes de l'actualité Australienne ne retiennent mon attention, il me faudra alors vous les faire partager). Ne soyez pas tristes chers amis, ceci n'est qu'une pause, pas une fermeture.
En attendant la réouverture, n'hésitez pas dans vos commentaires à poster toute suggestion sur l'amélioration du blog. Qu'est-ce qui selon vous rendrait ce blog encore meilleur ? Plus de filles en bikini ? Plus d'histoires de strips clubs ? Plus de reportages sur les boissons locales ? Faites-moi part de vos remarques, et n'hésitez pas à vous montrer sévères ! Qui aime bien châtie bien. Mais peut-être que vous pensez que ce blog est déjà parfait et qu'il n'a aucunement besoin d'amélioration (auquel cas, n'hésitez pas à le dire, ça fait toujours plaisir quand ça vient de quelqu'un d'autre que soi-même).
Je profiterai en tout cas de cette pause pour réorganiser quelque peu mes catégories, vu le nombre de messages, il est sans doute nécessaire de mieux les classer.

Sur ce, je vous laisse avec une photo de l'abbaye de Westminster, puisque je suis passé à Londres lorsque je suis rentré. Il eût été dommage de ne pas en profiter pour faire un tour dans cette ville magnifique, n'est-il pas ?

Bref, see you soon in Australia ! Et en attendant, passez un bon réveillon 2008 !

Fichus anglais (bis)

Posté le 15.10.2007 par alsacedownunder
Comme vous le savez certainement, les anglais ne se sont pas contentés de virer les australiens de la Coupe. Ils ont également éliminé les français, au cours d'un des matchs les plus chiants qu'il m'ait été donné de voir. Combien d'occasions manquées pour les français, combien de drops foireux, combien de coups de pieds inutiles ? La presse australienne ne s'y est pas trompée : la France était clairement supérieure, mais elle n'a pas joué le jeu qui lui aurait permis de l'emporter. Les français ont tenté de jouer à l'anglaise : kick and rush, on balance de grands coups de pied et on ne prend surtout aucun risque, on laisse l'imagination de côté. Ce choix, personne ne le comprend ici. Autant vous dire que notre futur ministre des sports est considéré comme un guignol par la presse locale, il est vu comme le principal responsable du désastre. Et pourtant, c'est encore lui qui va le mieux se sortir de ce marasme.
Quand je pense que je me suis levé à 5 heures du matin pour voir ça en direct, y'a de quoi s'arracher les cheveux. Enfin, à quelque chose malheur est bon : puisque la France ne gagnera pas la Coupe du Monde, on échappera aux félicitations de Notre Président Bien-Aimé (je n'utiliserai plus son nom, sinon je vais encore avoir droit à des pubs "soutenez l'action de notre président") à son cher ami Bernard, on n'aura pas à se taper sa visite aux joueurs dans les vestiaires et son hommage rendu à ces magnifiques guerriers. C'est toujours ça de pris...

M'enfin !

Posté le 16.08.2007 par alsacedownunder
Apparemment, l'article sur la disparition rocambolesque de l'honorable Harold Holt n'a pas l'air de vous avoir fait réagir. Peut-être que la petite histoire qui m'est arrivée ce matin le fera, elle. En tout cas, elle mettra de l'eau au moulin de ceux qui me prennent pour une éternelle tête-en-l'air à qui il arrive toutes les bricoles possibles et imaginables, comme par exemple mettre des chaussures dépareillées à la sortie d'un bar (certains sauront de quoi je parle). Sauf que cette fois-ci, je n'étais pas bourré.
Ce matin, donc, je me lève comme d'habitude, je prends ma douche comme d'habitude, puis mon petit déjeuner, comme d'habitude (spéciale dédicace à Cloclo). Là-dessus, j'examine l'état général de mon appartement, et je me dis qu'il est temps de passer un petit coup d'aspirateur. Je branche l'engin, et je commence ma tâche ménagère. Une fois le sol nettoyé, je remarque qu'il y a beaucoup de miettes sur la table où j'ai pris le petit déj'. Pourquoi ne pas les aspirer, ce sera plus simple que de passer un coup d'éponge, non ? Avant de vous raconter la suite, il faut que je vous précise que mes clés traînaient sur la table au milieu des miettes. Vous voyez où je veux en venir ? J'en vois déjà qui s'esclaffent au fond...
A un moment donné, j'entends un grand bruit, comme un truc très lourd qui tombe. Peut-être que la mère de la proprio a encore fait des siennes ? Toujours est-il que le bruit me fait sursauter. Je me retourne pour voir ce que c'est, l'aspirateur toujours en main...et là, j'entends un autre bruit, de succion cette fois-ci. Je me retourne, et paf, mes clés ont disparu ! Elles ont été aspirées par mon aspirateur sanyo ultra-puissant à 1300 watts. Je ne pensais pas qu'un aussi gros objet pouvait y entrer ! Et merde alors, me suis-je dit, qu'est-ce que je fais maintenant ? Vous imaginez mon embarras. Si je n'ai plus de clés, comment je vais faire pour sortir et rentrer chez moi ? Je ne peux quand même pas sortir en laissant la porte ouverte. Surtout que les voleurs peuvent rentrer dans la propriété en utilisant la poubelle pour sauter la clôture, comme je vous l'ai démontré l'autre jour.
Paniqué, j'éteins l'aspirateur, et je l'examine pour voir s'il est possible de l'ouvrir. J'ai beau le retourner sous tous les angles, pas moyen de trouver la solution, à moins de tout dévisser. Pourtant, un aspirateur, ça se vide de temps en temps, non ? Il faut donc pouvoir l'ouvrir. Ou alors, peut-être qu'en Australie, ils les jettent quand ils sont pleins et ils en achètent un autre ? On ne sait jamais avec eux. Quoi qu'il en soit, je n'ai pas réussi à ouvrir cette saloperie. J'ai alors enlevé le tuyau d'aspiration, ce qui laissait apparaître une mince ouverture vers le sac. Ni une, ni deux, je retourne l'aspirateur et je le secoue (au-dessus de la poubelle, quand même) pour en faire sortir mes clés. Je le secoue pendant 5 bonnes minutes, le temps d'en faire sortir de la poussière, un cafard mort, des capsules de bouteilles de bière, des petits cailloux, bref, toutes sortes de conneries, sauf mes clés. Je commence à désespérer, ne voyant plus vers quel saint me tourner. Je fais les cent pas, je réfléchis, en désespoir de cause, je secoue le tuyau d'aspiration, et devinez ce qui en tombe ? Mes clés...elles n'étaient pas entrées dans l'aspirateur et étaient restées dans le tuyau. Ô joie, ô bonheur, j'ai retrouvé mes précieuses clés, je peux à nouveau sortir à la découverte du vaste monde sans crainte que les voleurs ou la mère de la proprio ne rentrent dans mon appart'.
Ca y est, vous pouvez m'arroser de commentaires goguenards maintenant. Je suis blindé de toutes façons.

Y'a des jours où on ferait mieux de rester couché

Posté le 08.08.2007 par alsacedownunder
Aujourd'hui, je vais vous reparler un peu de moi et de ma vie sans intérêt. Parce qu'il se passe des choses dans ma vie sans intérêt, figurez-vous.
Déjà, j'ai profité du fait que je n'avais pas cours le matin pour faire la grasse mat'. En tout cas, c'est ce que j'avais prévu. Malheureusement, un grain de sable est venu enrayer la mécanique bien huilée de mon sommeil : à huit heures du matin, un grand bruit se fait entendre. Le bruit d'une machine à laver. Eh oui, la buanderie se trouve juste à côté de ma salle de bains, et comme la porte de la salle de bains était ouverte, j'ai entendu la proprio qui faisait sa lessive à huit heures du matin. En fait, ce n'était pas la proprio, mais sa mère venue de Chine, qui est là depuis quelques jours. Peut-être que c'est une coutume chinoise de laver son linge aux aurores (bon, je sais, j'exagère, mais huit heures, c'est tôt quand même), toujours est-il que cette c**** m'a réveillé. Et une fois réveillé, impossible de me rendormir : après avoir essayé vainement de retrouver le sommeil en me tortillant dans tous les sens pour trouver une position confortable dans mon lit, j'ai dû me rendre à l'évidence : pas de grasse mat' aujourd'hui ! Un premier couac dans ma journée, et ce n'était pas le dernier...
Mais n'anticipons pas. Une fois levé, je me suis dit, pourquoi ne pas regarder la télé australienne ? Ils ont peut-être des programmes intéressants le matin. J'ai donc allumé ma télé, pour me rendre très vite compte qu'en fait de programmes intéressants, y'a pas grand-chose. En fait, y'a plus de pubs que de programmes. Il faut s'imaginer un TF1 puissance 10. Par exemple, les infos, qui durent 20 minutes, sont coupées trois fois par des pubs. Idem pour les séries du genre South Park ou les Simpson : chaque épisode est coupé trois fois par des pubs sur la bière (pas de loi Evin en Australie) ou sur les vacances en Nouvelle-Zélande. Et c'est toujours les mêmes pubs : à la longue, ça devient fatigant.
Après un repas de midi où j'ai fait cramer ma viande faute de l'avoir suffisament surveillée (bizarrement, elle était cramée à l'extérieur et pas cuite à l'intérieur), j'ai passé l'après-midi à glander (vous n'avez pas idée de l'énergie que ça peut prendre), avant de prendre le train vers 4h et demi pour me rendre au centre-ville assister à une conférence. Eh oui, aujourd'hui nous n'avions pas cours, le prof nous avait organisé à la place une petite sortie pour aller voir une causerie du procureur général de la Cour Pénale Internationale, le docteur Luis Moreno-Ocampo. Rien que ça. Entre parenthèses, j'ai failli rater mon train parce que je passais mon temps à mettre des pièces de 5 cents dans la machine pour acheter les tickets. En effet, cette saleté n'arrêtait pas de me rendre les pièces que je lui offrais généreusement. En fait, elle ne prend pas les pièces de 5 centimes, mais il ne me restait rien d'autre. Heureusement, un gentil contrôleur qui passait par là a eu pitié de moi et m'a dépanné d'une pièce de 20 cents.
Mais revenons à la conférence. Elle se déroulait à 6 heures à la faculté de droit de l'Université de Sydney, la plus vieille université du pays (elle va en effet fêter ses 157 ans). Comme j'étais en avance, je me suis dit que j'allais acheter un journal local pour patienter. J'ai choisi, au hasard, le Daily Telegraph. Un gros machin d'une centaine de pages pour seulement 1 dollar : bonne affaire, me suis-je dit. J'ouvre donc le journal, et je déchante rapidement. Il y a bien des articles intéressants, mais les pages politiques et actualités mondiales ne font que 10 à 20 % du journal : l'essentiel est consacré aux people, au sport, et à des actualités locales inintéressantes, un peu comme les pages des DNA sur les activités du club des amis du timbre de Wingen-sur-Moder (je ne sais pas s'il y a vraiment un club des amis du timbre à Wingen-sur-Moder, je prends simplement un exemple parlant pour que vous compreniez).
Donc, le journal, pas cher, mais pas terrible. Et la conférence alors, comment c'était ? C'était pas mal du tout, en-dehors du fait que Luis Moreno-Ocampo parlait très vite et avec un fort accent argentin. Oui, il est argentin, et il était assistant procureur à l'époque du procès contre les dirigeants de la dictature militaire argentine des années 1970. Un CV impressionnant, non ? M. le procureur nous a parlé des quatre affaires pendantes devant la Cour Pénale Internationale : l'une concerne la RD Congo, l'autre l'Ouganda, une troisième la République centrafricaine, et la dernière le Darfour. Une heure de réjouissances pour passer en revue des viols, des massacres, des pillages, et last but not least, l'incorporation forcée d'enfants soldats (de 8 à 15 ans) dans les milices congolaises. Ragoûtant, n'est-ce pas ? Bon, il a aussi parlé un peu de droit, quand même, c'est pour ça qu'on était là. Mais bizarrement, il était plus volubile quand il s'agissait d'évoquer les tueries et autres joyeusetés mentionnées plus haut...
Bref, la conférence était très intéressante. Je suis ensuite tranquillement rentré dans ma banlieue, j'ai pris une pizza à emporter à la pizzeria du coin, et je me suis dirigé vers mon appartement. Il faut que je vous précise que l'appartement se trouve dans le jardin attenant à la maison de la proprio. Or, pour pénétrer dans ce jardin, et donc dans mon appartement, il faut soit passer par la maison de la proprio, soit passer par un portail. Ce portail, que vous voyez sur la photo, peut se fermer de l'intérieur par un verrou (que l'on ne peut ouvrir que de l'intérieur). Avec la proprio, on s'est mis d'accord pour qu'elle ne le ferme pas quand je sors, de manière à ce que je puisse rentrer sans la déranger. Mais depuis que sa mère est là, les choses ont changé : cette dernière craint en effet les voleurs et a l'habitude de fermer systématiquement le portail, comme je l'ai appris à mes dépens lundi et mardi. Heureusement, à chaque fois, la proprio était là et elle a pu m'ouvrir, tout en m'assurant qu'elle demanderait à sa mère de ne plus fermer. Il faut croire que sa mère est sourde ou sénile, car ce soir, le portail était à nouveau fermé ! Ca lui suffit pas de me réveiller le matin, il faut aussi qu'elle m'empêche de rentrer chez moi !
Pas de panique, me dis-je, je vais aller sonner chez la proprio, elle va m'ouvrir. Problème, pas de réponse : soit elle n'est pas là, soit elle dort (à 9 heures du soir, c'est tôt, mais bon, pourquoi pas). Toujours est-il que mes coups répétés à la porte d'entrée n'ont rien donné. Bordel de merde, me suis-je dit, comment je vais rentrer, je vais quand même pas dormir sur le trottoir ! Je suis donc retourné au portail pour examiner calmement (tu parles, je flippais à mort) les possibilités qui s'offraient à moi. Impossible d'ouvrir le verrou de l'extérieur. Il ne reste donc plus qu'une solution : grimper la clôture. Problème, elle fait environ deux mètres cinquante de haut. J'ai réfléchi (pendant que ma pizza refroidissait) et j'ai fini par trouver la solution : si je pose d'abord le pied sur le rebord de la fenêtre du mur situé à côté de la clôture, pour me hisser ensuite sur la poubelle qui se trouve devant le portail, je devrais pouvoir sauter au-dessus de la clôture une fois que je serais sur ladite poubelle. Ca paraît tordu comme ça, mais je n'avais pas le choix, et heureusement pour moi, ça a marché : j'ai réussi à sauter la clôture, non sans avoir failli me casser la gueule à cause des roulettes de cette fichue poubelle. Cool, je ne dormirai pas sur le trottoir cette nuit.
Sacrée aventure quand même. Je n'ai peut-être pas encore rencontré de requins ni de crocodiles, mais rentrer chez soi en grimpant sur une poubelle pour sauter au-dessus de la clôture, je suis sûr que vous ne l'avez jamais fait ! Il aura fallu que j'aille au bout du monde pour vivre cette expérience traumatisante. En tout cas, y'en a une qui va m'entendre demain, et ce n'est pas la proprio...
Sur ce, je vous laisse, je vais aller me reposer de cette journée pourrie, en espérant que celle de demain sera mieux.

Et ça continue...

Posté le 31.07.2007 par alsacedownunder
Aujourd'hui, deuxième jour de cours. Cette fois-ci, pas question de faire la grasse matinée, les cours commencent à 10 heures. Il s'agit d'un cours de droit international public, une matière bien plus intéressante que le droit commercial, mais qui ne mène à rien d'autre que l'enseignement (à moins d'être super balèze au point de décrocher un poste à la cour internationale de justice). Bah, pour une fois, laissons-nous séduire uniquement par les choses de l'esprit et laissons de côté les considérations bassement matérielles.
Le cours a lieu dans une salle de classe située dans le bâtiment numéro 5 du campus d'Haymarket. Beaucoup moins moche que la tour centrale (j'ai mis une photo sur le billet précédent). Nous ne sommes qu'une vingtaine d'étudiants. Cette fois-ci, il n'y a pas de jolie étudiante tchèque qui s'assied à côté de moi, mais un des étudiants français que j'avais rencontré lors de la journée d'accueil. Le prof arrive un peu en retard, mais il nous fait tout de suite bonne impression : très détendu, il tient à nous mettre à l'aise. On apprend assez vite qu'il est d'origine grecque. D'ailleurs, y'en a tout de suite un qui en a profité pour faire de la lèche en disant qu'il avait visité la Grèce et qu'il avait adoré, pitoyable tentative de récolter des points supplémentaires.
Mais revenons au prof. Il s'appelle Efsthatios Palassis (ça ne s'invente pas), n'aime pas le droit commercial ni l'OMC, et passe la moitié de son temps à pester contre les universités australiennes qui n'accordent pas assez d'importance au droit international, contrairement aux universités européennes. Il a d'ailleurs entendu parler de l'université Robert Schuman de Strasbourg (incroyable mais vrai) et semble enchanté d'apprendre que j'y ai fait mes études. Le revers de la médaille, c'est qu'il considère que mon parcours implique de fortes connaissances en droit international, et qu'il compte sur moi pour aider les autres étudiants s'ils ont des problèmes. D'un côté, c'est flatteur, mais de l'autre, c'est quand même une putain de responsabilité qui pèse sur mes fragiles épaules. Am I going to live up to the expectations ? Wait and see...
Concernant la notation, pas d'examen oral, nous serons notés sur deux travaux écrits de 2500 mots chacun qui impliqueront un effort de recherche de notre part. C'est donc plus relax qu'en droit commercial.
Bref, le cours s'est plutôt bien passé. J'ai mangé mon repas de midi dans un resto chinois, toujours sans fourchette, puis j'ai passé l'après-midi à flâner dans les rues. J'ai vu Darling Harbour, une espèce de grand parc à partir duquel on peut accéder aux jardins chinois de la félicité, à l'aquarium de Sydney, et au musée maritime. Ensuite, j'ai visité le Queen Victoria Building (voir photo), un superbe bâtiment de l'ère...victorienne (incroyable, non ?), avec une grande statue très moche de Sa majesté la reine Victoria devant le bâtiment. Je ne sais pas si la statue est moche à cause du modèle, à cause du matériau, ou à cause du style du sculpteur, c'est difficile à dire. La statue se trouvait autrefois devant le parlement irlandais, elle est un "cadeau" fait au peuple australien par le peuple irlandais (un cadeau, tu parles, ils étaient sûrement très contents de s'en débarrasser). Bon, je vais quand même arrêter de dire du mal de la monarchie anglaise, je vais finir par m'attirer des ennuis...
Pour finir la journée, je suis rentré dans ma banlieue (wesh, j'viens de la té-ci moi, c'est trop la zère-mi dans mon quartier, tu vois) et je me suis acheté de la Guinness. J'ai également continué mon enquête relative aux bières australiennes en achetant une bière haut de gamme, la Crown Lager. Jusque dans les années 1950, cette bière était réservée à la famille royale et aux diplomates britanniques. Autant dire que je comprends pourquoi, elle est vraiment excellente, encore meilleure que la Victoria Bitter, et à peine plus chère. Décidément, je sens que je vais me plaire ici...

Il fallait bien que ça arrive...

Posté le 30.07.2007 par alsacedownunder
Aujourd'hui, j'ai eu droit à mon premier cours "made in Australia". Eh oui, fini le temps de l'insouciance, du farniente, du shopping, et du lever à 11h. Enfin, le lever à 11h est théoriquement encore possible, du moins le lundi, puisque les cours ne commencent qu'à 18h. Mais ça ne change rien au fait que j'ai désormais des OBLIGATIONS. Quelle horreur.
Bon, alors, que dire de ce premier cours ? Il s'agissait d'un cours de droit commercial international. Le droit commercial n'est pas une matière qui me botte particulièrement, mais il n'y avait pas beaucoup d'autres matières de droit international disponibles. Et puis, y paraît que cette matière offre pas mal de débouchés (eh oui, personne n'est parfait, moi aussi j'ai le droit de succomber à des motivations bassement matérielles, merde à la fin).
Droit commercial international, donc. Vous savez, l'OMC, le GATT, l'UE, et autres entités diaboliques qui font hurler José Bové et ses amis altermondialistes. A tort ou à raison, c'est une autre histoire, et ce n'est pas le but du cours que de le dire.
Sur le fond, nous avons eu droit à une introduction rapide de ce qu'était le droit commercial international, avec pour commencer une définition, comme dans tout cours de droit qui se respecte. Ensuite, distribution du plan du cours, puis nous avons dû choisir un sujet de présentation orale. Eh oui, chacun de nous va passer à la casserole au cours du semestre pour 15 minutes de présentation orale devant la classe. J'ai choisi un sujet sur l'agriculture à l'OMC (un truc bien français quoi), et je passerai dans 2 mois, j'ai le temps de voir venir.
Cette présentation orale comptera pour 15% de la note. Le reste de la note portera sur une espèce de thèse (un "assignment"), ou plutôt une dissertation grand format (6000 mots) sur un sujet de notre choix, à rendre à la fin du semestre. Cela comptera pour 85% de la note. Bref, de sacrés réjouissances en perspective.
Concernant la forme, ça ressemblait plus à un cours de lycée ou à des TD qu'à un cours en amphi. Nous n'étions qu'une trentaine d'étudiants et la prof ne se contentait pas de nous faire cours, elle nous faisait aussi participer en nous posant des questions. Rien à voir avec un cours en amphi, où les étudiants restent passifs. Nous avons d'ailleurs dû nous présenter un par un, dire pourquoi nous avions choisi le sujet (parce qu'il n'y avait rien d'autre ?), quelles études nous avions fait auparavant, ce que nous comptions faire plus tard, enfin bref, vous voyez le genre. J'ai remarqué qu'il y avait pas mal d'étudiants étrangers, dont la plus grosse partie vient d'Asie : Chine, Japon, Bangladesh, Corée. Il y avait également un étudiant jordanien, une étudiante allemande, une étudiante italienne, et une charmante étudiante australienne d'origine tchèque assise à côté de moi et répondant au doux nom de "Zeljana". Elle vit en Australie depuis l'âge de 8 ans et a un peu étudié le français au lycée, mais elle dit qu'elle le parle très mal. Il faudra que je pense à lui proposer des cours particuliers pour qu'elle puisse l'améliorer...
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