Et moi et moi et moi
Posté le 08.08.2007 par alsacedownunder
Aujourd'hui, je vais vous reparler un peu de moi et de ma vie sans intérêt. Parce qu'il se passe des choses dans ma vie sans intérêt, figurez-vous.
Déjà, j'ai profité du fait que je n'avais pas cours le matin pour faire la grasse mat'. En tout cas, c'est ce que j'avais prévu. Malheureusement, un grain de sable est venu enrayer la mécanique bien huilée de mon sommeil : à huit heures du matin, un grand bruit se fait entendre. Le bruit d'une machine à laver. Eh oui, la buanderie se trouve juste à côté de ma salle de bains, et comme la porte de la salle de bains était ouverte, j'ai entendu la proprio qui faisait sa lessive à huit heures du matin. En fait, ce n'était pas la proprio, mais sa mère venue de Chine, qui est là depuis quelques jours. Peut-être que c'est une coutume chinoise de laver son linge aux aurores (bon, je sais, j'exagère, mais huit heures, c'est tôt quand même), toujours est-il que cette c**** m'a réveillé. Et une fois réveillé, impossible de me rendormir : après avoir essayé vainement de retrouver le sommeil en me tortillant dans tous les sens pour trouver une position confortable dans mon lit, j'ai dû me rendre à l'évidence : pas de grasse mat' aujourd'hui ! Un premier couac dans ma journée, et ce n'était pas le dernier...
Mais n'anticipons pas. Une fois levé, je me suis dit, pourquoi ne pas regarder la télé australienne ? Ils ont peut-être des programmes intéressants le matin. J'ai donc allumé ma télé, pour me rendre très vite compte qu'en fait de programmes intéressants, y'a pas grand-chose. En fait, y'a plus de pubs que de programmes. Il faut s'imaginer un TF1 puissance 10. Par exemple, les infos, qui durent 20 minutes, sont coupées trois fois par des pubs. Idem pour les séries du genre South Park ou les Simpson : chaque épisode est coupé trois fois par des pubs sur la bière (pas de loi Evin en Australie) ou sur les vacances en Nouvelle-Zélande. Et c'est toujours les mêmes pubs : à la longue, ça devient fatigant.
Après un repas de midi où j'ai fait cramer ma viande faute de l'avoir suffisament surveillée (bizarrement, elle était cramée à l'extérieur et pas cuite à l'intérieur), j'ai passé l'après-midi à glander (vous n'avez pas idée de l'énergie que ça peut prendre), avant de prendre le train vers 4h et demi pour me rendre au centre-ville assister à une conférence. Eh oui, aujourd'hui nous n'avions pas cours, le prof nous avait organisé à la place une petite sortie pour aller voir une causerie du procureur général de la Cour Pénale Internationale, le docteur Luis Moreno-Ocampo. Rien que ça. Entre parenthèses, j'ai failli rater mon train parce que je passais mon temps à mettre des pièces de 5 cents dans la machine pour acheter les tickets. En effet, cette saleté n'arrêtait pas de me rendre les pièces que je lui offrais généreusement. En fait, elle ne prend pas les pièces de 5 centimes, mais il ne me restait rien d'autre. Heureusement, un gentil contrôleur qui passait par là a eu pitié de moi et m'a dépanné d'une pièce de 20 cents.
Mais revenons à la conférence. Elle se déroulait à 6 heures à la faculté de droit de l'Université de Sydney, la plus vieille université du pays (elle va en effet fêter ses 157 ans). Comme j'étais en avance, je me suis dit que j'allais acheter un journal local pour patienter. J'ai choisi, au hasard, le Daily Telegraph. Un gros machin d'une centaine de pages pour seulement 1 dollar : bonne affaire, me suis-je dit. J'ouvre donc le journal, et je déchante rapidement. Il y a bien des articles intéressants, mais les pages politiques et actualités mondiales ne font que 10 à 20 % du journal : l'essentiel est consacré aux people, au sport, et à des actualités locales inintéressantes, un peu comme les pages des DNA sur les activités du club des amis du timbre de Wingen-sur-Moder (je ne sais pas s'il y a vraiment un club des amis du timbre à Wingen-sur-Moder, je prends simplement un exemple parlant pour que vous compreniez).
Donc, le journal, pas cher, mais pas terrible. Et la conférence alors, comment c'était ? C'était pas mal du tout, en-dehors du fait que Luis Moreno-Ocampo parlait très vite et avec un fort accent argentin. Oui, il est argentin, et il était assistant procureur à l'époque du procès contre les dirigeants de la dictature militaire argentine des années 1970. Un CV impressionnant, non ? M. le procureur nous a parlé des quatre affaires pendantes devant la Cour Pénale Internationale : l'une concerne la RD Congo, l'autre l'Ouganda, une troisième la République centrafricaine, et la dernière le Darfour. Une heure de réjouissances pour passer en revue des viols, des massacres, des pillages, et last but not least, l'incorporation forcée d'enfants soldats (de 8 à 15 ans) dans les milices congolaises. Ragoûtant, n'est-ce pas ? Bon, il a aussi parlé un peu de droit, quand même, c'est pour ça qu'on était là. Mais bizarrement, il était plus volubile quand il s'agissait d'évoquer les tueries et autres joyeusetés mentionnées plus haut...
Bref, la conférence était très intéressante. Je suis ensuite tranquillement rentré dans ma banlieue, j'ai pris une pizza à emporter à la pizzeria du coin, et je me suis dirigé vers mon appartement. Il faut que je vous précise que l'appartement se trouve dans le jardin attenant à la maison de la proprio. Or, pour pénétrer dans ce jardin, et donc dans mon appartement, il faut soit passer par la maison de la proprio, soit passer par un portail. Ce portail, que vous voyez sur la photo, peut se fermer de l'intérieur par un verrou (que l'on ne peut ouvrir que de l'intérieur). Avec la proprio, on s'est mis d'accord pour qu'elle ne le ferme pas quand je sors, de manière à ce que je puisse rentrer sans la déranger. Mais depuis que sa mère est là, les choses ont changé : cette dernière craint en effet les voleurs et a l'habitude de fermer systématiquement le portail, comme je l'ai appris à mes dépens lundi et mardi. Heureusement, à chaque fois, la proprio était là et elle a pu m'ouvrir, tout en m'assurant qu'elle demanderait à sa mère de ne plus fermer. Il faut croire que sa mère est sourde ou sénile, car ce soir, le portail était à nouveau fermé ! Ca lui suffit pas de me réveiller le matin, il faut aussi qu'elle m'empêche de rentrer chez moi !
Pas de panique, me dis-je, je vais aller sonner chez la proprio, elle va m'ouvrir. Problème, pas de réponse : soit elle n'est pas là, soit elle dort (à 9 heures du soir, c'est tôt, mais bon, pourquoi pas). Toujours est-il que mes coups répétés à la porte d'entrée n'ont rien donné. Bordel de merde, me suis-je dit, comment je vais rentrer, je vais quand même pas dormir sur le trottoir ! Je suis donc retourné au portail pour examiner calmement (tu parles, je flippais à mort) les possibilités qui s'offraient à moi. Impossible d'ouvrir le verrou de l'extérieur. Il ne reste donc plus qu'une solution : grimper la clôture. Problème, elle fait environ deux mètres cinquante de haut. J'ai réfléchi (pendant que ma pizza refroidissait) et j'ai fini par trouver la solution : si je pose d'abord le pied sur le rebord de la fenêtre du mur situé à côté de la clôture, pour me hisser ensuite sur la poubelle qui se trouve devant le portail, je devrais pouvoir sauter au-dessus de la clôture une fois que je serais sur ladite poubelle. Ca paraît tordu comme ça, mais je n'avais pas le choix, et heureusement pour moi, ça a marché : j'ai réussi à sauter la clôture, non sans avoir failli me casser la gueule à cause des roulettes de cette fichue poubelle. Cool, je ne dormirai pas sur le trottoir cette nuit.
Sacrée aventure quand même. Je n'ai peut-être pas encore rencontré de requins ni de crocodiles, mais rentrer chez soi en grimpant sur une poubelle pour sauter au-dessus de la clôture, je suis sûr que vous ne l'avez jamais fait ! Il aura fallu que j'aille au bout du monde pour vivre cette expérience traumatisante. En tout cas, y'en a une qui va m'entendre demain, et ce n'est pas la proprio...
Sur ce, je vous laisse, je vais aller me reposer de cette journée pourrie, en espérant que celle de demain sera mieux.
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Posté le 31.07.2007 par alsacedownunder
Aujourd'hui, deuxième jour de cours. Cette fois-ci, pas question de faire la grasse matinée, les cours commencent à 10 heures. Il s'agit d'un cours de droit international public, une matière bien plus intéressante que le droit commercial, mais qui ne mène à rien d'autre que l'enseignement (à moins d'être super balèze au point de décrocher un poste à la cour internationale de justice). Bah, pour une fois, laissons-nous séduire uniquement par les choses de l'esprit et laissons de côté les considérations bassement matérielles.
Le cours a lieu dans une salle de classe située dans le bâtiment numéro 5 du campus d'Haymarket. Beaucoup moins moche que la tour centrale (j'ai mis une photo sur le billet précédent). Nous ne sommes qu'une vingtaine d'étudiants. Cette fois-ci, il n'y a pas de jolie étudiante tchèque qui s'assied à côté de moi, mais un des étudiants français que j'avais rencontré lors de la journée d'accueil. Le prof arrive un peu en retard, mais il nous fait tout de suite bonne impression : très détendu, il tient à nous mettre à l'aise. On apprend assez vite qu'il est d'origine grecque. D'ailleurs, y'en a tout de suite un qui en a profité pour faire de la lèche en disant qu'il avait visité la Grèce et qu'il avait adoré, pitoyable tentative de récolter des points supplémentaires.
Mais revenons au prof. Il s'appelle Efsthatios Palassis (ça ne s'invente pas), n'aime pas le droit commercial ni l'OMC, et passe la moitié de son temps à pester contre les universités australiennes qui n'accordent pas assez d'importance au droit international, contrairement aux universités européennes. Il a d'ailleurs entendu parler de l'université Robert Schuman de Strasbourg (incroyable mais vrai) et semble enchanté d'apprendre que j'y ai fait mes études. Le revers de la médaille, c'est qu'il considère que mon parcours implique de fortes connaissances en droit international, et qu'il compte sur moi pour aider les autres étudiants s'ils ont des problèmes. D'un côté, c'est flatteur, mais de l'autre, c'est quand même une putain de responsabilité qui pèse sur mes fragiles épaules. Am I going to live up to the expectations ? Wait and see...
Concernant la notation, pas d'examen oral, nous serons notés sur deux travaux écrits de 2500 mots chacun qui impliqueront un effort de recherche de notre part. C'est donc plus relax qu'en droit commercial.
Bref, le cours s'est plutôt bien passé. J'ai mangé mon repas de midi dans un resto chinois, toujours sans fourchette, puis j'ai passé l'après-midi à flâner dans les rues. J'ai vu Darling Harbour, une espèce de grand parc à partir duquel on peut accéder aux jardins chinois de la félicité, à l'aquarium de Sydney, et au musée maritime. Ensuite, j'ai visité le Queen Victoria Building (voir photo), un superbe bâtiment de l'ère...victorienne (incroyable, non ?), avec une grande statue très moche de Sa majesté la reine Victoria devant le bâtiment. Je ne sais pas si la statue est moche à cause du modèle, à cause du matériau, ou à cause du style du sculpteur, c'est difficile à dire. La statue se trouvait autrefois devant le parlement irlandais, elle est un "cadeau" fait au peuple australien par le peuple irlandais (un cadeau, tu parles, ils étaient sûrement très contents de s'en débarrasser). Bon, je vais quand même arrêter de dire du mal de la monarchie anglaise, je vais finir par m'attirer des ennuis...
Pour finir la journée, je suis rentré dans ma banlieue (wesh, j'viens de la té-ci moi, c'est trop la zère-mi dans mon quartier, tu vois) et je me suis acheté de la Guinness. J'ai également continué mon enquête relative aux bières australiennes en achetant une bière haut de gamme, la Crown Lager. Jusque dans les années 1950, cette bière était réservée à la famille royale et aux diplomates britanniques. Autant dire que je comprends pourquoi, elle est vraiment excellente, encore meilleure que la Victoria Bitter, et à peine plus chère. Décidément, je sens que je vais me plaire ici...
Posté le 30.07.2007 par alsacedownunder
Aujourd'hui, j'ai eu droit à mon premier cours "made in Australia". Eh oui, fini le temps de l'insouciance, du farniente, du shopping, et du lever à 11h. Enfin, le lever à 11h est théoriquement encore possible, du moins le lundi, puisque les cours ne commencent qu'à 18h. Mais ça ne change rien au fait que j'ai désormais des OBLIGATIONS. Quelle horreur.
Bon, alors, que dire de ce premier cours ? Il s'agissait d'un cours de droit commercial international. Le droit commercial n'est pas une matière qui me botte particulièrement, mais il n'y avait pas beaucoup d'autres matières de droit international disponibles. Et puis, y paraît que cette matière offre pas mal de débouchés (eh oui, personne n'est parfait, moi aussi j'ai le droit de succomber à des motivations bassement matérielles, merde à la fin).
Droit commercial international, donc. Vous savez, l'OMC, le GATT, l'UE, et autres entités diaboliques qui font hurler José Bové et ses amis altermondialistes. A tort ou à raison, c'est une autre histoire, et ce n'est pas le but du cours que de le dire.
Sur le fond, nous avons eu droit à une introduction rapide de ce qu'était le droit commercial international, avec pour commencer une définition, comme dans tout cours de droit qui se respecte. Ensuite, distribution du plan du cours, puis nous avons dû choisir un sujet de présentation orale. Eh oui, chacun de nous va passer à la casserole au cours du semestre pour 15 minutes de présentation orale devant la classe. J'ai choisi un sujet sur l'agriculture à l'OMC (un truc bien français quoi), et je passerai dans 2 mois, j'ai le temps de voir venir.
Cette présentation orale comptera pour 15% de la note. Le reste de la note portera sur une espèce de thèse (un "assignment"), ou plutôt une dissertation grand format (6000 mots) sur un sujet de notre choix, à rendre à la fin du semestre. Cela comptera pour 85% de la note. Bref, de sacrés réjouissances en perspective.
Concernant la forme, ça ressemblait plus à un cours de lycée ou à des TD qu'à un cours en amphi. Nous n'étions qu'une trentaine d'étudiants et la prof ne se contentait pas de nous faire cours, elle nous faisait aussi participer en nous posant des questions. Rien à voir avec un cours en amphi, où les étudiants restent passifs. Nous avons d'ailleurs dû nous présenter un par un, dire pourquoi nous avions choisi le sujet (parce qu'il n'y avait rien d'autre ?), quelles études nous avions fait auparavant, ce que nous comptions faire plus tard, enfin bref, vous voyez le genre. J'ai remarqué qu'il y avait pas mal d'étudiants étrangers, dont la plus grosse partie vient d'Asie : Chine, Japon, Bangladesh, Corée. Il y avait également un étudiant jordanien, une étudiante allemande, une étudiante italienne, et une charmante étudiante australienne d'origine tchèque assise à côté de moi et répondant au doux nom de "Zeljana". Elle vit en Australie depuis l'âge de 8 ans et a un peu étudié le français au lycée, mais elle dit qu'elle le parle très mal. Il faudra que je pense à lui proposer des cours particuliers pour qu'elle puisse l'améliorer...
Posté le 23.07.2007 par alsacedownunder
Aujourd'hui, découverte de la fac. Première chose à faire, prendre le train. La station est à une dizaine de minutes à pied, et ensuite il faut 20 minutes pour arriver au centre-ville. Une fois là-bas, je me sens un peu perdu au milieu de tous ces buildings immenses et hyper-modernes, moi qui viens d'une ville où le bâtiment le plus haut est une église vieille de 800 ans. Je demande donc mon chemin à un type, je le remercie, et au moment où je le quitte, j'aperçois une vilaine chose noire et très haute avec marqué "UTS" dessus. Vous la voyez sur la photo. On ne peut pas la louper, c'est la tour la plus haute et la plus moche des environs (il paraît qu'en 2006, la tour a été désignée comme le bâtiment le plus moche de la ville par 23% des habitants). Je n'avais donc pas vraiment besoin de demander mon chemin...
Je me rends donc à cette tour, ou plutôt à ce machin, et j'entre résolument dans le hall. Tout de suite, une impression d'écrasement m'envahit : ce truc est immense, ça change vraiment de la vénérable faculté de droit de l'Université Robert Schuman de Strasbourg avec son hall minuscule et ses cinq petits étages. C'est sans commune mesure, on se croirait dans une immense multinationale, il y a des escaliers partout, des ascenseurs, des tonnes de guichet et de panneaux, et une foule assez considérable.
Heureusement, l'endroit où je dois me rendre est difficile à manquer : il s'agit du Great Hall, et tout le monde s'y dirige pour l'accueil officiel. La cérémonie commence à 10 heures. Le mot qui me viens à l'esprit pour la décrire est "solennel". On peut aussi dire "coincé du cul", mais je ne m'abaisserai pas à de telles vulgarité. Un peu de respect, merde.
La cérémonie est donc très solennelle, du moins au début. Le doyen, le vice-chancelier et les professeurs entrent vêtus de toges et de chapeaux du plus bel effet (vous savez, ces fameuses toques qu'on voit dans les remises de diplômes aux USA et en Angleterre). Après un petit mot du Vice Chancellor insistant sur la qualité extraordinaire de l'université et sur la chance que nous avons d'y étudier (parce que partout ailleurs, c'est un peu de la merde), le doyen enchaîne sur l'importance de participer un maximum aux activités de l'université, tout en nous encourageant à penser par nous-mêmes. Bon, d'accord. Suit un intermède moins solennel sur les coutumes aborigènes avec 4 étudiants d'origine abo qui exécutent des danses étranges rappelant le comportement de certains animaux australiens (kangourous, émeus, autruches...). L'un d'eux souffle dans un instrument dont le son me rappelle celui des trompettes utilisées par les moines tibétains (je ne me rappelle plus du nom). Il nous explique également quelques croyances aborigènes et nous raconte le mythe de la création à la sauce abo (leur créateur a créé le monde en seulement 3 jours, notre dieu est un minable à côté). Enfin, la doyenne de la faculté de droit conclut la cérémonie par quelques mots, insistant sur l'importance de la recherche universitaire.
Voilà, c'est fini pour l'accueil officiel. Suit un petit cocktail rapide. Une fois le cocktail terminé, je sors pour découvrir un peu le campus et les autres bâtiments de l'université, moins moches que la tour centrale. J'en profite pour aller ouvrir un compte en banque et m'acheter le dernier Harry Potter (on ne se refait pas). Je vais ensuite manger au McDo, puis comme il me reste encore deux heures avant l'accueil des étudiants étrangers, je vais faire un tour au centre commercial du coin, un truc genre place des halles : peu de boutiques intéressantes, et on s'y perd facilement.
Heureusement, j'ai réussi à m'en sortir et à arriver à temps au bâtiment numéro 5 de l'université pour l'accueil des étudiants internationaux. Là-bas, je dois d'abord faire la file pour recevoir un dossier avec divers documents sur l'université et un papier pour retirer ma carte d'étudiant. Ensuite, nous nous installons dans un amphi. Je me retrouve à côté de deux étudiants français qui viennent de Reims. Evidemment, on engage tout de suite la conversation. C'est pas bon pour mon anglais, mais ce n'est pas désagréable de parler un peu français. Heureusement, je retourne très vite à l'anglais avec mon autre voisin, un américain qui vient de Californie et qui, chose surprenante, connaît Strasbourg ! C'est assez rare pour un américain, alors que les Australiens savent en général où est la France et où se trouvent les villes principales. J'ai également l'occasion de discuter avec deux étudiantes allemandes. Malheureusement, aucune de mes nouvelles connaissances n'étudie le droit, sauf l'un des étudiants français, qui se trouve avoir pris les mêmes cours que moi.
Quant à l'accueil lui-même, pas grand-chose à en dire. Deux mots pour le décrire : long et chiant. Après quelques banalités d'usage sur la difficulté d'arriver dans un pays étranger (où l'on apprend que certains s'adaptent très vite et que d'autres ont plus de mal, incroyable mais vrai), on arrive à une description fastidieuse des différentes formalités à remplir pour être accepté à la fac (logement, visas, inscriptions aux cours). Le pire, c'est que la plupart des étudiants (dont moi) ont déjà effectué 95% de ces formalités ! Franchement, je me demande si on pouvait être dans cette salle (voire dans le pays) sans avoir un visa ! Celui qui a réussi ce tour de force devra m'expliquer comment il a fait.
L'accueil s'est ensuite terminé par un speech plus intéressant nous expliquant les différents types de bières australiennes et les endroits où aller pour s'amuser (pubs, cinémas, restaurants). Ah oui, ils nous ont aussi expliqué qu'il fallait regarder à droite en traversant, puisque les gens roulent à gauche. Ils nous ont aussi encouragé à demander aux australiens de parler lentement si on avait du mal à les comprendre. Le tout a fini par un petit quiz sur l'Australie, seules trois personnes ont répondu correctement à toutes les questions (et comment je pouvais savoir, moi, que "Budgie smugglers" voulait dire "maillot de bain pour homme" en argot australien ?)
Bref, une journée très utile (non non, ce n'est pas ironique du tout). Non, blague à part, même s'ils nous ont un peu pris pour des buses en nous expliquant par exemple qu'il fallait bien regarder la route avant de traverser, les gens du staff ont l'air très sympas et disponibles. Peut-être même un peu trop, on verra bien...
Posté le 22.07.2007 par alsacedownunder
Aujourd'hui, premier shopping. La proprio et son fiancé m'ont gentiment proposé de me déposer en voiture devant les magasins, bien que le trajet ne soit que de 5 minutes à pied. Beaucoup de choses à acheter, on trouve même des petits écoliers de lu, "france's number one biscuit brand". Evidemment, on oublie toujours quelques trucs. Ainsi, la première fois, j'ai acheté du boeuf haché et de la sauce tomate pour faire des spaghettis bolognaise (l'un des seuls plats que je sais faire), mais j'ai oublié de prendre de l'huile de cuisson. Pareil pour le petit déj' : j'ai pris du pain, mais pas de beurre ni de confiture. C'est le genre de trucs qu'on a toujours à la maison et dont on ne se préoccupe jamais, mais là, je n'avais évidemment rien et il aurait fallu y penser. J'ai donc dû faire deux voyages pour acheter ce qu'il me manquait, ce que la caissière a trouvé très drôle (non non, elle ne s'est pas foutue de ma gueule). Et arrivé à l'appart', je me rends compte que je n'ai pas d'égouttoir, juste après avoir mis les spaghettis dans la flotte (sinon c'est pas drôle). Encore le genre de trucs auquel on ne pense pas (something you take for granted, comme diraient les anglais). J'ai donc du m'en sortir en versant les pâtes directement dans l'assiette, avant de retirer l'eau de ladite assiette en m'efforçant d'y maintenir les pâtes qui avaient une furieuse envie d'en sortir (je me demande bien pourquoi, tout ce que je voulais, c'était les manger). Tant bien que mal, j'ai réussi à garder toutes les pâtes et à manger mon premier repas préparé en Australie. Très bon d'ailleurs, la viande semble être de très bonne qualité ici. Même si je n'avais pas de sel (eh oui, encore un truc que j'ai oublié d'acheter, mais par contre, j'ai pensé au nutella), la sauce avait suffisamment de goût. Peut-être grâce au ketchup que j'y ai mis...
Enfin, ce soir, j'ai eu la "chance" d'assister à une messe à la mode australienne (oui, dans ce pays hérétique, il y a des messes le dimanche soir). Architecturalement parlant, l'église n'avait pas beaucoup d'intérêt, c'était juste un grand bâtiment en brique rouge. A l'intérieur cependant, c'était plus intéressant. Beaucoup plus d'ambiance qu'en France, beaucoup de jeunes, des chansons très rock, des mini-pièces de théâtre, des gens qui viennent témoigner de leur amour pour Jésus, un sermon dans lequel le curé a réussi à placer Harry Potter (il avait un accent incroyable, il prononce "waiting" "oua-i-ting" comme si le mot commençait par "why"). Mais malgré les efforts soutenus de ces gens si enthousiastes dans leur amour pour le Christ, tout cela n'a pas suffi à faire rencontrer dieu à l'incorrigible athée que je suis. Sur le fond, le message reste le même que celui des curés de nos riantes campagnes alsaciennes : Dieu sait tout, Il voit tout, Il contrôle tout, Il nous juge, nous Lui devons obéissance. Bon, au moins, ça m'aura permis de rencontrer des gens, dont une étudiante qui parle français avec un très joli accent, et qui m'a assuré que les australiens adoraient l'accent français...
A présent, dodo. Demain, premier jour à la fac pour l'accueil des étudiants étrangers.
Posté le 22.07.2007 par alsacedownunder
Voici l'intérieur de l'appartement. Il y a tout ce dont un étudiant a besoin : une pièce principale avec lit, télé, cuisine, connection Internet, et une salle de bain. Par contre, l'appart' n'est pas très isolé et j'ai eu un peu froid. Evidemment, en Australie, il fait en principe chaud toute l'année, on ne se préoccupe donc pas de construire dans des matériaux vraiment isolants. Manque de bol pour moi, je suis tombé sur l'hiver le plus froid depuis 30 ans à Sydney (d'après le chauffeur de taxi). Heureusement, il paraît qu'il fera beau dès la semaine prochaine...
Posté le 22.07.2007 par alsacedownunder

Une fois arrivé dans l'aéroport de Sydney, les formalités ont été étonnamment courtes. Un simple formulaire à remplir avec des questions aussi pertinentes que "avez-vous des drogues illicites dans vos bagages ?" ou encore "avez-vous la tuberculose ?", et c'est bon. Après avoir acheté des dollars australiens et un adaptateur pour les prises de courant australiennes ainsi qu'une carte téléphonique, il ne me restait plus qu'à prendre le taxi pour me rendre à l'adresse où j'avais rendez-vous pour visiter un appartement. Je pensais être en retard, mais l'adresse s'est trouvé bien plus proche de l'aéroport que je ne le pensais, je suis donc arrivé en avance d'un quart d'heure. Le chauffeur de taxi m'ayant assuré que cela ne poserait aucun problème, j'ai sonné à la porte, et voilà qu'une charmante jeune fille d'origine asiatique de 23 ans (la propriétaire) m'ouvre avec un grand sourire, apparemment pas du tout dérangée d'avoir été réveillée par un étudiant hagard et mal rasé qui n'a pas dormi depuis 30 heures. Je me répands en excuses pour être arrivé plus tôt que prévu, elle m'assure que cela ne pose aucun problème, m'offre une tasse de thé, et me propose d'aller voir l'appartement tout de suite. Celui-ci se trouve derrière sa maison, dans le jardin. Après une inspection rapide, je lui dis qu'il m'intéresse, et elle me dit qu'elle est prête à me le louer pour le prix convenu (160 dollars par semaine, environ 400 euros par mois). Une affaire conclue plutôt rapidement : aucune garantie ne m'a été demandée, elle m'a juste dit qu'elle était cool quant au versement du loyer, et que si je ne pouvais pas payer une semaine, ce n'était pas la fin du monde. Impensable en France, où il faut généralement avoir une caution en béton et gagner le double du loyer pour décrocher un appartement...
J'ai donc un endroit où dormir, ce qui constitue un immense soulagement. Après avoir pris possession de mes nouveaux locaux, je passe la matinée à passer l'aspirateur (pas mal de poussière s'était accumulée depuis le passage des anciens locataires) et à défaire mes valises, sans oublier d'envoyer des messages disant que je suis bien arrivé.
Passé midi, la fatigue l'a cependant emporté sur moi et j'ai passé l'après-midi à somnoler alors que j'avais prévu de faire du shopping. Pas grave, je ferai ça demain, les magasins sont ouverts le dimanche en Australie...comme on dit là-bas, "no worries mate", pas de soucis !
Posté le 22.07.2007 par alsacedownunder
Nous sommes le jeudi 19 juillet. Le jour du départ est arrivé. C'est le début d'un long périple de plus de 30 heures qui doit me mener à Sydney. Evidemment, le stress est au rendez-vous, on se demande toujours si on n'a pas oublié quelque chose, comment va se passer l'avion, est-ce qu'on saura se débrouiller une fois sur place, etc...bref, rien de très extraordinaire lorsqu'on part au bout du monde dans un pays où l'on ne connaît personne.
Première destination, Baden-Baden, où ma mère et moi devons prendre l'avion pour Londres via Ryanair (eh oui, avec un billet pour Sydney à 1600 euros, on n'allait pas non plus dépenser une fortune pour aller à Londres). C'est mon père qui nous conduit à l'aéroport. Cette première partie du voyage se passera sans problèmes, nous arrivons largement à l'heure dans un petit aéroport où il est facile de se repérer, et le vol se déroule sans la moindre anicroche. Ma première expérience en avion n'est pas déplaisante, je ne souffre pas du mal de l'air. Nous arrivons à Londres (aéroport de Stansted) à l'heure prévue (10h25).
Mais le plus gros du voyage reste à faire. Il nous faut d'abord nous rendre à l'aéroport de Heathrow, qui se trouve comme de juste à l'autre bout de l'agglomération londonienne. Une heure trente de trajet en bus.
Une fois à Heathrow, pas de temps à perdre, il faut faire une longue queue pour retirer le billet et enregistrer les bagages. Une fois cela fait, nous avons tout juste le temps de prendre un sandwich avant que je me rende à la porte d'embarquement. C'est là que je dois laisser ma mère (ou que ma mère doit me laisser, ça dépend du point de vue). Pas le temps pour des adieux déchirants, l'embarquement débute à 14h15 et il reste un long chemin à parcourir jusqu'à la porte. Désormais, je suis donc seul.
Passé les formalités d'usage, je me retrouve donc dans un avion de la compagnie Air Canada à destination de Vancouver. Le vol est censé durer une dizaine d'heures. Pas si long que cela, me dis-je, ce devrait être supportable. Tu parles...avant ce voyage, je n'avais pas idée à quel point dix heures pouvaient paraître interminables. Je pensais que le temps passerait vite avec quelques bouquins, sans oublier les films qu'ils nous passeraient dans l'avion. Je pensais également que je pourrais faire une petite sieste. Mais plusieurs obstacles à ces projets ont surgi. Tout d'abord, j'étais trop fatigué pour lire plus d'un chapitre de mon livre à la fois. Dans ce cas, me direz-vous, pourquoi ne pas dormir ? Le problème, c'est que les sièges sont trop inconfortables pour faire mieux que somnoler. Quant aux films passés dans l'avion, aucun ne m'intéressait, hormis celui qu'ils ont passé à la fin, une petite comédie bien sympa avec Hugh Grant et Drew Barrymore. J'ai donc passé l'essentiel du vol à alterner conversation avec ma voisine (une américaine très sympa qui m'a donné une foule d'adresses inutiles de gens habitant toute l'Australie, sauf Sydney), lecture d'un chapitre du seigneur des anneaux et demi-sommeil, tout en jetant de temps en temps un oeil vitreux sur la télé. 10 heures à rester assis sur un siège, sans espace, l'oeil rivé sur les aiguilles de ma montre qui s'obstinaient à ne pas vouloir avancer, avec pour seule possibilité de se dégourdir les jambes un petit voyage aux toilettes. Autant dire que j'étais heureux d'arriver enfin à Vancouver, à 17h, heure locale. Mais je n'étais pas au bout de mes péripéties.
Arrivé à Vancouver, je me dirige sans me presser vers la direction "transferts internationaux", après avoir rempli un formulaire pour l'immigration canadienne. On m'apprendra que cette formalité était inutile puisque je ne comptais pas rester au Canada plus de 3 heures. Très heureux de cette information, j'arrive enfin devant le guichet pour les transferts internationaux. Seulement, on m'y explique que j'aurais dû prendre la direction "transferts vers les USA". Eh oui, je suis censé passer par Honolulu, à Hawaii, territoire américain ! Il faut donc repartir en arrière et prendre l'ascenseur, autant de temps perdu pour rien.
Arrivé à destination, on m'apprend qu'il me faut remplir un formulaire pour entrer aux Etats-Unis, même si je ne resterai que deux heures dans un aéroport ! L'administration américaine est sur ce point plus tatillone que les autorités canadiennes. Je remplis donc le formulaire qu'on me donne, puis je le présente à un douanier US. Celui-ci me dit que je n'ai pas tout rempli (eh oui, il y avait un verso à remplir également, malgré la mention "government use only", allez comprendre). Je retourne en arrière, je demande un stylo à un guichet quelconque, et je remplis mon formulaire. Reste à le faire tamponner. C'est là que ça coince : une fois que je lui ai donné mon passeport, le douanier vérifie quelque chose pendant 10 minutes sur son ordinateur (alors que ça n'avait pris qu'une minute pour les autres passagers). Je lui demande plusieurs fois s'il y a un problème avec mon passeport, sans parvenir à lui tirer autre chose que "maybe yes, maybe not". Etrange, jusque ici, que ce soit en Allemagne, en Angleterre ou au Canada, personne n'a trouvé à redire à mon passeport. Au bout d'un moment, il me demande de poser les doigts sur un appareil pour prélever mes empreintes, puis il me fait signe de le suivre vers une zone qui ressemble fort à une salle de garde à vue. Là, il me dit de m'asseoir, et me dit que mon nom va être appelé d'une minute à l'autre. Je commence à paniquer, je ne sais pas combien de temps tout cela va prendre, je me demande même si je vais pouvoir prendre mon avion. Heureusement, on m'appelle rapidement, et un autre agent, beaucoup plus sympa, m'informe que mon passeport est en règle. Apparemment, le seul problème qui s'est posé vient du fait que je n'ai pas mis d'adresse aux Etats-Unis sur le formulaire. J'explique au monsieur que je ne compte pas m'y installer et que je ne passe à Honolulu que pour aller à Sydney. Le gars trouve que c'est super, me demande ce que je fais comme études, dit qu'il adore la France, s'excuse pour le temps d'attente et me rend mon passeport, accompagné de la fameuse "green card", précieux sésame qui va me permettre de passer deux heures dans un aéroport international sans même poser le pied sur le territoire américain ! Franchement, la prochaine fois que quelqu'un me dit que les américains sont cools au niveau des formalités, qu'ils n'aiment pas l'Etat, l'administration et la bureaucratie, je lui fous mon poing sur la gueule.
Soulagé, je peux enfin me rendre au check-in pour retirer mes bagages (ils sont tous là, nouveau soulagement). Je me rends ensuite à la porte d'embarquement, où j'attends le départ pour Honolulu. A partir de là, tout va bien se passer. Le voyage pour Honolulu durera environ 5 heures. Il me permettra d'ailleurs de rencontrer enfin des australiens, mais une fois encore, aucun d'eux n'habite à Sydney. L'un est de Melbourne, l'autre d'une petite ville isolée dont j'ai oublié le nom, à 200 km de toute habitation. En tout cas, ils sont très sympa, le genre de gens qui vous serrent la main dès qu'ils vous voient et à s'enthousiasmer dès que vous leur parlez un peu de vous. Quel que soit l'endroit d'où vous venez, l'endroit où vous allez, ce que vous faites dans la vie, que vous parliez du nom de votre chat ou de la pointure de vos chaussures, ils trouvent ça super génial (how exciting !).
Une fois arrivé à Honolulu, je redoutais d'autres accros, mais heureusement, aucun problème à signaler. Il semble qu'une fois qu'on a la green card, tout passe comme une lettre à la poste. Je n'ai malheureusement rien pu voir d'Hawaii (hormis quelques palmiers), puisqu'il faisait nuit, et que je n'ai pas quitté l'aéroport.
Enfin, après une heure et demie d'attente, je pars enfin dans un avion qui ne s'arrêtera plus qu'à Sydney. Une fois encore, vol pénible au cours duquel j'ai essayé de fermer l'oeil sans vraiment y arriver, tout en essayant de manger la nourriture de qualité très moyenne distribuée dans l'avion.
10 heures plus tard, l'avion atterrit enfin à Sydney. Il est 6 heures du matin, heure locale, je n'ai pas vraiment dormi depuis mon départ de Strasbourg, je suis fourbu mais heureux d'être finalement arrivé à bon port. La première étape est passée, une nouvelle vie commence pour moi.