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L'Alsace au 36ème dessous : bienvenue sur le blog d'un étudiant strasbourgeois parti un an à Sydney. Catégorie : Blog Journal intime Date de création :
22.07.2007 Dernière mise à jour :
27.09.2008
Voici une pub plutôt marrante qui passe à la télé australienne en ce moment :
La pub montre un joueur de foot qui fait sa tapette en s'écroulant et en hurlant de douleur alors qu'on l'a à peine touché (un comportement tout ce qu'il y a de plus normal chez un joueur de foot). Arrive alors Mister T (un acteur américain célèbre pour avoir joué dans l'agence tous risques) dans un tank. Le joueur se relève précipitamment pour ne pas se faire écraser, on constate alors qu'il est en parfaite condition physique. Mister T l'apostrophe violemment en lui disant qu'il n'a rien, qu'il est pathétique et qu'il ferait mieux d'arrêter de pleurnicher s'il ne veut pas rencontrer son amie la douleur. Mister T finit en lui balançant un snickers et en s'écriant "Get some nuts", ce qui peut être traduit par "achète-toi des couilles". L'astuce étant que "nuts" veut également dire "noix", et que dans les snickers, il y a des noix.
Marrant, non ?
Une des raisons qui faisait que je me réjouissais d'être en Australie est le fait que la Coupe du Monde de Rugby ait lieu cette année. Je me disais "c'est super, ça va être la folie, tout le monde ne va parler que de ça". Hélas, la réalité a été bien différente. J'ai été très surpris de voir le peu d'intérêt des gens et des médias pour la Coupe du Monde. Les matchs de football australien faisaient l'objet de discussions plus enflammées dans les pubs que les matchs des Wallabies dans l'Hexagone. Certes, le Rubgy n'a pas en Australie le statut qu'il a en Nouvelle-Zélande, cependant, je m'attendais à un peu plus d'enthousiasme de la part des gens.
Ayant interrogé quelques Australiens à ce sujet, je me suis aperçu qu'en fait, les gens ne s'en foutaient pas de la Coupe du Monde. Ils se foutaient seulement du premier tour. En effet, les matchs Australie-Fidji ou Australie-Japon n'intéressent personne : il n'y a aucun intérêt à regarder les pauvres japonais se faire massacrer par une équipe qui joue sur une autre planète qu'eux.
Par contre, on m'avait assuré que ce serait la folie une fois les matchs de poule passés. Surtout, tout le monde attendait l'inévitable confrontation avec les All Blacks en demi-finale. A vrai dire, même le quart de finale contre les Anglais ne soulevait pas la passion des foules, tant l'issue du match paraissait certaine : contre ces Anglais-là, l'Australie ne pouvait pas perdre.
Malheureusement pour nos amis Aussies, le destin en a décidé autrement. Il n'y aura pas de demi-finale explosive contre les Blacks. A la place, les Wallabies en seront quittes pour une humiliante élimination face aux Anglais. C'est la première fois qu'ils sont éliminés de la compétition avant les demi-finales. Autant dire que le lendemain, c'était pas la joie dans les rues de Sydney. Les journaux étaient pour le moins féroces envers leur équipe, la défaite contre une équipe d'Angleterre moyenne (qui avait notamment perdu contre l'Afrique du Sud 36 à 0 en poule) étant décrite comme un "complete embarrassment for Australian Rugby" (traduction : c'est la honte totale pour le rugby Australien). Tout le monde en a pris pour son grade : les joueurs, le coach, le staff.
Quoi qu'il en soit, à cause de ces fichus Anglais, je ne connaîtrai jamais l'engouement qui peut s'emparer de la nation Australienne à l'approche d'un grand match de Coupe du Monde. Décidément, ils ne savent que nous pourrir la vie, ces Anglais...
Bref, autant vous dire que les prochains matchs n'intéressent plus personne, tout le monde se fout de la suite de la Coupe du Monde. En fait, la seule chose qui a un peu réconforté les gens, c'est d'apprendre que les All Blacks eux aussi s'étaient fait botter le cul. Témoin la page Sports du Sydney Morning Herald : "The Wallabies era of George Gregan, Stephen Larkham and John Connolly is over after the diabolical loss to England. But at least, the Kiwis got stuffed too" (traduction : au moins, les Kiwis se sont fait jeter eux aussi). Merci qui ? Merci la France !
La semaine dernière, le magazine Cosmopolitan (plus connu sous le nom de Cosmo) a organisé un "concours" des plus intéressants. Il s'agissait de battre le record du monde du plus grand nombre de filles en bikini sur une plage. C'est la plage de Bondi qui a été choisie, et le record a été pulvérisé : on est passé de 300 à plus de 1000 jeunes filles en fleur légèrement vêtues batifolant sur le sable. Bel exploit, n'est-ce pas ? Et ne me demandez pas à quoi ça sert, sinon je me poserai des questions sur votre libido (à moins que vous ne soyez une fille, évidemment, auquel cas, vous avez le droit de crier au sexisme et de vous révolter contre l'instrumentalisation de la femme-objet).
Ce n'est pas seulement la devise des Etats-Unis d'Amérique, c'est apparemment aussi le credo de certains Australiens. Eh oui, il y a des fous de Dieu partout, même au bout du monde. Témoin ce tract que j'ai reçu à la fac à l'occasion des prochaines élections étudiantes. La liste s'appelle "One God" et ils ont réussi le tour de force d'écrire plus de conneries sur un tract de 10 cm sur 7 que je n'en écrirai jamais sur ce blog (si si). Le tract contenait en effet un programme, avec diverses activités sponsorisées par l'association qui se présente sous le nom de "One God". Morceaux choisis :
-Talk 1 : Christianity and environmental values : Dr Gordon Menzies discusses the connections and ideas. Oui, parce que c'est bien connu, Jésus était le premier écologiste, n'a-t-il pas dit "lorsque vous frappez la terre sur la joue droite, elle tend la joue gauche" ?
-Talk 2 : The day the world changed : Justice Young AO legally examines the evidence for Jesus' resurrection. De mieux en mieux, vu qu'ils sont incapables de donner des preuves scientifiques, ils essaient de chercher des preuves légales. Et puis c'est quoi une preuve légale ? Les romains ont écrit "mort et ressuscité trois jours plus tard" sur le certificat de décès de Jésus ?
-Talk 3 : The delusions of atheism : Andrew Katay explains why abandoning the One God has failed us. Oui, c'est vrai, nous autres athées sommes responsables de tous les malheurs du monde, de toutes les guerres et de toutes les misères. Aucun conflit n'est jamais déclenché à cause de la religion. Les athées sont des abominations de Dieu, des être inachevés, imparfaits (c'est Sarkozy qui l'a dit). Nous ne méritons même pas d'appartenir à l'espèce humaine. D'ailleurs, qui a dit que les athées faisaient partie de l'espèce humaine ?
-Talk 4 : Dialogue with host Dr John Best : discuss the secrets to real success with former Wallabies doctor. Ben voilà, tout s'explique : les Wallabies (l'équipe australienne de rugby) ne gagnent pas leurs matchs parce qu'ils ont de très bons joueurs, ni même parce qu'ils ont de meilleurs produits que les autres. C'est uniquement parce qu'ils ont placé leur foi en Dieu. Pas étonnant que l'équipe de France soit si mauvaise quand on regarde l'effarant taux d'athéisme en France...
-Talk 5 : Do Christians and Muslims both worship the One God ? Poser la question de cette manière, c'est y répondre : il n'y a qu'un seul Dieu, donc deux religions différentes ne peuvent pas louer le même, donc les musulmans sont des hérétiques. Sinon, ils seraient des chrétiens et loueraient le seul vrai Dieu, le nôtre, label bien de chez nous. Le bon vieux refrain de la "seule religion vraie". Alléluia.
Bref, un beau ramassis de conneries. Comme dirait l'autre : pardonne-leur, ils ne savent pas à quel point ils sont cons...
Dans mon dernier article, j'évoquais mes deux reproches principaux envers l'Australie. Après m'être attardé sur la circulation à Sydney, passons à un autre trait étrange de ces gens non moins étranges que l'on appelle les Australiens.
Ce qu'il y a de plus incompréhensible chez ces gens pourtant si charmants, ce n'est pas le fait qu'ils roulent à gauche (les anglais le font aussi), ni le fait qu'Elizabeth II soit à la tête de leur Etat (les anglais se la tapent aussi), ni même leur amour du football australien (ça par contre, on ne le trouve pas chez les anglais), sport viril mais impossible à comprendre, fait d'un mélange hasardeux de foot et de rugby où les joueurs n'ont aucune protection, contrairement à ces petites bites de footballeurs américains.
Non, ce qu'il y a de plus choquant chez les Aussies, et de loin, c'est leur amour de la Vegemite (prononcer Vijimaïte).
La Vegemite a été inventée en 1923. Il faut savoir qu'avant cette date, les Australiens consommaient de la Marmite (une pâte similaire à la Vegemite dont les Anglais raffolent). Seulement, le stock de Marmite avait été épuisée après la 1ère guerre mondiale. Il fallait donc remplacer ce mets délicat en inventant quelque chose de mieux (comprenez "quelque chose d'encore plus dégueulasse"). Cette tâche ardue fut confiée par la compagnie Fred Walker & co au docteur Cyril P. Callister, chimiste de son état. Le challenge était de créer un aliment plus riche en vitamines B que la Marmite et qui conviendrait aux papilles australiennes. Le docteur Callister réussit au-delà de toutes les espérances, et le produit fut rapidement adopté par les Australiens. Il fut immortalisé par une publicité dans les années 1950 avec deux petites filles chantant leur amour pour la Vegemite dans une chanson intitulée "we're happy little Vegemites" (le surnom de "Vegemite twins" les poursuivra durant toute leur vie). Aujourd'hui, 90% des foyers australiens (paraît-il) ont un bocal de Vegemite dans leur placard.
Mais qu'est-ce donc exactement que cette chose ? On vous la décrira souvent comme "une confiture locale" ou "du Nutella australien". N'en croyez rien, la Vegemite n'est ni de la confiture, ni du Nutella. Seul le voyageur naïf peut se faire abuser par une description aussi tendancieuse : lorsqu'il aura goûté la substance, il sera trop tard.
La Vegemite est une pâte noire faite à base de levure de bière. Vu de loin, ce n'est pas très appétissant. Ca ressemble à un mélange entre du beurre, de l'huile de vidange et du suif. Vu de près, ce n'est guère mieux : l'odeur de ce truc vous prend immédiatement aux tripes, c'est horrible, indescriptible. J'ai beau chercher, je ne vois rien qui s'en rapproche. Quoi qu'il en soit, il me fallait quand même goûter, au moins pour ne pas mourir idiot. Courage, me suis-je dit, ça pue mais c'est peut-être quand même bon, après tout, ils adorent ça ici. J'en prends donc un peu sur mon couteau, et je l'avale...pour m'étouffer immédiatement après. Non seulement ça ressemble à du suif, mais en plus ça doit avoir le même goût ! En plus de cela, c'est hyper salé, impossible d'avaler ce truc sans ressentir de la nausée. Et le goût reste en bouche même après un brossage vigoureux. Conclusion de cette première expérience : la Vegemite est une invention du diable, les Australiens sont des tarés, leurs papilles sont définitivement perdues pour la cause. Pas étonnant que ce truc ne se soit jamais imposé en-dehors de leurs frontières. Même les Anglais et les Américains n'en veulent pas, c'est dire. Franchement, cette chose devrait être interdite par la Convention de Genève. D'ailleurs, je suis sûr qu'ils en font bouffer aux prisonniers irakiens pour les faire parler, ça doit être plus efficace que la gégène.
Plus sérieusement, après cette première expérience désastreuse, j'ai décidé de faire un nouvel essai (je n'allais pas jeter un bocal presque plein), cette fois en suivant les conseils d'un internaute australien, c'est-à-dire, en tartinant de la Vegemite en petite quantité sur du beurre. Oui, il paraît qu'il ne faut surtout pas en manger nature (il aurait fallu me le dire avant). Bon, faut être honnête, avec du beurre, ça passe mieux. Ceci dit, ça n'a rien de bon, c'est juste mangeable, et il ne faut vraiment pas en mettre beaucoup, de manière à sentir davantage le goût du beurre que celui de la Vegemite. Si c'est si bon que ça, pourquoi faut-il en mettre le moins possible ? Encore un mystère que seuls les Australiens peuvent comprendre.
Finalement, j'ai enfin trouvé un usage à la Vegemite. Hier, j'en ai tartiné ma viande avant de la faire cuire. Ce truc est tellement salé qu'on a plus besoin d'assaisonner la viande après. Et là, bizarrement, ça passe bien, c'est même pas mauvais du tout. Ajouté à de la sauce tomate (en petite quantité, faut pas déconner), ça donne même un résultat tout à fait agréable. Il y a donc une utilisation possible de cette chose ! Ceci dit, en tartine, plus jamais, ou alors en très petite quantité sur du beurre ! Ou mieux encore, du beurre sans Vegemite du tout.
Que faut-il conclure de tout cela ? Que l'existence de la Vegemite prouve une chose impensable : même un truc qui provient de la bière peut être dégueulasse. Les Australiens ont en tout cas réussi ce tour de force de faire s'effondrer l'une des théories scientifiques les mieux établies (à savoir "bière et dérivés de la bière = miam"). Et le pire, c'est qu'ils en sont fiers ! Sur tous les bocaux de Vegemite se trouve l'inscription "Proudly made in Australia since 1923"...
En tout cas, je compte sur vous pour me donner des suggestions sur l'utilisation de la Vegemite, parce qu'il faudra bien finir le pot...
Aujourd'hui, journée pourrie, il a plu pendant toute l'après-midi. Je me suis donc dit que j'allais continuer avec vous l'exploration des méandres de l'histoire australienne. Mais on n'explore pas l'histoire d'un pays comme ça, sans angle d'attaque. La dernière fois, je vous avais parlé de l'histoire politique du pays (vous savez, avec la vieille dame au style vestimentaire douteux), aujourd'hui, nous allons aborder un sujet un peu moins prise de tête : les jours fériés. Vous savez, cette magnifique invention qui nous donne quelques jours de répit au milieu d'une année de travail (qui a dit que j'étais un fainéant ?).
Mais les jours fériés ne servent pas seulement à se reposer de cette horrible chose qu'on appelle "travail" (du latin "tripalium", qui veut dire "instrument de torture"). Ils peuvent également nous apprendre beaucoup sur l'histoire et la culture d'un pays. Si si, j'vous jure !
En Australie, c'est un peu le bordel, il y a des jours fériés au niveau national et d'autres spécifiques aux Etats fédérés. Difficile à comprendre pour un français habitué au centralisme jacobin de notre beau pays (sauf quand on est alsacien). Les jours fériés nationaux (qui s'appliquent dans tout le pays donc) sont au nombre de neuf. Le premier d'entre eux, c'est le premier janvier, le New Year's Day. Rien d'extraordinaire, on a le même. Le jour férié suivant est plus intéressant, il s'agit de la fête nationale : l'Australia Day, qui tombe le 26 janvier. En-dehors du fait qu'il soit un prétexte pour boire plus que de raison et faire d'autres choses que la morale catholique réprouve, ce jour sert à commémorer la fondation de la première colonie européenne du pays à Port Jackson le 26 janvier 1788 par le capitaine Arthur Phillip, lequel est arrivé en Australie accompagné d'une poignée d'hommes et de plusieurs dizaines de bagnards pour fonder, sur une terre hostile et dans des conditions chaotiques (le capitaine Phillip n'avait en effet pas pensé à embarquer des ingénieurs et des architectes, ce qui a pu poser problème au moment de construire des maisons) ce qui est aujourd'hui devenu la plus grande ville du pays, celle où je me trouve : Sydney. Quand on pense que ce qui est aujourd'hui l'une des plus grandes villes du monde était au départ un village de bric et de broc fondé par des bagnards, ça fait réfléchir...à quoi, je ne sais pas, mais ça fait réfléchir. Dernière chose à propos de cette journée, elle ne plaît pas particulièrement aux aborigènes, lesquels ont l'impression qu'elle n'est destinée qu'aux australiens d'origine européenne. Pour les abos, le 26 janvier 1788 n'est rien d'autre que le début d'un long cauchemar qui n'est pas tout à fait terminé aujourd'hui. Pour cette raison, il y a eu de nombreuses demandes pour changer la date de la fête nationale et trouver une date plus consensuelle. Mais aucune de ces demandes n'a abouti pour le moment...
Le troisième jour férié est une fête que l'on pourrait qualifier de militaire, mais il ne s'agit pas de commémorer la fin d'une guerre : pas de 8 mai, ni de 11 novembre en Australie. Au lieu de ça, ces givrés fêtent le début de la guerre ! Plus exactement, ils fêtent la première grande bataille jamais engagée par une armée australienne (australo-néo-zélandaise pour être plus précis). C'était lors de la première guerre mondiale, et cette bataille s'est soldée par une défaite des forces australiennes et néo-zélandaises, vaincues par les forces de l'empire ottoman alors qu'elles essayaient de s'emparer de la ville de Gallipoli. Ca s'appelle l'ANZAC Day (du nom de l'armée, Australian and New Zealand Army Corps) et ça a lieu le 25 avril. Donc, pour résumer, les australiens se souviennent avec émotion de la première branlée que leur armée s'est prise, et ils en ont fait une fête nationale ! Quel pays de losers...
Le quatrième jour férié national rappellera certainement quelque chose aux alsaciens, puisqu'il s'agit ni plus ni moins que du vendredi saint, le jour férié que toute la France de l'intérieur nous envie ! En Australie, c'est comme en Alsace : le vendredi saint est le point de départ d'un long week-end de quatre jours (du vendredi au lundi) pendant lesquels personne ne travaille, en signe de respect pour un type qui a eu la délicatesse de mourir pour nous sur une croix il y a 2000 ans (c'est dingue, les prétextes qu'on peut trouver pour refuser de travailler quand même). A ce niveau là, je ne serai pas dépaysé !
Le prochain jour férié nous ramène à l'histoire politique du pays, puisqu'il s'agit de l'anniversaire de la reine. Evidemment, ce jour varie selon la royale personne qui siège sur le trône. Alors, plutôt que de changer sans cesse de jour férié, les australiens ont décidé qu'ils fêteraient l'anniversaire de la reine le deuxième lundi de juin, quelle que soit la personne en place, même si l'anniversaire a en fait lieu un autre jour. Je ne sais pas si c'est une coutume australienne de fêter l'anniversaire de quelqu'un un autre jour que celui de sa naissance. Peut-être ont-ils été traumatisés par Alice au pays des merveilles. Je me demande d'ailleurs ce qu'Elizabeth en pense...
Mais laissons là cette chère Queen et passons au jour férié suivant. Il s'agit du 25 décembre, jour de la naissance du type mort sur la croix dont nous parlions plus haut (pour une raison étrange, son nom m'échappe). Le jour qui suit, le 26 décembre, est également férié (encore un point commun avec l'Alsace).
Vous me direz, mais où est passée la fête du travail ? Sont-ils libéraux au point de ne même pas fêter les travailleurs dans ce pays ? Non, je vous rassure, cependant, il n'y a pas de fête nationale du travail comme le 1er mai chez nous. Tout dépend en fait des Etats : ainsi, en Nouvelles-Galles-du-Sud (Etat dont Sydney est la capitale), le Labour Day se fête le 1er lundi d'octobre, tandis que dans l'Etat de Victoria, on le fête le second lundi de mars. Ne me demandez pas pourquoi cette différence, je n'en sais absolument rien ! Toujours est-il que la fête du travail se fête dans tous les Etats, mais pas le même jour.
Une fois ces jours fériés nationaux passés en revue, sachez qu'il existe encore des jours fériés spécifiques à chaque Etat, où chacun fête quelque chose que le voisin ne fête pas. Par exemple, Bob, habitant de la Tasmanie, pourra se foutre de la gueule de Steve, habitant des Nouvelles-Galles-du-Sud, qui est obligé de travailler le mardi de Pâques, alors que ce jour est férié en Tasmanie (pourquoi, mystère). Et Steve pourra se foutre de la gueule de Bob lorsque celui-ci devra se lever aux aurores le premier lundi d'Octobre, jour férié en Nouvelles-Galles-du-Sud, mais pas en Tasmanie. C'est bien foutu, chacun des deux se retrouve au moins une fois dans la position de celui qui peut faire la grasse matinée alors que l'autre doit pointer. Et je ne connais rien de plus réconfortant que de se dire que pendant que vous êtes en vacances, il y a des pauvres types que sont obligés de passer la journée au bureau...
Après un mardi plutôt calme où je n'ai rien fait d'autre que compléter ma collection d'accessoires indispensables en achetant une éponge, un égouttoir et un sèche-cheveux, le mercredi a été consacré au retrait de la carte d'étudiant. Pas de soucis, c'était très bien indiqué. En fin d'après-midi, je me suis rendu au cocktail donné par le Vice Chancellor pour accueillir les étudiants étrangers. Il s'agissait ni plus ni moins d'un buffet, au cours duquel le Vice Chancellor nous a gratifié d'un discours similaire à ce que nous avions déjà entendu lors de la journée d'accueil. J'ai encore eu l'occasion de rencontrer un étudiant français originaire de Paris, et un étudiant espagnol originaire de Madrid. Un truc bizarre d'ailleurs, c'est que tous ces gens ont trouvé sans problèmes une place en résidence universitaire alors que d'après ce qu'ils me disent, ils n'ont pas fait la demande plus tôt que moi. Faut croire que je n'ai pas eu de chance...
Bref, le cocktail n'a rien eu de très échevelé. Beaucoup de monde, une nourriture de qualité moyenne, et pas d'alcool.
Après cette journée plutôt calme, la journée du mercredi a été consacrée à plusieurs choses. D'abord, la (ré)ouverture (oui, j'ai du recommencer le processus à cause d'une erreur dans le premier dossier) d'un compte en banque à la citibank, une banque avec des employés chinois qui prononcent le nom de leur banque "shittybank" (traduction, "banque de merde", j'espère que c'est juste une erreur de prononciation qui ne recouvre aucune réalité concrète). En même temps, je peux toujours me moquer, mais mon accent n'est pas non plus parfait.
Ensuite, je suis allé retirer ma carte medibank (la sécu locale, qui ne couvre pas grand-chose et qui ne rembourse pas à 100%, un peu comme notre chère mutuelle étudiante, la MGEL). Enfin, comme je n'avais rien d'autre à faire, j'ai consacré le reste de la matinée à visiter le centre ville. C'est là qu'on se rend compte que Sydney est une ville très cosmopolite : outre les gens d'origine européenne, on trouve des gens d'origine asiatique, des gens d'origine asiatique, et des gens d'origine...asiatique, oui, vous avez deviné (comment avez-vous fait ?). Sans oublier les gens originaires de l'extrême orient. Eh oui, le centre ville se trouve tout près du quartier chinois (dont l'entrée est ornée d'un arbre d'or que vous voyez sur la photo), que j'ai arpenté sans but, pour voir un peu comment c'était. J'ai été, je dois le dire, assez déçu. Il ne se distingue en rien des autres quartiers de la ville, si on met de côté le fait qu'il y a plein de chinois (à peine plus qu'ailleurs) et que les pancartes et autres enseignes sont écrites en chinois (ne me demandez pas si c'est du cantonais ou du mandarin, je serai incapable de vous répondre). J'en ai profité pour aller manger dans un restaurant chinois, pour voir si c'était comme en France. Eh bien, pas vraiment. La nourriture disponible est grosso modo la même (nouilles sautées, nems, thé au jasmin...). Mais le service n'est pas fait de la même façon : vous ne commandez pas votre nourriture auprès d'un serveur, vous la choisissez sur des chariots que les serveurs poussent devant vous tout au long du repas. L'avantage, c'est que ça prend moins de temps. Le désavantage, c'est que vous n'avez pas vraiment le temps de réfléchir à ce que vous voulez : étant donné l'affluence qu'il y avait, les serveurs n'ont pas de temps à perdre, et si vous avez le malheur de réfléchir trop longtemps, ils considèrent que vous ne voulez rien et repartent à la table située à côté de la vôtre. Vous pouvez également vous retrouver avec un plat principal avant que le chariot des entrées ne soit passé. Autre différence avec la France, pas question de manger avec une fourchette : le serveur m'a regardé avec des gros yeux quand je lui en ai demandé une, comme si je venais de proférer une grossièreté. Tant pis, je me suis débrouillé avec les baguettes. Pour les nouilles, ça ne posait pas de problèmes, par contre, pour les ailes de poulet, j'ai dû me résoudre, après plusieurs tentatives pitoyables de les faire tenir dans mes baguettes, à les manger avec les doigts. Ne me regardez pas comme ça, j'aurais aimé vous y voir, elles n'arrêtaient pas de glisser de mes baguettes, ces saloperies, malgré mes efforts désespérés de leur faire entendre raison (je crois que les clients à côté ont trouvé ça très drôle, mais comme ils parlaient en chinois, je ne sais pas si c'était de moi qu'ils riaient). Et de toutes façons, il n'y avait pas de sauce, ce n'était donc pas si dégueulasse de les manger avec les doigts.
Un dernier mot sur la clientèle du restaurant : je crois que j'étais la seule personne à ne pas être d'origine asiatique. Personne ne parlait anglais, je me suis donc senti un peu seul. Là, on était vraiment dans Chinatown. Mais bon, le repas était bon, copieux, et pas si cher (23 dollars, une quinzaine d'euros), ma petite escapade en Chine n'était donc pas si désagréable.
Une fois le repas terminé, je suis retourné dans ma banlieue, un peu déçu de Chinatown mais rassasié. Il semble d'ailleurs que ma déception soit dûe au fait que j'ai manqué LA principale attraction de Chinatown, à savoir les jardins chinois de la félicité, construits sur les modèles des jardins privés de la dynastie Ming. Il est très rare de trouver des jardins de ce type ailleurs qu'en Chine. Ca en jette, non ? Et dire que j'ai loupé ça...pas grave, j'y retournerai demain. C'est pas comme si j'avais pas le temps.
La fin de l'après-midi a été consacré au début de mon enquête sur les boissons locales (oui, j'ai décidé de donner de ma personne pour découvrir les breuvages australiens et ainsi m'immerger dans la culture du pays). Premier achat, la bière la plus populaire ici, la Victoria Bitter (non, ne parlez même pas de la Fosters à un Australien, il vous regardera comme si vous veniez de lui proposer du cyanure). La Victoria Bitter est une bière standard de type lager, légèrement amère, qui rappelle un peu la Heineken, mais en mieux. Ce qui ne gâche rien, c'est qu'elle est vendue en pack de 6 bouteilles de 37,5 cl et non pas 33 cl comme en France, le tout pour un prix équivalent.
Premier essai concluant, donc. Demain, j'attaque la XXXX (prononcer "Four X"), une bière du Queensland. Il faudra aussi que je pense à essayer le vin australien...