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L'Alsace au 36ème dessous : bienvenue sur le blog d'un étudiant strasbourgeois parti un an à Sydney. Catégorie : Blog Journal intime Date de création :
22.07.2007 Dernière mise à jour :
24.07.2008
Voici la parade d'inauguration, au cours de laquelle ont été joués l'hymne national Australien (moment solennel, tout le monde se lève et entonne le chant, quel patriotisme), ainsi que "Bluebell of Scotland", chant traditionnel écossais. Il y avait environ 20000 personnes pour assister à ça.
En ce samedi 5 avril, je suis allé me rendre dans un petit village du nom de Bundanoon dans les Southern Highlands (la région de Moss Vale, ville où je m'étais égaré il y a quelques mois sur le chemin de Goulburn). Pourquoi suis-je allé dans ce petit village ? Parce qu'on y organisait le festival annuel "Bundanoon is Brigadoon", un des plus grands rassemblements autour de la culture celtique et écossaise de la planète...rien que ça.
Mais peut-être que vous ne savez même pas ce qu'est Brigadoon. Brigadoon est le nom d'un village écossais légendaire qui est censé n'apparaître qu'une fois tous les cent ans (bien que pour les habitants du village, ces cent années passent à la vitesse d'une nuit). Un film en a été tiré avec Gene Kelly et Cyd Charisse : deux touristes américains découvrent le village par hasard, et l'un d'eux tombe amoureux d'une fille du village (la plus belle, comme de juste). La belle ne peut malheureusement pas accompagner son amoureux, car si un seul habitant de Brigadoon quittait le village, le charme serait rompu et Brigadoon disparaîtrait à jamais dans la nuit. Au final, c'est donc Gene Kelly qui va rester dans le village, non sans être revenu aux Etats-Unis entre-temps (normalement, il n'aurait pas dû retrouver le village puisqu'il n'apparaît qu'une fois tous les cent ans, mais comme il est dit dans le film, "anything is possible). Et tout est bien qui finit bien dans ce village hors du temps.
Enfin bref, si un tel village n'existe pas dans la réalité (du moins à ma connaissance), le festival "Bundanoon is Brigadoon", lui, est bien réel. Comme vous pouvez le voir, ils ont même changé le nom de la gare pour cette journée particulière. Welcome to Brigadoon.
Il ne s'agit cependant pas de rejouer le film, contrairement à ce que je pensais au départ. C'est plutôt, comme je vous l'ai dit en intro, un immense rassemblement destiné à célébrer la culture celtique et écossaise. J'ai donc eu la chance d'assister à une journée de joyeuses festivités se déroulant au son des cornemuses, tout en me promenant dans les nombreux stands proposant des objets typiquement écossais à des prix prohibitifs (eh oui, ils sont écossais jusqu'au bout), ainsi que de la nourriture typiquement écossaise (traditional scottish pie, haggis, etc...).
Bref, c'était une journée bien remplie, je me suis amusé à regarder des mastodontes lancer des troncs et des gens en kilt jouer de la cornemuse. Une bonne journée, quoi...
Pas grand-chose d'excitant à vous raconter, donc on continue avec un peu d'humour Australien, d'abord en VO, puis en version traduite. Il s'agit d'une série de questions posées sur internet par des touristes visiblement assez peu au fait des réalités du pays...les réponses des responsables du site sont assez délirantes et sont un bon échantillon de l'humour local.
The questions below about Australia, are from potential visitors. They were posted on an Australian Tourism Website and the answers are the actual responses by the website officials, who obviously have a sense of humour.
Q: Does it ever get windy in Australia? I have never seen it rain on TV, how do the plants grow? (UK)
A: We import all plants fully grown and then just sit around watching them die.
Q: Will I be able to see kangaroos in the street? (USA)
A: Depends how much you've been drinking.
Q: I want to walk from Perth to Sydney - can I follow the railroad tracks?
(Sweden)
A: Sure, it's only three thousand miles, take lots of water.
Q: Is it safe to run around in the bushes in Australia? (Sweden)
A: So it's true what they say about Swedes.
Q: Are there any ATMs (cash machines) in Australia? Can you send me a list of them in Brisbane, Cairns, Townsville and Hervey Bay? (UK)
A: What did your last slave die of?
Q: Can you give me some information about hippo racing in Australia? (USA)
A: A-fri-ca is the big triangle shaped continent south of Europe.
Aus-tra-lia is that big island in the middle of the Pacific which does not... oh forget it. Sure, the hippo racing is every Tuesday night in Kings Cross. Come naked.
Q: Which direction is North in Australia? (USA)
A: Face south and then turn 180 degrees. Contact us when you get here and we'll send the rest of the directions.
Q: Can I bring cutlery into Australia? (UK)
A: Why? Just use your fingers like we do.
Q: Can you send me the Vienna Boys' Choir schedule? (USA)
A: Aus-tri-a is that quaint little country bordering Ger-man-y, which is...oh forget it. Sure, the Vienna Boys Choir plays every Tuesday night in Kings Cross, straight after the hippo races. Come naked.
Q: Can I wear high heels in Australia? ( UK)
A: You are a British politician, right?
Q: Are there supermarkets in Sydney and is milk available all year round?
(Germany)
A: No, we are a peaceful civilization of vegan hunter/gatherers. Milk is illegal.
Q: Please send a list of all doctors in Australia who can dispense rattlesnake serum. (USA)
A: Rattlesnakes live in A-meri-ca which is where YOU come from. All Australian snakes are perfectly harmless, can be safely handled and make good pets.
Q: I have a question about a famous animal in Australia, but I forget its name. It's a kind of bear and lives in trees. (USA)
A: It's called a Drop Bear. They are so called because they drop out of Gum trees and eat the brains of anyone walking underneath them. You can scare them off by spraying yourself with human urine before you go out walking.
Q: Do you have perfume in Australia? (France)
A: No, WE don't stink.
Q: I have developed a new product that is the fountain of youth. Can you tell me where I can sell it in Australia? (USA)
A: Anywhere significant numbers of Americans gather.
Q: Can you tell me the regions in Tasmania where the female population is smaller than the male population? (Italy)
A: Yes, gay nightclubs.
Q: Do you celebrate Christmas in Australia? (France)
A: Only at Christmas.
Q: I was in Australia in 1969 on R+R, and I want to contact the girl I dated while I was staying in Kings Cross. Can you help? (USA)
A: Yes, and you will still have to pay her by the hour.
Q: Will I be able to speak English most places I go? (USA)
A: Yes, but you'll have to learn it first.
Traduction (entre parenthèses, mes remarques) :
Q: Est-ce qu'il y a parfois du vent en Australie ? Je n'y ai jamais vu de pluie à la télé, comment les plantes font-elles pour pousser ? (Angleterre)
R: Nous importons toutes nos plantes à maturité, et ensuite nous nous contentons de les regarder crever.
(Quelle cruauté pour les plantes, mais que fait Greenpeace ?)
Q: Est-ce que je pourrais voir des kangourous dans la rue ? (USA)
R: Tout dépend de ce que vous aurez bu.
(Avec du Bundy Rum, ça marche ?)
Q: Je voudrais marcher de Sydney à Perth, puis-je le faire en suivant la voie ferrée ? (Suède)
R: Bien sûr, ça ne représente que 4000 km, n'oubliez pas d'emporter beaucoup d'eau. (Pas besoin d'eau voyons, il pleut très souvent sur ce trajet)
Q: Est-ce qu'il n'est pas dangereux de courir dans les buissons en Australie ? (Suède)
R: Ce qu'on dit des Suédois est donc vrai...
(Je me demande ce qu'on dit sur les Suédois...)
Q: Est-ce qu'il y a des distributeurs automatiques en Australie ? Pouvez-vous m'en envoyer une liste pour Brisbane, Cairns, Townsville et Hervey Bay ? (Angleterre)
R: De quoi est mort votre dernier esclave ?
(De consternation face à la stupidité de son maître ?)
Q: Pouvez-vous me renseigner sur les courses d'hippopotames en Australie ? (USA)
R: L'AFRIQUE est le grand continent en forme de triangle au Sud de l'Europe. L'AUSTRALIE est cette grande île au milieu du Pacifique où il n'y a pas...oh, oubliez ça. Bien sûr, il y a des courses d'hippopotames tous les Mardi soirs à Kings Cross. N'oubliez pas de venir nu.
(Ah oui, mais si les hippopotames sont nus, comment les différencie-t-on pour savoir qui a gagné ? Ah bon, c'est pas les hippopotames qui sont nus ?)
Q: Dans quelle direction se trouve le Nord en Australie ? (USA)
R: Faites face au Sud et tournez de 180 degrés. Contactez-nous lorsque vous y serez et nous vous communiquerons de nouvelles instructions.
(D'accord, mais comment on est censé trouver la direction du Sud ?)
Q: Puis-je emmener des couverts en Australie ? (Angleterre)
R: Pourquoi ? Faites comme nous, utilisez vos doigts.
(Il ne faut pas oublier de se les enduire de Vegemite avant, pour que la nourriture ne vous glisse pas des mains)
Q: Pouvez-vous m'envoyer le programme de la Chorale de Vienne ? (USA)
R: L'AUTRICHE est ce petit pays à côté de l'ALLEMAGNE, qui se trouve...oh, oubliez ça. Bien sûr, la Chorale de Vienne joue tous les Mardi soirs à Kings Cross, juste après les courses d'hippopotames. N'oubliez pas de venir nu.
(Je croyais que les dîners de cons, c'était le Mercredi soir...)
Q: Puis-je porter des talons hauts en Australie ? (Angleterre)
R: Vous êtes un homme politique britannique, n'est-ce pas ?
(J'avoue que celle-là, j'ai du mal à la comprendre...peut-être une allusion aux manières efféminées de la haute société britannique ?)
Q: Y a-t-il des supermarchés à Sydney et y trouve-t-on du lait durant toute l'année ?
(Allemagne)
R: Non, nous sommes une civilisation pacifique qui vit de chasse et de cueillette. Le lait est illégal ici.
(Oui, les Australiens cueillent la Vegemite sur les arbres, et ils chassent le Koala en chevauchant des Kangourous, mais gare aux Drop Bears qui sont à l'affût...)
Q: Pouvez-vous m'envoyer une liste des médecins en Australie qui peuvent fournir du sérum contre le venin de serpent à sonnette ? (USA)
R: Les serpents à sonnettes vivent aux ETATS-UNIS, qui est le pays d'où vous venez. Les serpents Australiens sont tous parfaitement inoffensifs, on peut les porter sans dommages et ils font de très bons animaux de compagnie.
(On peut même utiliser leur venin comme fortifiant : chaque matin, avant votre jogging, laissez-vous mordre par un taïpan pour vous donner un bon coup de fouet : si quelqu'un pouvait passer le tuyau à Sarkozy pour son prochain footing...)
Q: J'ai une question à propos d'un animal Australien, mais j'ai oublié son nom. C'est une sorte d'ours qui vit dans les arbres. (USA)
R: Ce sont des Drop Bears. On les appelle ainsi parce qu'ils tombent des arbres et mangent le cerveau de ceux qui passent en dessous. On peut les éloigner en s'aspergeant d'urine avant de sortir.
(Quand je vous disais qu'ils rôdaient partout...)
Q: Avez-vous du parfum en Australie ? (France)
R: Non, on ne pue pas chez nous.
(Sauf quand ils s'enduisent de Vegemite pour repousser les Drop Bears)
Q: J'ai inventé un nouveau produit, la fontaine de jouvence. Pouvez-vous me dire où je pourrais le vendre en Australie ? (USA)
R: A n'importe quel endroit où l'on trouve un nombre significatif d'Américains.
(Il est à noter que ce produit peut aussi servir à éloigner les Drop Bears)
Q: Pouvez-vous m'indiquer les régions de Tasmanie où l'on trouve plus d'hommes que de femmes ? (Italie)
R: Oui, les nightclubs gays.
(Il y a donc des nightclubs en Australie ?)
Q: Fêtez-vous Noël en Australie ? (France)
R: Oui, mais seulement à Noël.
(Et ils ne fêtent Pâques qu'à Pâques...)
Q: J'étais en Australie en 1969, et je voudrais contacter la fille avec qui je suis sorti pendant que j'étais à Kings Cross. Pouvez-vous m'aider ? (USA)
R: Oui, mais vous devrez toujours la payer à l'heure.
(Il faut savoir que Kings Cross est le quartier des putes, pardon, des "filles de joie", à Sydney...)
Q: Est-ce que je pourrai parler Anglais dans la plupart des endroits où j'irai en Australie ? (USA)
R: Oui, mais vous devrez l'apprendre d'abord.
(Pour ça, il faudra d'abord s'acheter un cerveau, et comme y'a pas de supermarchés à Sydney, il aura du mal à en trouver un...)
Vous remarquerez que beaucoup de questions stupides sont posées par des Américains, même si les Européens ne sont pas en reste...notamment la question sur le parfum posée par un Français, qui est très cruelle pour nous.
Evidemment, on peut se moquer de tous ces imbéciles qui posent des questions à deux francs, mais avant de le faire, posez-vous vous même cette question : sachant que l'Australie est au bout du monde et que ce qui s'y passe n'intéresse quasiment personne, seriez-vous vous-même à l'abri de ce genre de boulettes ? Quelle question stupide avez-vous déjà eu envie de poser en toute honnêteté sur ce pays ? Du genre "y a-t-il de la confiture en Australie", "est-ce que les Aborigènes chassent toujours le Kangourou à coups de boomerang", "est-ce qu'on peut sortir sans se faire mordre par une araignée", "est-ce que tous les Australiens savent attraper des crocodiles au lasso", etc...n'hésitez pas, posez-les dans vos commentaires, on verra si j'ai quelque chose de marrant à y répondre...
Voici une petite vidéo très drôle réalisée par des étudiants du Queensland. Elle met en scène un jeune homme qui tente de retirer 20 dollars à un distributeur Westpac (une des principales banques Australiennes). Avant d'aller plus loin, il faut que je vous explique ce que sont les distributeurs Westpac. Ils assurent les mêmes fonctions que n'importe quel autre distributeur, sauf que c'est une jolie jeune fille au sourire niais qui vous demande à chaque étape ce que vous voulez faire (retirer de l'argent, regarder l'état de votre compte, envoyer une lettre à votre grand-mère). D'habitude, ça ne change rien à l'affaire, si ce n'est que vous avez une belle vue pendant votre transaction, mais en l'occurence, ce jeune homme va se rendre compte que parfois, la jeune fille du distributeur Westpac ne se contente pas seulement de vous assister dans vos opérations...
C'est pas très dur à comprendre, mais pour ceux qui auraient du mal avec l'Anglais, voici une traduction :
(Le type arrive devant le distributeur, il insère sa carte)
La fille : Bonjour, et bienvenue chez Westpac !
(Le type entre son code)
La fille : Veuillez choisir l'un de ces comptes : compte courant, compte épargne, compte crédit, ou autre.
(Le type choisit)
La fille : Quelle somme voulez-vous retirer ?
(Le type choisit 20 dollars)
La fille : Vous avez choisi 20 dollars, ce choix est-il correct ?
(Le type confirme, et c'est là que les choses deviennent bizarres)
La fille : Vous êtes vraiment sûr de vouloir 20 dollars ?
(Le type fronce les sourcils et confirme)
La fille : Je veux dire, vous n'avez pas grand-chose sur votre compte en ce moment...
(Le type s'étonne)
La fille : C'est pour acheter quelque chose à votre copine, peut-être ?
(Le type sourit bêtement et confirme, il ne sait pas encore ce qu'il va déclencher)
La fille : Vous êtes sérieux ??
(Le type confirme)
La fille : Quel radin ! Vous n'allez dépenser que 20 dollars pour votre copine ? Vous êtes pathétique !!
(Le type ne comprend pas ce qui se passe, là-dessus, sa copine arrive, il essaie de lui expliquer que le distributeur n'est pas très coopératif)
La fille : Voulez-vous un reçu ?
(La copine ne comprend pas quel est le problème puis repart, laissant le type désemparé)
La fille : Elle est mignonne !
(Le type sourit bêtement et fait oui de la tête)
La fille : Depuis combien de temps êtes-vous ensemble ?
(Le type répond "3 mois")
La fille : Vous avez entré "3 mois", est-ce correct ?
(Le type confirme)
La fille : Elle vous trompe !
(Le type fait non de la tête)
La fille : Sérieusement, monsieur 20 dollars, je l'ai vu avec un autre gars !
(Le type refuse de la croire)
La fille : Ben si ! J'ai une caméra !
(Le type ne veut pas y croire)
La fille (en montrant une photo de sa copine avec un autre gars) : Ils étaient ici la semaine dernière à se faire des câlins !
(Le type n'en croit pas ses yeux)
La fille : Franchement, regardez-moi ce mec, il est bien charpenté ! C'est sûrement un prof de sport !
(Le type regarde ses propres biceps qui font pâle figure à côté du gars de la photo)
La fille : Woah, je la comprends, il est vraiment pas mal !
(Le type semble au bord de la crise de nerfs)
La fille : Je vais enregistrer ça ! Viens chez maman !
(Le type est sur le point de sortir de ses gonds)
La fille : Oups, désolé, je me suis un peu laissée emporter...
(Le type confirme tristement)
La fille : Ne vous inquiétez pas, il y a d'autres poissons dans l'océan !
(Le type regarde la fille, l'air de dire "pourquoi pas toi, poupée ?")
La fille : Hé, t'étais en train de me mater, pas vrai ?
(Le type confirme)
La fille (en montrant un doigt au type) : Va te faire mettre, espèce de radin, pauvre loser !
(Le type recule, l'air effrayé)
La fille : Reprends ta carte et tes minables 20 dollars, profites-en pendant que t'as encore de l'argent !
(Le type, énervé, prend son fric et s'en va; là-dessus, la machine fait "bip bip bip" comme s'il y avait une erreur, le type y retourne, la fille a disparu de l'écran, mais un autre gars l'a remplacée)
Le gars : Hé, tête de con, je rêve où t'étais en train de mater ma copine ?!!
(Le type effrayé s'enfuit en courant, c'est sans doute la dernière fois qu'il utilise un distributeur Westpac)
Fin.
J'espère que ça vous a autant fait rigoler que moi !
Aujourd'hui, nous allons abandonner la culture Australienne pour nous attaquer à la sous-culture de ce beau pays. En l'occurence, je vais vous parler d'une autre de ces étranges espèces animales qui peuplent ce continent : les bogans, ou de leur nom scientifique homo sapiens boganus.
Mais qu'est-ce que c'est donc que cela ? Qu'est-ce qu'un bogan ? Eh bien, un bogan est l'équivalent Australien de notre beauf Français immortalisé par Cabu. Ainsi, le bogan est un beauf Australien. Les deux se ressemblent beaucoup, même s'il y a des spécificités chez le bogan qu'on ne retrouve pas chez le beauf.
Les homo sapiens boganus ont une anatomie remarquablement similaire à la nôtre, si ce n'est qu'ils ont plus tendance à l'embonpoint que nous autres homo sapiens sapiens (sans doute en raison de la quantité impressionnante de bière qu'ils ingurgitent chaque jour). Certains prétendent que les homo sapiens boganus peuvent s'accoupler avec les homo sapiens sapiens, mais aucune preuve scientifique sérieuse n'a jamais été apportée pour étayer cette affirmation grotesque. D'accord, ils ne peuvent pas s'accoupler avec nous, me direz-vous, mais si leur anatomie ressemble à la nôtre, comment faire pour reconnaître un bogan autrement qu'en essayant d'avoir un enfant avec lui ? Eh bien, il existe quelques caractéristiques qui, lorsqu'elles se retrouvent de manière cumulative chez un individu, montrent que l'on est immanquablement en présence d'un bogan. Attention, car le fait de retrouver une seule de ces caractéristiques chez quelqu'un n'est pas suffisant pour le qualifier de bogan, il faut en effet que ces "qualités" se cumulent. Comme on dit en droit pénal, il faut un faisceau de présomptions concordantes pour arriver à la conclusion que la personne que vous êtes en train d'observer est un bogan. Mais quels sont les indices qu'il faut réunir ?
Commençons par le style vestimentaire du bogan : sempiternellement en shorts et en tongs, parfois torse nu (y compris dans des lieux publics), mais le plus souvent affublé d'un marcel qui laisse voir ses poils sous les bras, le bogan porte en général des chaussettes hautes malgré la chaleur, et il est assez fréquemment coiffé du chapeau Australien typique. Ce chapeau, qui est plus une protection contre le soleil qu'un accessoire de mode, le bogan le porte même lorsqu'il se trouve dans un lieu abrité tel un bar, endroits dans lesquels il passe la plupart de son temps pour regarder un match ou une course de chevaux, tout en sirotant un verre de Bundy Rum (la boisson typique des Bogans, dont je vous parlais dans un post précédent), ou une mauvaise bière. Outre regarder des matchs, le bogan adore les jeux de hasard (gambling comme on dit ici). Les Australiens sont en effet des parieurs invétérés, et les bogans sont encore pires que l'Australien moyen à ce niveau.
Comme le beauf, le bogan n'a que peu de considérations pour son environnement immédiat et tout ce qui dépasse sa propre personne ne l'intéresse que modérément (c'est pour ça qu'il vote John Howard). Le bogan est également grossier et fier de l'être. Les Australiens ne sont généralement pas avares de termes fleuris dans leur vocabulaire, mais le bogan atteint ici des sommets (ou des profondeurs, ça dépend du point de vue) difficilement imaginables. En fait, ce ne sont pas tant les mots qu'il utilise (fuck, cunt, shit) que la fréquence avec laquelle il les emploie qui force le respect. Ainsi, un bogan peut utiliser plusieurs fois le mot "fuck" dans une seule phrase. Exemple typique : "Fuck you, I'm gonna fuckin' knife you, you fuckin' cunt", ce qui veut dire en gros "je vais te casser ta putain de gueule". Car le bogan ne dédaigne pas recourir à l'intimidation verbale quand il est bien imbibé (c'est-à-dire à peu près tout le temps). Cependant, il ira rarement jusqu'à la violence physique. Non pas qu'il soit pacifique. "Peureux" serait un terme plus adéquat.
Le bogan est le plus souvent un homme, mais il existe aussi des femmes bogans, qui se comportent à peu près de la même manière que leurs équivalents masculins. Si elles consomment moins d'alcool que les hommes, elles partagent néanmoins avec eux un mépris pour l'hygiène, la mode et le bon goût. Pour vous donner un autre exemple de ce mauvais goût, examinons la coiffure du bogan, qui est le plus souvent échappée des années 1980 : ainsi, le bogan typique porte des cheveux courts sur le devant, mi-longs derrière et qui descendent jusqu'aux épaules, un peu dans le style de Rudi Völler ou de McGyver. Ce style de coiffure est connu ici sous le nom de "mullet", et ça fait bien 20 ans qu'il est dépassé. Mais les bogans n'en ont cure, ils ne vivent pas dans le même espace temporel que nous.
L'origine du terme "bogan" est assez incertaine, certains pensent qu'il vient d'Irlande, où "Bogan" est un nom de famille très répandu. L'Australie a en effet accueilli une importante immigration irlandaise au cours de son histoire, et une grande partie des caractéristiques associées au bogan sont perçues comme typiquement irlandaises. Quoi qu'il en soit, le terme a été popularisé dans les années 1980 par l'intermédiaire d'une série télévisée intitulée "The Comedy Company", qui mettait en scène un personnage typiquement bogan.
Le trait le plus marquant de la personnalité d'un bogan, c'est qu'il n'a aucun complexe. Il assume pleinement ses manières, sa façon de s'habiller et sa façon de parler. Mais il ne supportera pas qu'on lui accole ce qualificatif infamant de "bogan". Certains groupes adeptes du second degré ont cependant essayé de rendre aux bogans leur fierté en s'appropriant volontairement le terme et en revendiquant la "beauté" des habitudes bogans. Hélas, malgré leurs efforts, le terme reste extrêmement insultant et il vaut mieux ne pas l'utiliser à l'encontre de quelqu'un, sauf si vous tenez à le vexer. Ainsi, à l'instar du beauf Français, le bogan est celui dont on adore se moquer mais dont on a du mal à admettre que, peut-être, parfois, on lui ressemble un peu sur certains points...
(Si vous souhaitez approfondir vos connaissances sur les bogans, allez visiter ce site : http://www.bogan.com.au)
Samedi, j'étais invité à un mariage. Celui de ma proprio (Nancy) et de son fiancé (Paul), que vous voyez sur la photo (eh oui, je poste enfin des photos de gens, félicitez-moi). C'est l'occasion de vous parler des différences avec un mariage à la française.
Déjà, la phase de l'invitation a été assez informelle. Je n'ai pas reçu de joli carton bien solennel, la proprio m'a simplement dit en passant qu'elle allait se marier samedi le 1er mars et m'a donné l'heure et l'endroit en disant que j'étais le bienvenu et qu'elle serait contente si je venais. Bon, d'accord, je veux bien, que je lui ai dit.
Une fois le jour J arrivé, je me rends au lieu de la célébration. Une très jolie église, dont je vous épargne la photo, perdue au milieu des arbres dans une banlieue de Sydney. On se serait cru en pleine campagne, alors qu'il y avait un centre commercial immense à quelques centaines de mètres. L'église s'appelait la "All Saints Church" de Woollahra, c'était une église anglicane du XIXè siècle. Une fois à l'intérieur et après avoir pris un programme, je suis surpris du peu de monde qu'il y avait. Une quarantaine de personnes tout au plus, rien de grandiloquent. L'intérieur du bâtiment est très joli, l'ambiance est intimiste. Il n'y a pas de chorale, ni d'orgue, mais un groupe complet avec flûtiste, clarinettiste, pianiste, batteur, guitariste, et deux très jolies chanteuses à la voix de cristal pour chanter des chansons sur Jésus (incroyable dans une église, non ?).
La cérémonie elle-même a duré moins d'une heure. On commence par la traditionnelle entrée des demoiselles d'honneur, suivies de la mariée qui se dirige vers l'autel au bras de son père, tandis que son fiancé ému l'attend. Puis, le prêtre commence la cérémonie, nous remercie d'être venus, et demande si quelqu'un a une raison valable de s'opposer à cette union (bizarrement, personne n'a répondu). Ensuite, on prie, on chante, on lit des passages de la bible, le prêtre (ou plutôt le pasteur) fait son sermon. Puis vient le moment de l'échange des voeux (exchange of vows), où chacun lit un texte qu'il a préparé à l'intention de son futur époux. Puis, on échange les anneaux, on se jure fidélité, on dit "I do", et le pasteur vous déclare "husband and wife". Petite particularité, il a même demandé à l'assistance si nous allions les soutenir au cours de leur vie de couple et leur rappeler leur engagement, ce à quoi nous avons répondu "we will". J'ai donc moi-même pris un engagement, même si je n'étais qu'un simple invité.
Là-dessus, les mariés ont signé un registre, la cérémonie s'est achevée, les invités ont commencé à prendre des photos, puis nous nous sommes dirigés vers le jardin où nous attendaient un buffet et des rafraîchissements sans alcool (grrr). Bizarrement, la fête s'est arrêtée là après environ deux heures, il n'y avait pas de grand repas prévu ensuite, dans la mesure où les mariés s'envolaient le soir même pour l'Amérique du Sud pour leur voyage de noces (ou plutôt leur "honeymoon" comme on dit ici).
En tout cas, c'était sympa, j'ai parlé avec quelques personnes (il y avait des gens de partout, de Chine, d'Australie, de Singapour...), et j'ai bien aimé le côté simple du mariage. Pas de folie des grandeurs, pas d'apéro immense ni de fête s'étirant sur toute la nuit. Finalement, c'était pas plus mal...
Il existe en Australie un animal terrible. Bien plus dangereux que le grand requin blanc, l'araignée à dos-rouge, le serpent taïpan, la méduse-boîte et le scorpion du désert réunis. Un animal qui doit vous faire frissonner encore plus qu'un contrôleur fiscal acariâtre, un animal qui possède dans ses crocs plus de venin mortel qu'un discours de Jean-Marie Le Pen. Cet animal s'appelle le "Drop Bear", qu'on peut traduire par "Ours qui tombe". Pourquoi ce nom étrange ? Vous allez comprendre...
Le Drop Bear vit dans les arbres et ressemble vaguement à un koala en plus grand. La ressemblance s'arrête là, car le Drop Bear n'est pas un mignon petit ourson qui se contente de manger des feuilles d'eucalyptus et de dormir toute la journée. Non, le Drop Bear est une créature vicieuse, qui n'attend que de vous voir passer en dessous de l'arbre où il se poste pour vous attaquer sauvagement en se laissant tomber sur vous (d'où le nom). S'il parvient à s'accrocher à votre tête, alors malheur à vous : après vous avoir injecté un venin paralysant à l'aide de ses crocs, il vous dévorera le cerveau tandis que vous serez encore conscient mais totalement impuissant. Vous n'aurez plus qu'à le regarder se repaître goulûment de votre encéphale, tandis que vous plongerez petit à petit vers les ténèbres de la mort. Une mort lente, douloureuse, que l'on ne peut souhaiter à personne, même pas à notre mini-président, qui mériterait pourtant un bon coup de pied au cul de temps en temps...
Et là, si vous êtes intelligents, vous vous dites : c'est pas possible, il nous fait marcher, ça n'existe pas un truc comme ça, même en Australie ! Si vous vous dites ça, eh bien, vous avez raison. Le Drop Bear n'est en fait qu'une légende, un attrape-touriste, une blague que les Australiens aiment raconter aux visiteurs naïfs. Il paraît que si l'histoire est bien narrée, si vous n'en faites pas des caisses (évitez par exemple l'histoire du venin, c'est quand même un peu gros), et si votre interlocuteur n'est pas biologiste, il y a toutes les chances qu'il vous croie, tant il est vrai que l'Australie regroupe les animaux les plus étranges. Les remèdes les plus farfelus sont alors proposés au touriste effrayé et désireux d'éviter tout contact avec un Drop Bear : se balader avec une fourchette dans les cheveux (pour que le Drop Bear s'empale dessus), marcher sur les mains (en prenant le risque que le Drop Bear vous bouffe les couilles), ou encore s'enduire les oreilles de Vegemite (le genre de truc qui fait fuir n'importe quel animal). Si le touriste ne croit pas à ces histoires, il sera traité avec d'autant plus de respect pour avoir su détecter la blague. S'il y croit, ce sont de bonnes rigolades en perspective.
Le Drop Bear est ainsi entré dans la culture populaire Australienne, à l'instar du Dahu chez nous. Il paraît qu'il a été inventé au départ pour dissuader les enfants de rester sous un eucalyptus, pour éviter que des branches ne leur tombent sur la tête (marrant de voir comme on a toujours besoin de raconter des conneries aux gamins pour les amener à faire quelque chose).
Le Drop Bear fait en tout cas maintenant partie du folklore, comme le prouve la vidéo que je vous ai posté : il s'agit d'une publicité très connue en Australie pour le rhum Bundaberg (le rhum Australien typique, pas mauvais du tout, j'en ai acheté une bouteille après avoir vu la pub). On y voit de charmantes touristes suédoises en train d'établir leur camp sous un arbre. Un groupe de jeunes mâles Australiens en rut leur conseille alors de les rejoindre et de ne surtout pas rester sous cet arbre sous peine de subir l'attaque d'un Drop Bear. Les filles voient clair dans leur jeu, refusent de les croire et se préparent à repartir vers leur camp en rigolant. Mal leur en prend : l'instant d'après, un énorme ours blanc tombe de l'arbre et s'écrase sur leur tente. Paniquées, les filles se réfugient en courant dans la tente des garçons, lesquels n'en reviennent pas de cet aubaine...
L'ours blanc de la pub est en fait la mascotte du rhum Bundaberg. Pourquoi cette mascotte, me direz-vous ? Parce que le rhum Bundaberg (plus connu sous son surnom affectueux de "Bundy Rum") est réputé pour vous réchauffer même au milieu du pôle Nord.
Si même le terrible Drop Bear est d'accord pour le dire, qui va oser prétendre le contraire ?
Comme il ne m'est rien arrivé de particulièrement excitant depuis que je suis revenu en Terra Australis (ah si, j'ai repris les cours, snif), nous allons continuer à explorer ensemble la culture Australienne, si tu le veux bien, cher public (et même si tu veux pas c'est pareil, c'est moi qui décide de toutes façons).
Alors, de quoi allons-nous parler aujourd'hui, me demanderez-vous (impatients que vous êtes) ? De quelque chose qui fait partie intégrante de la culture de ce beau pays : ce qu'on peut appeler l'Aussie Pride, ou la fierté d'être Australien.
Car les Australiens en sont fiers, de leur pays désertique où on risque le cancer de la peau ou une morsure d'une créature quelconque dès qu'on met le nez dehors. Ils sont persuadés qu'il n'y a pas de meilleur endroit pour vivre et que naître ici est une bénédiction des dieux. Pour certains côtés, ils n'ont pas tort, mais l'existence de la Vegemite est à mon avis un obstacle sérieux à la reconnaissance de cette affirmation.
On accuse souvent les Français d'être le peuple le plus chauvin de la terre. Cette accusation n'est certes pas dénué de fondement : par certains côtés, les Français sont souvent puants d'orgueil, persuadés qu'ils sont d'être les meilleurs et d'avoir toujours raison contre les autres. Mais j'ai appris en vivant ici qu'ils étaient loin d'être les seuls à faire preuve d'un chauvinisme exacerbé. Il suffit de parcourir les rayons d'un supermarché Australien pour s'en rendre compte : quasiment tous les produits alimentaires portent des inscriptions du type "100% Australian", "exclusively made in Australia", "Australian product", "proudly Australian". Et vas-y que j'te mets des drapeaux Australiens un peu partout sur les emballages...à force, ça donne le tournis, c'est encore pire qu'en France avec nos fameuses "AOC".
Quant à la fête nationale, l'Australia Day, je ne veux pas trop en parler vu que je n'y étais pas, mais il paraît que c'est un déluge de drapeaux et de gens maquillés à l'effigie de l'Aussie flag. En France, on se contente de mettre le drapeau au balcon et d'aller voir les feux d'artifice...
Du côté des politiciens, ce n'est guère mieux. Que ce soit chez les conservateurs ou même parfois chez les travaillistes, on ne manque pas une occasion de glisser dans ses discours des phrases du type "we live in the best country in the world" (nous vivons dans le meilleur pays du monde), "we are so proud to be part of this great land" (nous sommes fiers de faire partie de ce si grand pays), etc. C'est sur ce sentiment chauvin, voire nationaliste, que John Howard a surfé pendant 11 ans, c'est sur ce sentiment de fierté exagérée qu'il a fondé son opposition aux excuses nationales pour le traitement passé des Aborigènes. Car beaucoup d'Australiens ont du mal à accepter le fait que leur histoire n'était pas uniquement glorieuse (cette remarque s'applique également à mes chers compatriotes Français, n'oublions pas de balayer devant notre porte). On dit souvent que la France et le Japon sont deux pays qui ont du mal à assumer leur histoire, je crois qu'on peut rajouter l'Australie à la liste. Heureusement, tu le sais, cher public, l'Australie semble enfin s'être délivrée de ces vieux démons avec le sorry speech de Kevin Rudd, délivré il y a une dizaine de jours au parlement (voir mes articles sur le sujet). Notre mini-président pourfendeur de la repentance ferait bien de s'inspirer du nouveau PM Australien plutôt que de faire mumuse avec les décisions du Conseil constitutionnel.
Et là, je me rends compte que je me retrouve à nouveau à vous gonfler avec de la politique alors qu'au départ, je voulais écrire quelque chose de marrant et de fun sur cet "aussie-chauvinisme" (marque déposée par moi) qui est finalement plus attachant que vraiment méchant. Je m'en excuse, je ferai pénitence en m'abstenant de boire plus d'une bière aujourd'hui (mais je ne me priverai pas ainsi tous les jours, faut pas déconner).
En guise de conclusion, je voudrais insister sur une chose : don't get me wrong, ne vous méprenez pas sur mes propos. Il ne s'agit pas ici de dénigrer ou de mépriser les Australiens, d'autant que nous autres Français n'avons pas de leçons à donner en matière de chauvinisme (cocorico). Après tout, il n'y a pas de mal à aimer sa patrie. Mon but était simplement de vous montrer que les Français ne sont pas les seuls à se la jouer quand on parle de leur pays. Et tout cela n'empêche pas que l'Australie est effectivement un pays où il fait bon vivre (yeah, mate) et que les Australiens sont en général des gens fort charmants. Ce chauvinisme n'est finalement qu'un de ces défauts attachants comme on peut en retrouver chez tous les peuples de la terre (du genre "les britanniques sont flegmatiques", "les italiens parlent avec des gestes").
D'ailleurs, si les Australiens étaient parfaits et sans défauts, ça ne serait même pas drôle de vivre à leurs côtés...
Comme on dit ici : fair dinkum, mate (bien parlé). Et maintenant, si on allait se prendre une bonne bière ? Pour moi, ce sera une VB, merci...
Après vous avoir gonflé avec de la politique, passons à un sujet plus léger (et plus pétillant), et plongeons dans une part importante, capitale même, de la culture australienne : la bière.
La bière en Australie, c'est plus qu'une institution, c'est un art de vivre. Tout comme il est difficile d'imaginer un Français qui n'aime pas le vin et les baguettes, il n'existe pas d'Australien qui n'aime pas la bière, ce n'est pas pensable, ce n'est pas envisageable. Avec les kangourous et la Vegemite, la bière est une part essentielle de l'identité nationale. Cependant, ils ne sont pas allés jusqu'à en faire un ministère. Mais s'il y avait un tel ministère, nul doute qu'il évaluerait les performances des immigrés en la matière : si vous arrivez à boire un jug (une cruche) sans vous écrouler, vous entrez, sinon, vous dégagez.
Avouons-le tout de suite, cette partie-là de l'identité nationale me plaît beaucoup plus que la Vegemite. Depuis que je suis ici, j'ai eu l'occasion, au cours de mes pérégrinations, de découvrir différentes marques, plus ou moins bonnes, de bières locales. A défaut de pouvoir vous les faire goûter (vous n'avez qu'à vous prendre un billet d'avion à 1500 euros si vous y tenez), je vais essayer de vous retranscrire fidèlement mes impressions pour chacune d'entre elles. Tour d'horizon :
-La Foster's : sans doute la seule bière australienne vraiment connue en-dehors des frontières Aussies, et manque de pot, c'est sans doute la moins bonne. Je ne m'étendrais pas dessus puisque vous pouvez en commander facilement dans la plupart des bars de France et de Navarre. Sachez simplement que si la Foster's s'exporte bien, elle est très peu consommée en Australie. Nul n'est prophète en son pays, paraît-il...
-La Victoria Bitter : sans doute l'une des bières les plus populaires du pays, elle vient, comme son nom l'indique, de l'Etat du Victoria. Comme la plupart des bières locales, c'est une lager (vu la chaleur qu'il fait ici, les gens consomment essentiellement des bières légères). Subtilement fruitée et légèrement amère, elle n'en reste pas moins très rafraîchissante. De la bonne came.
-La Toohey's : ça, c'est la bière locale de Sydney. Le cerf en est l'emblème (ne me demandez pas pourquoi, je ne sais même pas s'il y a des cerfs en Australie). C'est également une lager légèrement amère, mais ce n'est en fait qu'une sous-Victoria Bitter : elle lui ressemble, mais elle est clairement moins bonne. En tout cas, je n'ai pas accroché.
-Pure Blonde : là, c'est plus de la simple lager, c'est presque de la limonade. La Pure Blonde n'a qu'une teneur en alcool minimale, et elle est uniquement destinée à rafraîchir (ce qu'elle parvient à faire tout à fait honorablement). Pas mauvaise, mais on ne peut pas dire que ce soit une bière de caractère. A boire uniquement en cas de grande chaleur.
-Crown Lager : le nec plus ultra, c'est une Victoria Bitter en mieux. C'est la premium beer (bière haut de gamme) la plus populaire en Australie. Elle ne fut distribuée au grand public qu'à partir de 1954 (pour fêter la première visite de la reine en Australie). Avant cela, elle était réservée aux diplomates et aux dignitaires. Une bière élitiste, mais on comprend pourquoi en la goûtant.
-James Boags premium : encore une lager haut de gamme, qui vient cette fois-ci de Tasmanie. Elle est plus légère, moins maltée et sans doute plus rafraîchissante que la Crown Lager. Je ne saurais dire laquelle des deux est la meilleure. Tout dépend de votre humeur. Si vous voulez goûter une bière de caractère, optez pour la Crown Lager, si vous voulez avant tout vous rafraîchir, prenez une James Boags, vous m'en direz des nouvelles.
-Carlton Black : pour une fois, ce n'est pas une lager, mais une "full strength ale" (bière brune). La Carlton Black, comme son nom l'indique, est noire, et ressemble en cela à la fameuse Guinness. La ressemblance s'arrête là, cependant. La Carlton Black est moins onctueuse, plus forte que la Guinness et n'a quasiment pas de mousse. Fruitée, elle a un goût de café moka. Pas désagréable du tout, et puis ça change des lager...
-XXXX : on revient à de la lager avec la XXXX (non, ce n'est pas le titre d'un film porno local), bière du Queensland, décrite comme étant "as good as gold" (aussi bonne que de l'or). Je n'irais pas jusque là, mais elle n'est pas mauvaise du tout. Une fois encore, c'est une bière essentiellement destinée à rafraîchir, qui ressemble pas mal à la Pure Blonde, mais elle est légèrement sucrée et a indéniablement plus de goût. Idéale pour se rafraîchir.
Voilà ce que je peux vous dire pour l'instant sur la bière Aussie. Rassurez-vous, je vous tiendrais au courant des avancements futurs de mon enquête. Et en attendant, santé ! Ou plutôt, "cheers"...
Voici une pub plutôt marrante qui passe à la télé australienne en ce moment :
La pub montre un joueur de foot qui fait sa tapette en s'écroulant et en hurlant de douleur alors qu'on l'a à peine touché (un comportement tout ce qu'il y a de plus normal chez un joueur de foot). Arrive alors Mister T (un acteur américain célèbre pour avoir joué dans l'agence tous risques) dans un tank. Le joueur se relève précipitamment pour ne pas se faire écraser, on constate alors qu'il est en parfaite condition physique. Mister T l'apostrophe violemment en lui disant qu'il n'a rien, qu'il est pathétique et qu'il ferait mieux d'arrêter de pleurnicher s'il ne veut pas rencontrer son amie la douleur. Mister T finit en lui balançant un snickers et en s'écriant "Get some nuts", ce qui peut être traduit par "achète-toi des couilles". L'astuce étant que "nuts" veut également dire "noix", et que dans les snickers, il y a des noix.
Marrant, non ?