Publié le 12/06/2008 à 12:00 par alsacedownunder
La plage de Stanwell Park. Pas mal de vagues, mais très peu de monde, à peine deux ou trois surfeurs. Tant mieux, parce que parfois, je me dis qu'ils sont encore plus chiants que les cacatoès...
Publié le 12/06/2008 à 12:00 par alsacedownunder
Un oiseau un peu plus coloré que le précédent (et beaucoup moins bruyant).
Publié le 12/06/2008 à 12:00 par alsacedownunder
Ils sont endémiques à Stanwell Park. Et je peux vous dire qu'ils font un sacré boucan...
Publié le 12/06/2008 à 12:00 par alsacedownunder
Deux très bonnes nouvelles sont venues émailler ma semaine : d'abord, je vais recevoir ma deuxième visite de France, en la personne de mon très cher frère. Ensuite, je suis officiellement en vacances, ce qui m'a permis de reprendre le fil de mes voyages en m'offrant un petit plat de résistance, à savoir une petite visite à Stanwell Park.
Stanwell Park est un village côtier de la région de l'Illawara. C'est quasiment le seul village situé entre Sydney et Wollongong qui ne soit pas devenu une banlieue d'une de ces deux villes au fil du temps. Il fait donc un peu figure d'îlot de résistance entre ces deux métropoles qui abritent environ 75% de la population de l'Etat.
Quoi qu'il en soit, c'est un très joli village, avec une plage magnifique coincée entre deux falaises, une densité de population minimale et des forêts grouillantes d'oiseaux de toutes sortes. Un endroit idéal pour décompresser après des semaines de travail intense (oui oui, ça peut paraître difficile à croire, mais j'ai pas chômé ces derniers temps). En plus, il faisait beau...non pas que ce soit rare en Australie, mais ça fait toujours plaisir.
Publié le 11/06/2008 à 12:00 par alsacedownunder
C'est toujours assez délicat de se lancer dans ce genre de comparaisons un peu clichés, mais il y a un point commun entre l'Australian way of life et l'art de vivre Français. Certes, ils n'ont pas de croissants et mangent de la Vegemite, mais les Australiens, comme les Français, savent prendre du bon temps, en ce sens que leur vie ne tourne pas autour du travail contrairement aux Américains ou aux Japonais : ils sont tout à fait capables de faire une pause et d'aller boire une bière plutôt que de passer toute la journée dans leur bureau. Il n'est pas rare non plus de les voir piquer une tête le matin à la plage pour se mettre en forme avant d'aller au boulot. Bref, cette attitude "relax" par rapport à leur travail, symbolisée par la devise nationale ("no worries mate") est un point commun des Australiens avec ces fainéants de Français et leurs 35 heures.
Cependant, une récente étude est venue infirmer ce sentiment. En effet, comme le révèle un article du journal "The Age" (
par ici), cela fait deux années de suite que les Australiens sont ceux qui prennent le moins de vacances dans le monde. Ou plus exactement, ce sont ceux qui sont le moins susceptible de faire un gros break en été (annual leave, l'équivalent de nos turpitudes juilletistes et aoûtiennes, sauf qu'ici, lesdites turpitudes se déroulent certes également en été, mais en janvier-février). Les raisons invoquées pour expliquer ce résultat étonnant ? 33% invoquent des pressions financières (problème de pouvoir d'achat en Français), 32% se plaignent de la crise du crédit et des taux d'intérêts, 34% se plaignent de la pression imposée par leur boss qui rend les vacances impossibles. Ce n'est donc pas une quelconque attitude de "workaholic" qui pose problème (malgré l'exemple de Kevin Rudd, voir un de mes derniers articles), mais c'est bien au niveau du porte-monnaie que ça pêche : les Australiens ne peuvent tout simplement pas se permettre de prendre des vacances. Pourtant, ils n'ont pas les 35 heures (oui, car il paraît, d'après notre mini-président, que les 35 heures, ça empêche de prendre des vacances), et il paraît que John Howard leur avait laissé une économie florissante...il y a là un mystère à éclaircir...se pourrait-il que la croissance ne suffise pas à elle seule à atteindre le bonheur ? Je n'ose y croire...
Quoi qu'il en soit, le résultat a été jugé préoccupant, car comme le dit l'article, à force de trop travailler, on finit par ne plus avoir de vie (la belle évidence que voilà). C'est vrai quoi, si même les Australiens se mettent à ressembler aux Japonais (les "fourmis" selon la formule d'Edith Cresson), où va le monde ?
Pour conclure, gardez en mémoire les résultats de cette étude et rappelez-vous bien qu'il n'y a pas que le travail dans la vie !
Y'a la bière aussi...
Publié le 03/06/2008 à 12:00 par alsacedownunder
Dans ma série "politique", il y a un gros vide. Même si j'ai déjà parlé de lui à plusieurs occasions, je n'ai pas encore fait un billet spécialement consacré à Paul Keating, Premier ministre de 1991 à 1996. Pourtant, quand on s'intéresse à la politique Australienne, ce type est incontournable.
Commençons par son côté sérieux (ou chiant, ça dépend du point de vue). Paul Keating a commencé sa carrière politique de premier plan en devenant le plus jeune ministre du gouvernement Whitlam en 1975 (quelque jours avant que ledit gouvernement ne soit renvoyé, voir les articles que j'ai fait à ce sujet). Il sera ensuite, au poste de ministre de l'économie, le principal architecte de la réforme de l'économie Australienne dans les années 1980, sous le gouvernement de Bob Hawke (celui qui aime la bière). Après 8 ans comme ministre, l'ambitieux Keating contestera le leadership de son mentor et prendra la tête du parti travailliste (et donc du pays) en 1991. Une fois premier ministre, il continuera son oeuvre réformatrice en lançant son "grand dessein" : relance de l'immigration, liens renforcés avec l'Asie, réconciliation avec les Aborigènes (il fera sur ce sujet un discours historique à Redfern, en 1992), et avancée vers la République. Il sera malheureusement battu par John Howard en 1996, l'électorat n'en ayant pas grand-chose à foutre de ses grandes idées perçues comme élitistes.
Néanmoins, Keating n'a pas pour autant complètement disparu des tablettes. Il continue à donner de temps en temps son avis sur la politique de son pays. Et croyez-moi, ses interventions valent de l'or : Keating est en effet connu pour ses diatribes enflammées et son talent pour dégommer ses adversaires politiques (et parfois ses amis) à coup de remarques "caustiques" (le mot est faible). Voici un florilège de ses meilleures insultes :
-The little desiccated coconut is under pressure and he is attacking anything he can get his hands on ("La petite noix de coco desséchée est sous pression, et elle attaque tout ce qu'elle peut toucher", à propos de John Howard)
-John Howard is a pre-Copernican obscurantist and an old, antediluvian, 19th century person ("John Howard est un obscurantiste pré-copernicien, un vieillard d'avant le déluge coincé dans le 19è siècle")
-John Howard is the greatest job and investment destroyer since the bubonic plague ("John Howard est le pire fléau pour l'emploi et l'investissement depuis la peste bubonique")
-I was implying that the Honorable Member for Wentworth was like a lizard on a rock - alive, but looking dead ("J'étais en train de suggérer que l'honorable député de Wentworth était comme un lézard sur un rocher : il est vivant, mais il a l'air mort", à propos de John Hewson, leader du Parti libéral en 1993)
-Mate, I want to do you slowly. There has to be a bit of sport in this for all of us. I want to see you squirm out of this load of rubbish over a number of months. There will be no easy execution for you ("Mon pote, je veux te niquer lentement. Il doit y avoir un peu de suspense dans tout ça, pour nous tous. Je veux te voir patauger dans ta merde pendant plusieurs mois. Il n'y aura pas d'exécution sommaire pour toi", réponse à John Hewson qui lui demandait pourquoi il n'avait pas encore dissous le parlement s'il était certain de gagner les prochaines élections)
-To debate with him is like being flogged with a warm lettuce ("Débattre avec lui, c'est comme être fouetté avec une salade tiède", toujours à propos de John Hewson)
-Costello is all tip and no iceberg ("Costello, c'est le sommet sans l'iceberg", sur Peter Costello, ministre de John Howard)
-From this day onwards, Howard will wear his leadership like a crown of thorns, and in the parliament I'll do everything to crucify him ("A partir de ce jour, Howard portera son leadership comme une couronne d'épines, et je vais faire tout ce que je peux pour le crucifier", quand John Howard est devenu leader du Parti libéral en 1986)
-The Leader of the Opposition hurls all sorts of abuse at me, and all through question time those pansies over there want retractions of the things we've said about them. They are a bunch of nobodies going nowhere ("Le leader de l'opposition passe son temps à m'insulter, et pendant ce temps, toutes ces femelettes nous demandent de retirer ce que nous avons pu dire sur eux. Ce sont des riens-du-tout qui ne vont nulle part", à propos des députés de l'opposition)
-Mr Speaker, can I have some protection from the clowns on the front bench ? ("M. le Président (de la chambre), puis-je avoir une protection contre ces clowns ?" en parlant des députés de l'opposition)
-They insist on being mugs, Mr Speaker ("Ils tiennent absolument à passer pour des couillons, M. le Président", toujours à propos des députés libéraux).
-The Labor Party is not going to profit from having these proven unsuccessful people around who are frightened of their own shadow and won't get out of bed in the morning unless they've had a focus group report to tell them which side of bed to get out ("Le parti travailliste ne va tirer aucun bénéfice de ces losers patentés qui ont peur de leur propre ombre et qui ne se lèveront pas du lit le matin s'ils n'ont pas reçu un rapport d'une commission pour leur dire de quel côté du lit ils doivent se lever", à propos d'une partie du staff de Kevin Rudd pendant les dernières élections)
Et ceci n'est qu'un petit échantillon. En lisant ça, on se dit qu'il vaut mieux ne pas être son ennemi, à ce cher Monsieur Keating...
Quelle classe quand même...
Publié le 02/06/2008 à 12:00 par alsacedownunder
Alors que les troupes de combat Australiennes quittent aujourd'hui l'Irak après plus de 5 ans d'une guerre absurde qui est aujourd'hui condamnée par presque tout le monde (on a tout de même trouvé deux personnes qui continuent à la soutenir, l'un s'appelle George et l'autre John), le moment est peut-être venu d'évaluer le bilan de Kevin Rudd lors de ses 6 premiers mois au pouvoir.
Si vous êtes observateur, vous avez dû remarquer en lisant mon blog que j'étais un fan du nouveau Premier ministre. Oui, Kevin Rudd me botte. Est-il besoin de rappeler qu'il a, lors d'un discours appelé à entrer dans l'histoire, émis des excuses officielles aux Aborigènes, excuses très attendues et saluées comme il se doit par les premiers habitants de l'Australie ? Est-il besoin de rappeler qu'il a fait du changement climatique une priorité et enfin ratifié le protocole de Kyoto, faisant ainsi des Etats-Unis le dernier pays industrialisé à ne pas l'avoir fait ? A côté de ces mesures très importantes, d'autres points positifs à noter : la suppression du système "Workchoice" (une sorte de CNE/CPE à l'Australienne) et la mise en place d'un système plus protecteur des travailleurs, la relance de l'immigration (triplement du programme d'accueil du précédent gouvernement), la suppression des camps d'internement d'immigrés dans les îles du Pacifique, l'augmentation des taxes sur les grosses bagnoles, la création de nouveaux droits pour les couples homosexuels (sans pour autant reconnaître l'union civile, malheureusement), la nomination d'une femme au poste de gouverneur-général, et enfin, des investissements majeurs pour l'éducation et contre la pauvreté. Tout cela le fait bénéficier d'une popularité jamais atteinte précédemment : dans un récent sondage, 70% des sondés estiment que Rudd est le meilleur Premier ministre pour le pays, contre seulement 7% (10 fois moins si vous savez compter) qui estiment que le leader de l'opposition (Brendan Nelson) ferait un meilleur travail à sa place !
Bref, Kevin Rudd n'a pas chômé pendant ces 6 mois. Il admet lui-même être un "workaholic" (drogué au travail) et impose des cadences infernales à son staff et ses ministres. A tel point qu'une révolte se dessine parmi ses collaborateurs, lesquels estiment qu'il leur en demande trop et qu'il ferait bien de s'asseoir et de réfléchir un peu de temps en temps. Analyse partagée par le journaliste Ross Gittins, spécialiste de l'économie du Sydney Morning Herald, qui estime que Rudd en fait trop et qu'il ferait mieux de faire une pause pour définir un cap pour le pays. Tout en saluant les efforts accomplis jusqu'ici, Ross Gittins estime que Rudd doit commencer à réfléchir sur le long terme, et qu'il doit apprendre à sélectionner les problèmes pour pouvoir s'en occuper à fond plutôt que de les survoler de manière superficielle, ce qui risque d'arriver quand on veut s'occuper de tout en même temps.
Bref, c'est dans ce contexte que le gouvernement a affronté sa première grosse crise avec l'augmentation des prix de l'essence, au point qu'on peut se demander si l'état de grâce n'est pas terminé. L'opposition libérale, complètement à côté de la plaque, a demandé au gouvernement de baisser autoritairement les prix de 5 à 10 centimes par litres (ils seraient pas un peu cocos les libéraux ?). Rudd, de son côté, a préféré mettre en place une commission dont on ne sait pas trop l'utilité, mais qui devrait amener à une baisse des prix de 2 à 3 centimes par litres grâce à des mesures incitatives. Une solution légèrement moins stupide, mais critiquée par Ross Gittins, qui voit là un manque de courage politique : il appelle au contraire Rudd à reconnaître que l'ère du pétrole pas cher est finie et qu'il faut maintenant admettre, à l'heure du changement climatique (priorité affichée de Rudd), que l'utilisation du pétrole doit diminuer : dans une telle optique, il ne faut surtout pas baisser les prix. Une position qui demande beaucoup de courage politique, mais que Rudd a du mal à adopter, sachant que beaucoup de familles des classes populaires n'ont pas le choix et sont les premières touchées par l'augmentation. Bref, un sacré casse-tête à venir pour le gouvernement.
Mais plus globalement, il serait bon que Rudd écoute les conseils de Ross Gittins sur son activisme effréné : à vouloir trop bien faire, il risque de devenir une caricature de notre mini-président, exemple typique du politicien qui s'agite sans trop savoir pourquoi, et surtout sans régler les problèmes. Il n'en est heureusement pas encore là, mais il est temps de se calmer un moment et de redéfinir le cap. Après tout, les Australiens n'aiment pas trop les gens qui ne font que bosser sans jamais se prendre le temps d'aller boire une bière (ou une tasse de thé, c'est bien aussi).
Publié le 01/06/2008 à 12:00 par alsacedownunder

Il y a déjà un petit bout de temps, je vous avais posté un billet sur l'Aussie-chauvinisme, ou cette fierté particulière qu'éprouvent les Australiens pour leur pays. Cette fierté transparaît à travers l'un des surnoms de l'Australie : the Lucky Country ("pays chanceux" ou "pays béni"). Ce surnom résume à lui seul le sentiment général des Australiens : vivre ici est une bénédiction, il n'y a pas de meilleur endroit sur terre (je rappelle néanmoins à titre d'information qu'il existe en Australie plus d'animaux venimeux que dans tous les autres pays réunis, ainsi que des drop bears et une substance toxique du nom de Vegemite, mais apparemment, ceci ne rentre pas en ligne de compte pour ses habitants). L'Australie a, il est vrai, de nombreux atouts : un climat de rêve, des richesses naturelles inégalées, des paysages somptueux, des gens charmants et accueillants. Il est clair que c'est un pays extraordinaire, et je n'ose même pas penser au déchirement que représentera le moment du départ...
Cependant, puisqu'il est dit qu'aucun endroit n'est parfait dans cette vallée de larmes qu'est la Terre, il faut savoir que l'Australie est aussi un pays qui a parfois tendance à se reposer sur ses lauriers (toute ressemblance avec un certain pays d'Europe occidentale dont le nom commence par "F" ne serait que purement fortuite). En effet, ce que la plupart des gens ne savent pas, c'est que l'expression de "Lucky Country", inventée par le philosophe Donald Horne dans son bouquin du même nom en 1964, n'était pas utilisée au départ dans un sens affectueux. En effet, ce que Donald Horne décrivait dans son bouquin, c'était "un pays chanceux dirigé par des leaders de seconde zone qui sont bien tombés" (Australia is a lucky country, run by second-rate people who share its luck). Autrement dit, les Australiens n'ont pas grand-chose à faire pour que leur pays soit prospère puisqu'ils ont tout ce qui leur faut à portée de main. Le livre de Horne consistait en fait en une étude entre les différents pays développés pour déterminer les clés de leur richesse. Selon Horne, la plupart des pays industrialisés ont eu recours à la technologie et à l'innovation pour créer les conditions de leur développement, tandis que l'Australie n'avait rien fait de tout cela, sa prospérité découlant uniquement de ses nombreuses et très riches ressources naturelles. En d'autres mots, la prospérité de l'Australie était vue comme "tombée du ciel" : l'Australie est donc un "Lucky Country" dont la richesse ne doit rien, ou si peu, à ses habitants.
Bien sûr, cette analyse date des années 1960, et l'Australie a bien changé depuis. Comme tous les pays occidentaux, elle est passé par de nombreux bouleversements, tant sociaux (droits des aborigènes, immigration asiatique, place de la femme dans la société) qu'économiques (libéralisation des années 1980, développement d'une économie de services). Néanmoins, le pays tire toujours une bonne partie de sa richesse de ses extraordinaires ressources naturelles (en même temps, ils seraient cons de pas en profiter). Ainsi, pendant les 11 ans qu'il a passé à la tête du pays, John Howard (eh oui, je n'en ai pas fini avec lui) s'est contenté de gérer le formidable boom minier qui a tiré toute l'économie vers le haut grâce à la demande de la Chine en charbon : sans la croissance chinoise, pas de croissance Australienne pendant ces 11 années. John Howard (un "anti-copernicien et une noix de coco desséchée" d'après l'ancien Premier ministre Paul Keating, un type très caustique dans son genre) a donc parfaitement illustré la phrase de Donald Horne : il a été un leader de seconde zone qui s'est contenté, sans faire d'effort particulier, de profiter de la chance qu'il a eu d'être à la tête d'un pays si bien doté (toute allusion sexuelle que vous pourriez trouver dans cette phrase ne serait que purement fortuite et ne serait due qu'au vagabondage inapproprié de votre esprit tordu vers des zones que la morale catholique réprouve).
Alors, les Australiens ne seraient-ils donc que de vulgaires profiteurs, tels des princes saoudiens assis sur leurs barils de pétrole et entourés de leur harem, tels les riches amis de notre mini-président qui se gavent de baisses d'impôts en buvant un verre de champ' à la santé des pauvres ? Dieu merci, nous n'en sommes plus là, puisque depuis le mois de novembre, ce cher Kevin Rudd est venu prendre la place de l'affreux John et a déjà pas mal secoué l'Australie en la confrontant à ses contradictions : excuses aux aborigènes, signature du protocole de Kyoto en ont été les exemples les plus marquants, et ils ont été salués par une immense majorité de la population. Ce qui prouve que John Howard menait un combat d'arrière-garde, et que la société Australienne était déjà prête à entrer dans le XXIè siècle depuis longtemps...fallait juste la pousser un peu...espérons que Kevin Rudd saura continuer sur cette lancée. Prochaine étape, la République ?
Advance Australia Fair, comme dirait l'autre...
Publié le 27/05/2008 à 12:00 par alsacedownunder

Désolé de ne pas avoir tenu le blog à jour ces derniers temps, mais je suis de plus en plus occupé (la fin du semestre approche, tout comme les dates pour rendre les différents papiers que je dois écrire). Néanmoins, le travail universitaire ne m'a pas empêché ce lundi après-midi d'aller voir le dernier Indiana Jones, que j'ai beaucoup aimé. Le soir même, j'étais invité chez ma proprio et son mari (je vous ai déjà parlé d'eux) dans leur nouvel appart'. Pour faire bonne mesure, je leur ai ramené une bouteille de vin (une coutume française, comme je leur ai expliqué), non sans avoir dû montrer ma carte d'identité au vendeur lorsque je l'ai achetée, ce qui m'a passablement énervé. Est-ce que j'ai une tête à avoir 16 ans ? En plus, il s'est foutu de moi quand je lui ai montré ma carte d'identité (ben oui, j'avais 12 ans à l'époque de la photo). Enfin bref, à part ça, l'appart' était chouette, la soirée était très sympa et le repas excellent. Et évidemment, je suis rentré avec plein de restes. Quant au vin (Australien), il était très bon, faudra que j'en rachète...
Mais j'en vois qui s'ennuient au fond, et je ne veux pas trop vous gonfler avec ma vie pourtant si fascinante. Nous allons donc plutôt nous intéresser, une fois de plus, à la culture Australienne. Vous le savez, chers amis, la France est souvent vue comme un pays qui aime les "perdants magnifiques" : Poulidor a toujours été plus populaire qu'Anquetil, Saint-Etienne a défilé sur les Champs-Elysées après sa défaite en 1976, et Michel Rocard a toujours été plus populaire que François Mitterrand (comment ça, ça n'a rien à voir ?). Pour beaucoup de gens, l'affaire est entendue, la France n'aime pas les gagnants (en tout cas, c'est comme ça que notre mini-président explique pourquoi les Français n'aiment pas les riches).
Eh bien, cet amour pour les losers n'est pas l'apanage de la France : c'est même un des points communs que l'on peut trouver entre ces deux pays si différents que sont la France et l'Australie. Démonstration par deux exemples concrets :
-Le premier exemple est une fête nationale dont je vous ai déjà parlé il y a fort longtemps : l'ANZAC Day. L'ANZAC Day commémore la bataille de Gallipoli. Pourquoi l'ANZAC Day (ANZAC = Australia and New Zealand Army Corps) est-il si important en Australie ? Parce que c'est la toute première fois que des armées Australiennes ont combattu pour leur pays et pour leur drapeau, et non plus pour l'Empire britannique. Pour beaucoup d'Australiens, c'est ce jour-là que le sentiment national est né, un peu comme certains considèrent en France que la nation Française est née à Valmy. Rien de tel qu'une bonne boucherie...pardon, une bonne bataille contre un paquet d'étrangers pour créer un sentiment national, pas vrai ?
Sauf qu'au contraire de Valmy, la bataille de Gallipoli, qui a vu le débarquement des troupes alliées (Australie et Nouvelle-Zélande donc, mais aussi Royaume-Uni et France) sur la baie de Suvla dans le but de prendre la ville de Gallipoli à l'empire Ottoman, s'est soldée par un désastre : l'empire Ottoman, pourtant moribond à l'époque, va réussir à repousser les troupes alliées avec succès, non sans dommages : 87000 morts côté Ottoman, 44000 côté Alliés. C'est beau la guerre, non ? Enfin, quoi qu'il en soit, malgré le fait que leur armée se soit pris une belle rouste pour son baptême du feu, ce jour reste sacré en Australie et a été retenu comme le symbole de l'unité du pays. On se souvient toujours avec émotion de la première fois où on s'est fait botter le cul...
-Deuxième exemple, l'expédition Burke-Wills de 1861. Qui c'est, Burke et Wills me direz-vous ? Burke et Wills sont deux illustres Australiens qui n'étaient pas particulièrement destinés à connaître les affres de la célébrité. Robert O'Hara Burke était un officier de police et un soldat Irlandais immigré en Australie en 1853. William John Wills, quant à lui, était un géomètre Anglais qui avait aussi tenté l'aventure en quittant son Angleterre natale pour s'installer à Melbourne en 1853. Mal lui en pris...
Alors, pourquoi Burke et Wills sont-ils si célèbres ici ? Eh bien, Burke et Wills ont commandé la toute première expédition qui a tenté la traversée du pays du Sud au Nord, de Melbourne au Golfe de Carpentaria, retour compris : une trotte de 2800 kilomètres, à une époque où les Européens ne connaissaient rien de l'intérieur du pays. Nul ne sait pourquoi on choisit un géomètre et un militaire pour mener cette expédition, d'autant que ni l'un ni l'autre n'avait la moindre expérience en matière d'exploration. Rappelons ici ce mot de Clemenceau : "la guerre, c'est une chose trop sérieuse pour la confier à des militaires". Si déjà la guerre est en-dehors de leurs aptitudes, alors que dire de ce genre d'exploration !
Malheureusement pour Burke et Wills, à cette époque, Clemenceau n'était encore qu'un jeune étudiant en médecine et sa renommée n'avait pas atteint ce continent reculé qu'est l'Australie. Les deux hommes se lancèrent donc dans l'expédition, avec 17 autres compagnons. Ils réussirent à traverser le pays tant bien que mal jusqu'au Golfe de Carpentaria. Alors, tout est bien qui finit bien ? Non. Car le voyage de retour se passera beaucoup moins bien. Il faut savoir qu'une partie de l'expédition était restée en arrière à Cooper's Creek (au tiers du chemin) avec des vivres, avec pour mission d'attendre le retour de Burke et Wills pendant trois mois. Ils attendirent en fait pendant plus de 4 mois, puis, pensant que le reste de la troupe ne reviendrait pas, ils décidèrent de retourner à Melbourne et abandonnèrent le camp le 21 avril 1861. Le jour même et quelques heures plus tard à peine, Burke, Wills, et deux autres survivants de l'expédition (Charles Gray et John King), déjà bien affaiblis, arrivèrent enfin à Cooper's Creek pour se rendre compte que le camp avait été déserté depuis quelques heures seulement ! Autant dire que leur arrêt de mort était déjà signé. Les quatre survivants, désespérés, décidèrent de se lancer vers le Sud-Est pour rejoindre la colonie la plus proche, un village se trouvant à une centaine de kilomètres. Comble de malchance, une expédition de secours arriva à Cooper's Creek quelques jours à peine après que Burke, Wills, Gray et King aient quitté l'endroit ! Ne trouvant aucune trace de leur passage, les membres de l'expédition de secours n'avaient évidemment aucun moyen de savoir que les quatre hommes n'étaient qu'à quelques kilomètres de là en train d'agoniser sous le chaud soleil du désert. Ils rentrèrent donc à Melbourne, tandis que l'expédition Burke-Wills finissait en désastre : après avoir mangé tous leurs chameaux, leur chevaux et d'autres choses sans doute moins ragoûtantes, Burke, Wills et Gray périrent avant d'atteindre leur but. Un seul membre, John King, survécut au voyage : il eut la chance d'être aidé par des Aborigènes : les "sauvages" connaissaient sans doute un peu mieux le pays qu'un militaire Irlandais et un géomètre Anglais. King réussit à ramener à Melbourne le journal de voyage de Wills et celui de Burke, qui sont aujourd'hui conservés dans la Bibliothèque Nationale d'Australie à Canberra. Malgré l'échec retentissant de l'expédition, on se donnera la peine d'aller chercher les cadavres de Burke et Wills au coeur du désert pour leur rendre un ultime hommage sous la forme de funérailles nationales...
Ces deux exemples vous montrent en tout cas qu'en Australie aussi, on aime les losers. A condition qu'ils sachent mourir avec "panache"...
Publié le 14/05/2008 à 12:00 par alsacedownunder
Vous voyez ce monsieur sur la photo ? Son nom est Troy Buswell, et il occupe le poste de leader du Parti libéral de l'Etat d'Australie-Occidentale (Western Australia, la région où se trouve Perth et pas grand-chose d'autre). Ce monsieur se retrouverait Premier ministre de l'Etat si son Parti gagnait les élections...mais on peut se demander si les gens seraient prêts à voter pour lui après de récentes révélations, résumées dans
cet article.
Les gens d'Australie-Occidentale sont souvent vus comme des gens un peu bizarres, un peu marginaux par rapport au reste du pays, un peu ploucs quoi. L'Australie-Occidentale est en effet l'Etat le plus isolé et le moins densément peuplé du continent. L'essentiel de sa population est extrêmement éloignée des principaux grands axes du pays (Sydney, Melbourne, Adelaide, Brisbane). En effet, la capitale, Perth, qui regroupe 75% de la population de l'Etat, est la capitale la plus excentrée d'Australie, la plus éloignée de la capitale fédérale (Canberra), et elle est même plus proche de Djakarta (Indonésie) que de Melbourne ou Sydney ! L'Australie-Occidentale est également le tout dernier Etat à avoir rejoint la fédération Australienne (à reculons) et il y a toujours existé un fort mouvement autonomiste et une forte identité régionale tournée autour de la bière locale et de l'extraction minière (une identité très forte, comme vous pouvez le constater). Lors de la dernière élection fédérale, l'Etat est également le seul à avoir vu les libéraux de John Howard gagner des sièges alors qu'ils se faisaient botter le cul partout ailleurs. Bref, les gens d'Australie-Occidentale sont à l'Ouest, dans tous les sens du terme.
Et autant dire que les derniers scandales entourant Troy Buswell, qui est donc le leader de la droite locale, ne vont pas améliorer l'image de l'Etat. Jugez plutôt : au cours des derniers mois, Troy Buswell a été accusé d'avoir tenté d'arracher le soutien-gorge d'une parlementaire du Labor lors d'une soirée arrosée à la buvette du parlement, ainsi que d'avoir harcelé sexuellement une autre députée et de s'être mis à renifler (!) avidement sa chaise une fois que la demoiselle s'était levée (ce qu'il a fini par avouer). Et là, alors que sa position est déjà bien fragilisée, une autre allégation vient couronner le tout, telle une cerise sur un gâteau déjà bien dégoulinant de crème : l'honorable Troy Buswell aurait été surpris en train de faire des choses pas très catholiques à...un quokka ! Oui, un quokka ! Un quokka, c'est ce petit marsupial ressemblant à un croisement entre un rat et un kangourou dont j'avais déjà posté la photo. Ils sont endémiques de certaines régions d'Australie-Occidentale, et apparemment, certains essaient d'en tirer avantage...
Evidemment, Troy Buswell a nié ces allégations, assurant qu'il n'avait jamais offensé un quokka en quelque manière que ce soit. N'empêche qu'il a déjà prouvé qu'il avait de drôles de manières...et le pire, c'est que l'un de ses collègues a confié que d'autres histoires pourraient sortir au grand jour...je suis curieux de savoir à quoi il fait référence...peut-être que Troy Buswell a eu un enfant caché avec un Drop Bear, ou peut-être qu'il utilise de la Vegemite comme lubrifiant quand il s'amuse avec un quokka ? Qui sait de quoi cet homme est capable...
Quand je vous disais que la politique, c'est fun...surtout en Australie...