Aujourd'hui fut une très très très longue journée pour moi, et une très très très très très longue journée pour mon frère qui est venu me rendre visite deux semaines au bout du monde. Je vais essayer de vous la raconter du mieux que je peux. Il est tout à fait possible que vous ne me croyiez pas tellement ça paraît gros, mais tout ce que je vais vous narrer est la stricte vérité. Allez, c'est parti...
Plantons le tableau : mon frère a pris l'avion à Francfort le 12 avec Air China, escale à Pékin et arrivée prévue le 14 à 6h10 à l'aéroport Kingsfordsmith de Sydney. J'étais censé aller le chercher à l'aéroport et je devais donc me lever tôt. J'avais prévu de le faire à 5h du matin. Il faut dire que d'habitude, je me lève plutôt vers 11h puisque j'avais toujours mes cours l'après-midi (non non, je ne suis pas fainéant, j'économise mon énergie, c'est différent). Donc, étant donné que se lever aux aurores n'est pas dans mes habitudes, j'avais prévu de laisser l'ordinateur allumé et j'avais demandé à plusieurs personnes de me parler sur MSN vers 21h (heure française), c'est-à-dire 5h à Sydney. Je pensais que le bruit me réveillerait...hélas je me trompais lourdement. Ma nuit fut agitée, alternant entre éveil et demi-sommeil, car j'étais inquiet de ne pas me réveiller à temps. A quatre heures et demi, je regarde ma montre et je me dis : "ah, c'est bon, j'ai encore une demi-heure, ça devrait le faire". Je ne sais pas ce qui s'est passé ensuite, j'ai dû me rendormir plus profondément qu'avant, toujours est-il que lorsque j'ai à nouveau regardé ma montre, il était...6h35 ! J'étais donc très en retard. Ni une ni deux, j'ai enfilé un pull et un pantalon et je suis sorti en courant pour attraper le prochain train vers l'aéroport, sans même prendre une douche, ni de petit déjeuner. J'arrive à l'aéroport vers 7h, espérant que je n'aurai pas fait attendre mon invité trop longtemps. Eh bien, je fus "rassuré" de savoir qu'il n'en était rien...car l'avion était annoncé avec trois heures de retard ! J'avais donc trois bonnes heures devant moi, et je m'étais précipité pour rien. Evidemment très "heureux" de cette nouvelle, j'ai acheté un bouquin, un café, et pris mon mal en patience, me disant que si c'était pénible pour moi, ce l'était sans doute encore plus pour lui, après déjà plus d'une dizaine d'heures de vol jusqu'à Pékin.
L'avion, d'abord annoncé pour 10h15, arrivera finalement à 10h45, et il faudra encore une bonne heure pour que mon frère arrive après avoir passé l'épreuve de la douane Australienne (apparemment, il a réussi à introduire des Spasfon sans les déclarer, je ne sais pas s'il a conscience du risque qu'il a pris, il aurait pu se retrouver dans un centre de rétention dans le désert de Gibson pour moins que ça sous John Howard !). Heureux de voir qu'il est arrivé sain et sauf, je lui propose de manger vite fait un McDo pour gagner du temps. Oui, car il y a une chose que j'ai oublié de vous dire, c'est que j'avais pris deux billets pour le dernier jour de représentation d'Edouard aux mains d'argent (Edward Scissorhands), un ballet adapté du fameux film de Tim Burton (qui, par une extraordinaire coïncidence, se trouve avoir le même nom). La séance était prévue à 14h30. D'habitude, j'ai de la considération pour mes invités : eu égard à leur long voyage, je ne leur propose pas d'activités le premier jour. Mais là, comme c'était le dernier jour de la représentation, je me suis dit qu'il fallait sauter sur l'occasion (90 dollars le billet quand même).
On mange donc un McDo vite fait, puis on prend le train, qui nous emmène à Wolli Creek, la station où on doit changer de train. C'est alors qu'on se rend compte qu'en raison d'un problème sur la ligne qui va chez moi, il faudra attendre une bonne heure pour le prochain train ! On commence à se demander si on arrivera à l'heure à l'opéra. Au point qu'on décide de retourner à l'aéroport pour prendre un taxi...et vlan, encore 26 dollars déboursés pour les billets, d'autant que le gars n'a pas voulu me faire un prix étudiant, prétextant que ma carte était périmée ! Et finalement, on les a pas utilisés ces billets à la con, car un train pour chez moi a fini par arriver avant le train pour l'aéroport...au moins, ça nous aura évité de payer 40 dollars de plus pour le taxi...
Tant bien que mal, on arrive chez moi à 13h30. Mon frère doit mourir d'envie de prendre une douche, mais nous avons à peine le temps de déposer les affaires qu'il faut repartir aussi sec pour le centre ville. Evidemment, comme il était dit que cette journée serait définitivement pourrie, on loupe un train à une minute près...le prochain mettra 20 bonnes minutes à arriver (j'ai arrêté de compter à force). Je n'ai jamais eu une malchance comme ça de toute ma vie, et cette fois-ci ce n'était pas parce que j'avais mal organisé la journée, c'était complètement indépendant de ma volonté (ceci dit, c'est peut-être parce que j'ai continué à blasphémer).
Au final, on va arriver à l'opéra vers 15h15 (Marignan...désolé, la journée a été longue). Heureusement, les tuiles vont s'arrêter là, car l'ouvreuse va accepter de nous laisser entrer à l'entracte, qui se trouve avoir lieu 15 minutes plus tard (ouf, ça m'aurait fait mal au cul d'avoir déboursé 180 dollars pour ne rien voir du tout). Nous pouvons suivre la fin du 1er acte sur un écran à l'extérieur de la salle tandis qu'une employée de l'opéra nous explique gracieusement l'histoire. Enfin, l'entracte arrive, nous pouvons nous installer. C'est là qu'une autre employée de l'opéra à qui nous avons raconté nos déboires se dirige vers nous et nous demande de descendre : y aurait-il un problème avec les billets ? Vont-ils nous demander de repartir ? Non, bien au contraire : elle nous entraîne vers l'espace VIP de l'opéra et nous offre gratuitement un verre de champagne ou de vin, parce qu'elle se sentait désolée pour nous, alors qu'on ne lui avait même rien demandé ! Je pourrai donc dire plus tard à mes petits-enfants que j'ai été à l'espace VIP de l'opéra de Sydney ! Grâce à ces magnifiques employés de l'opéra et à leur gentillesse, on a passé un superbe entracte à siroter un excellent vin dans un très beau décor, entourés du "tout Sydney" (un peu moins élégant que le "tout Paris", mais pas mal quand même) ! Ensuite, nous avons pu admirer le 2e acte d'un excellent ballet (l'acteur principal était fortiche, pour danser comme ça avec ses énormes ciseaux), et en plus il paraît que cette 2e partie était bien meilleure que la 1ère ! En tout cas, j'ai bien aimé, et je l'ai savourée à sa juste valeur, comme la récompense finale d'une longue, d'une très très longue journée...merci qui ? Merci les Australiens et leur gentillesse incroyable, qui pour le coup rattrape largement leur système de transports publics...
pr ce récit.... bonne continuation
1 seule vie: humeurs, actualité, histoire...
Tout ça ne serait pas arrivé s'ils avaient eu le vélib'. D'ailleurs, Paris avait le meilleur dossier pour les JO !