Un petit message rapide pour vous rappeler que demain, ce sont les élections fédérales en Australie, et que les protagonistes sont John Howard, représentant le camp des connards...euh, je veux dire des conservateurs, et Kevin Rudd, représentant le camp des travaillistes.
La campagne est donc terminée. Elle a été marquée par des annonces de dépenses en fanfare (60 milliards de dollars au total pour Howard, 55 pour Rudd) et de véritables campagnes de peur (fear campaigns), les libéraux dépeignant les travaillistes comme étant soumis à d'affreux syndicalistes qui ne veulent que foutre en l'air l'économie, tandis que les travaillistes accusaient les libéraux de vouloir aller encore plus loin dans la dérégulation du marché du travail et l'affaiblissement des droits des travailleurs. Deux mots fleuris, que je ne connaissais pas, auront marqué cette campagne : le premier est "pork-barreling", une expression que l'on pourrait traduire par "la tirelire est pleine", et qui sert à dénoncer l'inflation des dépenses annoncées au cours de la campagne. Le deuxième mot est "me-tooism", un mot que l'ont peut traduire par "moi-aussisme" et qui a pour but de singer le copiage des idées de l'autre camp par chacun des deux leaders, que ce soit Rudd en matière économique, ou Howard en matière de climat. Les derniers sondages prédisent une victoire écrasante pour les travaillistes, leur avance sur les conservateurs allant de 5 à 12 points selon les sondages. Autant dire que Howard est mal barré, d'autant qu'un scandale vient d'éclater dans quelques circonscriptions indécises, où les maris de deux candidates du Parti libéral ont été accusés d'avoir participé à une campagne haineuse de tracts anti-musulmans. Howard a bien sûr désavoué cette campagne, mais il n'a pas exclu les candidates, estimant qu'elles n'étaient sans doute pas au courant de ces manoeuvres. Peut-être, mais le malaise reste...
Ce qu'il faut savoir, c'est que ces élections fonctionnent selon les règles du scrutin majoritaire, et qu'il ne suffit donc pas d'avoir une majorité de voix au niveau national pour l'emporter. Exemple simple : si vous gagnez un siège avec 80% des voix et que vous avez 49% des voix dans une autre circonscription contre 51% pour l'autre camp, vous ne gagnerez qu'un seul siège sur deux, même si le total cumulé de voix vous met largement devant votre adversaire sur les deux circonscriptions cumulées. Si vous n'avez pas suivi, ce n'est pas grave, rappelez-vous le fameux théorème Shadok : "s'il n'y a pas de solution, c'est qu'il n'y a pas de problème".
S'il n'y a pas de problème pour les Shadoks, il y en a toutefois un pour les travaillistes, et ils doivent y trouver une solution pour l'emporter. Ils ont besoin de gagner 16 sièges par rapport à 2004. Pour cela, ils devront avoir une avance d'au moins 4,8% sur les libéraux au niveau national (ne me demandez pas d'où sort ce chiffre, je n'en sais rien). Les libéraux l'ont d'ailleurs compris, en concentrant leurs efforts sur quelques circonscriptions indécises : ils savent qu'ils auront moins de voix au niveau national, mais ils espèrent conserver la majorité des sièges en arrachant le maximum de circonscriptions indécises (les "marginal seats" comme on dit ici). On arriverait alors à une situation comparable aux élections américaines de 2000, avec comme vainqueur celui qui a le moins de voix (paradoxal dans une démocratie).
Mais encore une fois, cela est peu probable, les sondages prédisant tous une victoire écrasante pour le Labor de Kevin Rudd, et ce depuis plusieurs mois : aucun renversement de tendance ne s'est produit pendant la campagne. Kevin Rudd a d'ailleurs profité de la dernière semaine de campagne pour renforcer son image de "good bloke" (un type avec qui on a envie de boire une bière, et vous savez combien c'est important en Australie) en acceptant une invitation à l'émission "Rove", le talk show le plus populaire du pays, tandis que Howard refusait de s'y rendre. Pour enfoncer un peu le clou, sachez que le "Sydney Morning Herald", et surtout le "Daily Telegraph" (équivalent local du Sun), journaux réputés pour leurs tendances conservatrices, se sont clairement prononcés en faveur de Kevin Rudd. Idem pour le mensuel "Monthly". C'est d'ailleurs la première fois que le "Morning Herald" se prononce pour les travaillistes aux élections générales, même s'il avait déjà soutenu des gouvernements travaillistes au niveau local. Même le quotidien national "The Australian", propriété de Rupert Murdoch et souvent qualifié de "gazette officielle du gouvernement Howard" a tourné le dos aux libéraux et soutient Kevin Rudd. C'est la première fois depuis 1972 que ce journal soutient un candidat travailliste.
Bref, reste plus qu'à attendre demain pour le verdict, et espérons que les Australiens diront enfin "So long, John" après 11 longues années...
ah antoine tu es démasqué ,c'est louche à peine quelques mois que tu es en australie et deja la gauche revient au pouvoir ,tu es un agent du ps international qui promeut la révolution dans le monde ,reviens comme ca ca changera en france et on se retirera d'irak (ah non le president a pas encore officialisé le fait qu'on va y aller j'ai rien dit)