Posté le 05.04.2008 par alsacedownunder
Après la fragile demoiselle du poste précédent, on revient à du classique : un gros monsieur en kilt qui lance un tronc. Eh ben je peux vous dire qu'il n'a pas brillé, malgré son gabarit...
Posté le 05.04.2008 par alsacedownunder
Eh oui, ces demoiselles avaient elles aussi la possibilité de s'essayer au lancer de troncs. En effet, des troncs plus petits et plus légers avaient été prévus spécialement pour elles. Qui a dit que le lancer de troncs était un sport pour machos ?
Posté le 05.04.2008 par alsacedownunder
Voici le clou du spectacle : le fameux, le légendaire, le très écossais lancer de tronc ! Un sport de gros boeufs par excellence, me dites-vous ? Pas tout à fait. Sachez que le but n'est pas de lancer le tronc le plus loin possible, contrairement à ce qu'on pourrait croire. En effet, ce qu'il faut, c'est d'une part lancer le tronc suffisamment haut pour qu'il bascule après avoir touché le sol (s'il ne fait pas une bascule complète, le lancer ne compte pas, il ne suffit donc pas de le lancer en avant), et d'autre part, positionner le tronc dans un espèce de cadran solaire, le plus proche possible de la position qui indique midi. Si votre tronc indique midi, alors c'est gagné, vous êtes le champion. Autant dire que ça n'arrive pas souvent, je n'ai vu que deux personnes y arriver sur tout l'après-midi. Dans 90% des cas, le tronc ne bascule même pas. Perso, je ne m'y suis pas essayé (le tronc fait 65 kilos, donc il est plus lourd que moi), je me garde donc bien de critiquer...
Il existe quatre phases dans un lancer de tronc : d'abord, le candidat se fait aider par les officiels pour mettre le tronc à la verticale. Ensuite, une fois que le candidat a le tronc en main, ces messieurs s'enfuient le plus loin possible pour éviter de se le prendre sur la gueule quand le candidat l'aura lancé (ou lâché). Troisième phase, le candidat se met à "courir" sur quelques mètres avec le tronc en mains. Enfin, dernière phase, le lancer, qui doit donc être suffisamment haut pour que le tronc puisse basculer.
Sur la photo, vous voyez les conseils du professionnel au novice avant que celui-ci ne s'essaie à ce noble sport...
Posté le 05.04.2008 par alsacedownunder
Encore des gens en kilt...et l'une des membres du groupe a ajouté une touche toute particulière à sa panoplie : des lunettes de soleil ! Kilt + lunettes de soleil, la nouvelle tendance pour cet été ? Personnellement, je ne trouve pas ça d'un goût exquis, mais en Australie, il faut s'attendre à tout du point de vue vestimentaire...
Posté le 05.04.2008 par alsacedownunder
Une des nombreuses activités offertes aux spectateurs, un combat à l'épée.
Posté le 05.04.2008 par alsacedownunder
Les fameux "scottish terrier". Peut-on faire plus écossais que ça ?
Posté le 05.04.2008 par alsacedownunder
Un des nombreux groupes qui composaient la parade, avec des chapeaux du plus bel effet.
Posté le 05.04.2008 par alsacedownunder
Voici la parade d'inauguration, au cours de laquelle ont été joués l'hymne national Australien (moment solennel, tout le monde se lève et entonne le chant, quel patriotisme), ainsi que "Bluebell of Scotland", chant traditionnel écossais. Il y avait environ 20000 personnes pour assister à ça.
Posté le 05.04.2008 par alsacedownunder
En ce samedi 5 avril, je suis allé me rendre dans un petit village du nom de Bundanoon dans les Southern Highlands (la région de Moss Vale, ville où je m'étais égaré il y a quelques mois sur le chemin de Goulburn). Pourquoi suis-je allé dans ce petit village ? Parce qu'on y organisait le festival annuel "Bundanoon is Brigadoon", un des plus grands rassemblements autour de la culture celtique et écossaise de la planète...rien que ça.
Mais peut-être que vous ne savez même pas ce qu'est Brigadoon. Brigadoon est le nom d'un village écossais légendaire qui est censé n'apparaître qu'une fois tous les cent ans (bien que pour les habitants du village, ces cent années passent à la vitesse d'une nuit). Un film en a été tiré avec Gene Kelly et Cyd Charisse : deux touristes américains découvrent le village par hasard, et l'un d'eux tombe amoureux d'une fille du village (la plus belle, comme de juste). La belle ne peut malheureusement pas accompagner son amoureux, car si un seul habitant de Brigadoon quittait le village, le charme serait rompu et Brigadoon disparaîtrait à jamais dans la nuit. Au final, c'est donc Gene Kelly qui va rester dans le village, non sans être revenu aux Etats-Unis entre-temps (normalement, il n'aurait pas dû retrouver le village puisqu'il n'apparaît qu'une fois tous les cent ans, mais comme il est dit dans le film, "anything is possible). Et tout est bien qui finit bien dans ce village hors du temps.
Enfin bref, si un tel village n'existe pas dans la réalité (du moins à ma connaissance), le festival "Bundanoon is Brigadoon", lui, est bien réel. Comme vous pouvez le voir, ils ont même changé le nom de la gare pour cette journée particulière. Welcome to Brigadoon.
Il ne s'agit cependant pas de rejouer le film, contrairement à ce que je pensais au départ. C'est plutôt, comme je vous l'ai dit en intro, un immense rassemblement destiné à célébrer la culture celtique et écossaise. J'ai donc eu la chance d'assister à une journée de joyeuses festivités se déroulant au son des cornemuses, tout en me promenant dans les nombreux stands proposant des objets typiquement écossais à des prix prohibitifs (eh oui, ils sont écossais jusqu'au bout), ainsi que de la nourriture typiquement écossaise (traditional scottish pie, haggis, etc...).
Bref, c'était une journée bien remplie, je me suis amusé à regarder des mastodontes lancer des troncs et des gens en kilt jouer de la cornemuse. Une bonne journée, quoi...
Posté le 22.03.2008 par alsacedownunder
"Advance Australia Fair" (qu'on peut traduire grossièrement par "Avance Australie vers la justice" ou "Avance, belle et juste Australie") est le titre de l'hymne national Australien, mais il ne correspond pas toujours à la réalité. "Fair" est en effet un mot qui ne peut en aucun cas désigner la politique d'immigration du pays dans la dernière décennie.
Dans un billet récent, je vous parlais des différences entre la culture politique Australienne et la culture Française, la première étant certainement plus libérale que la deuxième. Cependant, même une tradition libérale bien ancrée peut être ébranlée par un climat ponctuel délétère, comme le prouve l'exemple de la politique d'immigration en Australie. Notamment la fameuse pratique dite de la détention obligatoire ("mandatory detention"). Cette pratique consiste à enfermer de manière automatique et sans contrôle possible par un juge tout immigré illégal. Cela concerne notamment les demandeurs d'asile qui cherchent à entrer en Australie sans en avoir fait une demande préalable : ils seront mis automatiquement en détention en attendant que leur sort soit réglé. Violation claire de l'Habeas Corpus (non applicable cependant en Australie, mais qui reste une référence), texte qui impose que toute détention soit contrôlée par un tribunal pour être légale.
Cette pratique de la détention obligatoire a été introduite en 1992 par le gouvernement travailliste de Paul Keating (une tache dans son bilan par ailleurs très bon), avec cependant des limites strictes : la détention ne pouvait alors pas dépasser 273 jours et elle était limitée à des cas bien précis. Mais en 1994, débordé sur sa droite et à la suite d'une campagne médiatique sur une "déferlante" récente de réfugiés (notamment Vietnamiens et Chinois), Keating franchit le Rubicon et élargit les possibilités de détention automatique d'immigrés illégaux. La limitation de durée est notamment supprimée : la boîte de Pandore est ouverte, la détention infinie (ou au moins jusqu'à ce que la demande de visa soit traitée) devient possible. Cependant, la législation est alors présentée comme provisoire : une fois les flux d'immigration stabilisés, Keating promet de revenir au système antérieur, ou au moins de réévaluer le dispositif.
On ne saura jamais si Keating avait l'intention de respecter cette promesse, puisqu'il perdra les élections en 1996.
Enters John Howard. Si Keating avait quelques scrupules avec la détention obligatoire (ce qui ne l'a cependant pas empêché de l'introduire), Howard, lui, n'en a aucun. Il trouve cela très bien pour protéger les frontières face aux invasions d'indésirables. Il résume son adhésion à cette politique par une phrase que ne renierait pas notre mini-président, à savoir : "Nous déciderons seuls de qui entre dans ce pays, et dans quelles circonstances ils le font". Sauf que ce n'est pas le problème : bien sûr que l'Australie a le droit de contrôler ses frontières, mais ça n'implique pas forcément de traiter les réfugiés comme de la merde.
Mais Howard n'en a cure. Il va renforcer un dispositif qui est de plus en plus critiqué par les juristes et les groupes de défense des droits de l'homme, mais qui reste populaire auprès de l'Australien de base. Notamment après le 11 septembre, dans le contexte que l'on connaît. Howard, qui se pose en "tough guy" partisan de la fermeté, va donc élargir encore les possibilités de détention obligatoire. Surtout, il crée la possibilité d'une détention infinie dans les cas où le réfugié est débouté de sa demande d'asile mais ne peut être renvoyé dans son pays : sous le système Keating, le réfugié était alors automatiquement régularisé pour raisons humanitaires. Sous le nouveau système Howard, le réfugié ne sera ni expulsé ni régularisé : il restera tout simplement indéfiniment en prison sur le territoire Australien. Un bien beau cadeau pour des gens qui fuient des régimes oppressifs : leur montrer que leur pays d'origine ne craint pas tant que ça, puisque les Australiens eux aussi peuvent les traiter comme des chiens. Ou alors, on les traite comme chez eux pour leur rappeler la maison et leur éviter le mal du pays...en fait, elle est humaniste cette politique ! Ou pas...
Enfin bref, tout ça c'est bien joli, mais ce n'est pas encore assez pour Howard. En 2001, un navire norvégien porte secours à un navire indonésien en détresse au large des côtes Australiennes. Or, il se trouve que les passagers de ce navire, recueillis par le bateau norvégien, sont pour la plupart des clandestins venus d'Irak ou d'Afghanistan et qui espèrent pouvoir trouver refuge en Australie. Le vaisseau norvégien demande alors à l'Australie la possibilité de poser l'ancre dans un port Australien, conformément au droit international qui impose à tout pays de recueillir quiconque fait naufrage près de ses côtes. Refus catégorique du gouvernement Howard, qui va même démarcher les gouvernements voisins pour leur proposer d'accueillir eux-mêmes les réfugiés, aux frais de l'Australie ! Ce n'était donc même pas une question d'argent, Howard voulait seulement éviter à tout prix de voir ces va-nu-pieds poser ne serait-ce qu'un orteil sur le sol de sa chère patrie. Le bateau norvégien sera donc arraisonné par la police Australienne et les réfugiés seront internés dans des camps sur l'île de Nauru. Pour justifier cette intervention musclée, Howard ira même jusqu'à prétendre que le naufrage du navire indonésien avait été simulé et que les passagers avaient jetés eux-mêmes leurs enfants à la mer pour obliger les gardes-côtes Australiens à les sauver et ainsi pouvoir entrer en Australie. Une enquête du parlement prouvera un peu tard (alors que l'opinion a oublié l'affaire) que les allégations d'Howard étaient fausses et qu'il le savait très bien.
Quoi qu'il en soit, Howard va se servir de cette affaire pour parachever le système : nous avons vu qu'il était primordial pour lui d'empêcher que les clandestins posent le moindre pied sur le sol Australien. Dans cet esprit, il va démarcher les gouvernements d'une dizaine d'îles du Pacifique pour y installer des centres de détention payés par le gouvernement Australien pour y enfermer les réfugiés. L'avantage de cette délocalisation est clair : endormir l'opinion publique en éloignant le problème. En effet, l'homme de la rue n'a que faire de s'occuper de gens qui sont entassés sur des îles isolées à des milliers de kilomètres de lui. Cachons donc ces réfugiés que le peuple ne saurait voir. Ce qui n'était qu'un cas d'espèce dans l'affaire du navire norvégien va donc devenir une politique globale que Howard va appeler "la solution du Pacifique" (The Pacific Solution). Avant même les prisons secrètes de la CIA en Europe, Howard inventait donc la délocalisation des pratiques gênantes et peu respectueuses des droits de l'homme...
Tout cela fait de l'Australie un pays aux pratiques douteuses en matière d'immigration, d'autant que la Haute Cour elle-même a validé le principe de la détention à durée indéterminée sans contrôle judiciare. Le pays a ainsi été régulièrement épinglé par Amnesty International et la Commission des droits de l'homme de l'ONU. Malheureusement, vous l'avez vu, la gauche a elle aussi des responsabilités dans la mise en place d'un système qui n'a pas son équivalent dans le monde occidental (même en France...pour l'instant). Cependant, Kevin Rudd, lors du récent retour de la gauche au pouvoir, a immédiatement annoncé la fin de la "solution du Pacifique" : ainsi, en quelques semaines, tous les camps de détention situés dans les îles du Pacifique ont été fermés par le nouveau gouvernement et les réfugiés ont été rapatriés en Australie où ils attendent à présent la réponse de l'administration quant à leurs demandes d'asile. L'aspect le plus dégueulasse de la politique d'immigration Howardienne a donc été supprimé. Mais il reste maintenant à aller jusqu'au bout : abroger le principe même de la détention obligatoire sans contrôle judiciaire, ou au moins réinstaurer des limites strictes. Pour que l'Australie retrouve sa fierté morale...
Come on Mr. Rudd, one step further...can you do it ?