Posté le 02.08.2007 par alsacedownunder
Une photo des jardins chinois. A mon avis, si Sarkozy était allé y faire un tour pendant la campagne, il n'aurait pas eu besoin de lexomil pour rester zen...en même temps, c'est Sarkozy, ça n'aurait peut-être pas suffi avec lui.
Posté le 02.08.2007 par alsacedownunder
Voici la cathédrale Saint Andrews, située à côté du Town Hall. Beau bâtiment, construit dans la deuxième moitié du XIXè siècle, mais je n'ai pas eu la chance d'y rencontrer Dieu. A croire qu'il m'évite...
Posté le 02.08.2007 par alsacedownunder
Voici une photo du Town Hall, situé juste devant l'endroit diabolique où j'ai failli laisser ma peau, le Queen Victoria Building. C'est là que se réunit le Sydney City Council, l'administration qui régit le centre de Sydney. Il n'y a en effet pas de maire de Sydney, la ville est divisée en quartiers qui ont chacun leur propre gouvernement. Et après, on s'étonne que ce soit l'anarchie, moi j'vous l'dis, c'qu'il faut à cette ville, c'est un pouvoir fort, et pis c'est tout. Allez Bébért, sers-m'en un autre !
Posté le 02.08.2007 par alsacedownunder
Voici un corbeau australien (je ne sais pas si c'est un corbeau, mais comme je ne sais pas ce que c'est et qu'il ressemble à un corbeau, je l'appelle comme ça). Il a refusé de me regarder en face pendant que je prenais sa photo, préférant une posture j'm'en-foutiste de rockstar. La classe, on l'a ou on l'a pas.
Posté le 02.08.2007 par alsacedownunder
Je ne sais pas ce que c'est que cette espèce d'oiseaux, alors j'appelle ça des cigognes australiennes. Y'a une ressemblance, vous trouvez pas ? La différence, c'est qu'ils font leurs nids dans les palmiers, pas au sommet des clochers...
Posté le 02.08.2007 par alsacedownunder
Depuis bientôt deux semaines que je suis à Sydney, j'ai encore vu bien peu de choses. Rendez-vous compte, je n'ai même pas encore vu l'opéra, ni Harbour Bridge, alors que les étudiants avec qui j'ai discuté se sont précipités dessus dès leur arrivée. Eh oui, c'est ça quand on habite dans la banlieue, c'est trop la zère-mi, c'est loin de tout, y'a rien à faire, tu vois.
J'ai donc décidé, comme j'étais en week-end (eh oui, je suis en week-end le jeudi), de me balader un peu dans Sydney. Je pensais repasser par Darling Harbour pour prendre des photos (je n'avais pas mon appareil la dernière fois) avant de me diriger vers l'opéra. Malheureusement, l'opéra était beaucoup plus loin que je ne le pensais, et devant les protestations indignées de mes pieds, qui commençaient à se couvrir d'ampoules, j'ai dû renoncer à y aller, la mort dans l'âme. Bah, j'irais la prochaine fois.
Mais je n'ai pas perdu mon temps pour autant. Si je n'ai pas vu l'opéra, j'ai pu prendre des photos du Queen Victoria Building dont je vous ai parlé la dernière fois, ainsi que du Town Hall et de la cathédrale Saint-Andrews. De très beaux bâtiments (toujours de l'époque victorienne), qui contrastent fortement avec les immenses gratte-ciels qui se trouvent autour. C'est un des paradoxes de Sydney, un bâtiment vieux de 150 ans peut côtoyer une immense tour ultra-moderne, ce qui donne un beau bordel au final. Les australiens n'ont décidément aucune considération pour les vieilles pierres et les lois de l'architecture. Et en plus, ils construisent des bâtiments qui sont de véritables labyrinthes, comme s'ils voulaient à tout prix que les étrangers se perdent dans les limbes de leurs dédales. C'est d'ailleurs ce qui a failli m'arriver dans ce fichu Queen Victoria Building, qui est en fait un centre commercial. C'est encore pire que la place des halles, un peu dans le genre de la maison qui rend fou dans Astérix : une fois dedans, on n'en sort plus. C'est bruyant, y'a un monde fou et c'est mal foutu. Même la sortie est mal indiquée, comme si on voulait vous inciter à rester pour dépenser votre argent dans des trucs aussi inutiles que coûteux. Vous savez, ce qu'on appelle "les fringues à la mode" (le Queen Victoria Building est en effet rempli de boutiques de vêtements, une véritable torture pour moi). "Vous ne pouvez pas sortir, alors autant vous acheter le dernier petit ensemble de chez Chanel, n'est-ce pas ?". Face à mes tentatives infructueuses de trouver la sortie, une pensée désagréable commençait à s'installer insidieusement dans ma tête : "et si c'était l'esprit de la reine Victoria qui se vengeait parce que je me suis moqué de sa statue sur mon blog ?". Je savais que j'étais allé trop loin, le courroux de la reine s'est abattu sur moi et a détruit mon sens de l'orientation (comme s'il en avait besoin).
Malgré tout, au bout d'une demi-heure, la reine, dans Sa grande mansuétude, a dû décider que j'avais suffisamment souffert et j'ai enfin réussi à sortir de cet enfer, après moultes péripéties incluant une féroce bataille pour entrer dans un ascenseur bondé alors que j'aurais pu prendre l'escalier (mes pieds ne voulaient pas en entendre parler). J'ai également demandé mon chemin à un type très sympa mais avec un accent à couper au couteau et une fâcheuse tendance à avaler ses mots. Voyant que je n'obtiendrai aucune phrase intelligible de sa part, je lui ai juste dit "thank you" et je me suis dit que j'allais essayer de m'en sortir tout seul. Ce que j'ai finalement réussi, en prenant une sortie de secours.
Une fois l'épreuve de la maison qui rend fou réussie, j'avais besoin de me ressourcer. Et pour ça, quoi de mieux que les jardins chinois de l'amitié et de la félicité ? Vous savez, l'unique attraction de Chinatown dont je vous avais parlé la dernière fois. En fait, les jardins ne sont pas vraiment situés dans Chinatown, ils se trouvent dans le parc de Darling Harbour situé à côté. Ils sont payants (trois dollars l'entrée), mais ils valent vraiment le coup. Ils ont été offerts à la ville de Sydney par la communauté chinoise à l'occasion du bicentenaire de la fondation de la colonie de Port Jackson (qui est aujourd'hui devenu Sydney) par le capitaine Arthur Phillip, comme le rappelle une pierre située à l'entrée. Je ne sais pas ce qu'il faut entendre par "offerts" (peut-être que les jardins ont été arrachés de la cité interdite à Pékin et emmenés par hélicoptère), toujours est-il que l'ensemble est censé symboliser l'amitié australo-chinoise. Ces jardins sont le contraire du Queen Victoria Building : c'est une oasis de calme et de volupté au coeur d'une ville de fous qui a perdu le sens de la mesure (ouah, la phrase qui en jette). Lao-Tseu l'a dit, il faut trouver la voie. Moi, je l'ai trouvée, non pas en me faisant couper la tête, mais en pénétrant dans ce havre de paix après une journée éprouvante. Le jardin est très difficile à décrire de manière adéquate avec des mots, alors je vais simplement vous laisser regarder les photos que j'ai prises. De mon côté, je vais aller méditer sur la nature diabolique des centres commerciaux dans les grandes villes...
Posté le 31.07.2007 par alsacedownunder
Aujourd'hui, deuxième jour de cours. Cette fois-ci, pas question de faire la grasse matinée, les cours commencent à 10 heures. Il s'agit d'un cours de droit international public, une matière bien plus intéressante que le droit commercial, mais qui ne mène à rien d'autre que l'enseignement (à moins d'être super balèze au point de décrocher un poste à la cour internationale de justice). Bah, pour une fois, laissons-nous séduire uniquement par les choses de l'esprit et laissons de côté les considérations bassement matérielles.
Le cours a lieu dans une salle de classe située dans le bâtiment numéro 5 du campus d'Haymarket. Beaucoup moins moche que la tour centrale (j'ai mis une photo sur le billet précédent). Nous ne sommes qu'une vingtaine d'étudiants. Cette fois-ci, il n'y a pas de jolie étudiante tchèque qui s'assied à côté de moi, mais un des étudiants français que j'avais rencontré lors de la journée d'accueil. Le prof arrive un peu en retard, mais il nous fait tout de suite bonne impression : très détendu, il tient à nous mettre à l'aise. On apprend assez vite qu'il est d'origine grecque. D'ailleurs, y'en a tout de suite un qui en a profité pour faire de la lèche en disant qu'il avait visité la Grèce et qu'il avait adoré, pitoyable tentative de récolter des points supplémentaires.
Mais revenons au prof. Il s'appelle Efsthatios Palassis (ça ne s'invente pas), n'aime pas le droit commercial ni l'OMC, et passe la moitié de son temps à pester contre les universités australiennes qui n'accordent pas assez d'importance au droit international, contrairement aux universités européennes. Il a d'ailleurs entendu parler de l'université Robert Schuman de Strasbourg (incroyable mais vrai) et semble enchanté d'apprendre que j'y ai fait mes études. Le revers de la médaille, c'est qu'il considère que mon parcours implique de fortes connaissances en droit international, et qu'il compte sur moi pour aider les autres étudiants s'ils ont des problèmes. D'un côté, c'est flatteur, mais de l'autre, c'est quand même une putain de responsabilité qui pèse sur mes fragiles épaules. Am I going to live up to the expectations ? Wait and see...
Concernant la notation, pas d'examen oral, nous serons notés sur deux travaux écrits de 2500 mots chacun qui impliqueront un effort de recherche de notre part. C'est donc plus relax qu'en droit commercial.
Bref, le cours s'est plutôt bien passé. J'ai mangé mon repas de midi dans un resto chinois, toujours sans fourchette, puis j'ai passé l'après-midi à flâner dans les rues. J'ai vu Darling Harbour, une espèce de grand parc à partir duquel on peut accéder aux jardins chinois de la félicité, à l'aquarium de Sydney, et au musée maritime. Ensuite, j'ai visité le Queen Victoria Building (voir photo), un superbe bâtiment de l'ère...victorienne (incroyable, non ?), avec une grande statue très moche de Sa majesté la reine Victoria devant le bâtiment. Je ne sais pas si la statue est moche à cause du modèle, à cause du matériau, ou à cause du style du sculpteur, c'est difficile à dire. La statue se trouvait autrefois devant le parlement irlandais, elle est un "cadeau" fait au peuple australien par le peuple irlandais (un cadeau, tu parles, ils étaient sûrement très contents de s'en débarrasser). Bon, je vais quand même arrêter de dire du mal de la monarchie anglaise, je vais finir par m'attirer des ennuis...
Pour finir la journée, je suis rentré dans ma banlieue (wesh, j'viens de la té-ci moi, c'est trop la zère-mi dans mon quartier, tu vois) et je me suis acheté de la Guinness. J'ai également continué mon enquête relative aux bières australiennes en achetant une bière haut de gamme, la Crown Lager. Jusque dans les années 1950, cette bière était réservée à la famille royale et aux diplomates britanniques. Autant dire que je comprends pourquoi, elle est vraiment excellente, encore meilleure que la Victoria Bitter, et à peine plus chère. Décidément, je sens que je vais me plaire ici...
Posté le 30.07.2007 par alsacedownunder
Aujourd'hui, j'ai eu droit à mon premier cours "made in Australia". Eh oui, fini le temps de l'insouciance, du farniente, du shopping, et du lever à 11h. Enfin, le lever à 11h est théoriquement encore possible, du moins le lundi, puisque les cours ne commencent qu'à 18h. Mais ça ne change rien au fait que j'ai désormais des OBLIGATIONS. Quelle horreur.
Bon, alors, que dire de ce premier cours ? Il s'agissait d'un cours de droit commercial international. Le droit commercial n'est pas une matière qui me botte particulièrement, mais il n'y avait pas beaucoup d'autres matières de droit international disponibles. Et puis, y paraît que cette matière offre pas mal de débouchés (eh oui, personne n'est parfait, moi aussi j'ai le droit de succomber à des motivations bassement matérielles, merde à la fin).
Droit commercial international, donc. Vous savez, l'OMC, le GATT, l'UE, et autres entités diaboliques qui font hurler José Bové et ses amis altermondialistes. A tort ou à raison, c'est une autre histoire, et ce n'est pas le but du cours que de le dire.
Sur le fond, nous avons eu droit à une introduction rapide de ce qu'était le droit commercial international, avec pour commencer une définition, comme dans tout cours de droit qui se respecte. Ensuite, distribution du plan du cours, puis nous avons dû choisir un sujet de présentation orale. Eh oui, chacun de nous va passer à la casserole au cours du semestre pour 15 minutes de présentation orale devant la classe. J'ai choisi un sujet sur l'agriculture à l'OMC (un truc bien français quoi), et je passerai dans 2 mois, j'ai le temps de voir venir.
Cette présentation orale comptera pour 15% de la note. Le reste de la note portera sur une espèce de thèse (un "assignment"), ou plutôt une dissertation grand format (6000 mots) sur un sujet de notre choix, à rendre à la fin du semestre. Cela comptera pour 85% de la note. Bref, de sacrés réjouissances en perspective.
Concernant la forme, ça ressemblait plus à un cours de lycée ou à des TD qu'à un cours en amphi. Nous n'étions qu'une trentaine d'étudiants et la prof ne se contentait pas de nous faire cours, elle nous faisait aussi participer en nous posant des questions. Rien à voir avec un cours en amphi, où les étudiants restent passifs. Nous avons d'ailleurs dû nous présenter un par un, dire pourquoi nous avions choisi le sujet (parce qu'il n'y avait rien d'autre ?), quelles études nous avions fait auparavant, ce que nous comptions faire plus tard, enfin bref, vous voyez le genre. J'ai remarqué qu'il y avait pas mal d'étudiants étrangers, dont la plus grosse partie vient d'Asie : Chine, Japon, Bangladesh, Corée. Il y avait également un étudiant jordanien, une étudiante allemande, une étudiante italienne, et une charmante étudiante australienne d'origine tchèque assise à côté de moi et répondant au doux nom de "Zeljana". Elle vit en Australie depuis l'âge de 8 ans et a un peu étudié le français au lycée, mais elle dit qu'elle le parle très mal. Il faudra que je pense à lui proposer des cours particuliers pour qu'elle puisse l'améliorer...
Posté le 28.07.2007 par alsacedownunder
Désolé de vous l'apprendre, mais il ne m'est pas arrivé grand-chose d'exaltant ces derniers jours. Pas d'attaque de crocodile, pas de morsure d'araignée, ni de scorpion, pas de bataille épique avec un requin.
Je me suis donc dit qu'au lieu de vous parler de mes trépidations inintéressantes dans les supermarchés de mon quartier, j'allais vous parler du drôle de pays où je me trouve en ce moment, l'Australie.
L'Australie est un pays grand comme 15 fois la France, mais avec seulement 20 millions d'habitants, essentiellement répartis dans une dizaine de grandes villes. C'est le contraire du Japon : beaucoup d'espace, pas de gens. L'environnement du pays est assez unique, on y trouve des espèces d'animaux qui n'existent nulle part ailleurs (y compris des dizaines de trucs qui piquent, qui brûlent et qui mordent, comme par exemple l'araignée à dos rouge, que je n'ai pas eu la chance de rencontrer jusqu'à présent). Les premiers habitants, comme on a coutume de le dire, vivaient en harmonie avec toutes ces bestioles, avant que les européens ne viennent nettoyer tout ça au kärcher (vous savez bien, pillages, massacres, maladies, les trucs habituels). Aujourd'hui, les aborigènes ne sont plus que 2% des australiens, et ils concentrent 10 fois plus de problèmes que le reste de la population : chômage, délinquance, alcool, etc...
Politiquement, l'Australie est tout aussi atypique. Le chef de l'Etat n'est pas un président comme chez nous, il n'est même pas australien. Il s'agit d'une vieille dame âgée de 81 ans au style vestimentaire douteux (notamment au niveau des couvre-chefs). Elle habite à des milliers de kilomètres de l'Australie et n'a visité le pays que 5 ou 6 fois depuis son accession au trône. Si je vous dis que cette dame adore le thé et habite dans un super appart' en plein centre de Londres, vous aurez deviné qu'il s'agit ni plus ni moins que de Sa très gracieuse majesté, Elizabeth II, reine d'Angleterre, et également reine d'Australie donc (ainsi que d'une quinzaine d'autres pays). Eh oui, l'Australie n'a pas encore rompu tous ses liens avec l'ancienne puissance coloniale (le drapeau du pays en est un autre exemple, on y voit l'Union Jack en haut à gauche). Contrairement aux Etats-Unis, les Australiens n'ont pas fait de guerre d'indépendance pour se libérer des griffes de la perfide Albion. Ils sont devenus indépendants petit à petit, presque malgré eux, le temps et la distance ayant fait leur oeuvre. Il est d'ailleurs difficile de dater avec précision l'indépendance de l'Australie. Formellement, le pays a commencé à s'autogérer dès les années 1900. La fédération a été formée en 1901, mais l'Australie restait juridiquement un dominion britannique, au même titre que l'Inde par exemple. En 1931, le parlement de Londres vote le statut de Westminster, ratifié en 1942 par le parlement australien : ce statut consacre enfin l'indépendance juridique de l'Australie. Il faudra cependant attendre l'Australia Act de 1986 pour que les derniers liens juridiques avec le Royaume-Uni soient supprimés : en effet, jusqu'à cette loi, le parlement anglais pouvait encore (théoriquement) modifier la Constitution australienne, et un certain nombre d'affaires juridiques australiennes pouvaient remonter jusqu'à la plus haute Cour d'appel du Royaume-Uni. Ce n'est plus le cas aujourd'hui, Elizabeth II reste donc le dernier lien unissant l'Australie à la Grande-Bretagne.
Lorsque vous interrogez les australiens à ce sujet, la plupart sont d'accord pour dire qu'il est stupide d'avoir à la tête de l'Etat une femme (ou un homme avec de grandes oreilles lorsqu'elle sera morte) qui habite à l'autre bout de la planète, et qui est anglaise de surcroît (good gracious !). La plupart des australiens sont donc en faveur de l'instauration d'une république. Problème, ils ne savent pas ce qu'ils veulent comme république : une république présidentielle ou parlementaire ? Un président élu par le peuple, ou choisi par le parlement ? Cette incertitude quant à la forme du nouveau régime a conduit à l'échec d'un référendum sur l'instauration d'une république il y a quelques années, le non l'ayant emporté de peu alors que selon un sondage, seuls 10% des australiens souhaitaient le maintien de la monarchie. Jusqu'à nouvel ordre, l'Australie doit donc continuer à se coltiner cette chère Elizabeth à la tête de l'Etat.
La reine est représentée en Australie par une espèce de gouverneur général qu'elle nomme elle-même (en concertation avec le Premier ministre). On a toujours pensé que ce gouverneur général n'avait aucun véritable pouvoir, jusqu'à ce que l'un d'entre eux (John Kerr) se permette de renvoyer un premier ministre travailliste (Gough Whitlam), pourtant soutenu par le Parlement. Raison invoquée : des difficultés à faire voter le budget en raison de l'opposition du Sénat conservateur. Ce coup de pouce du gouverneur général a alors permis aux conservateurs de revenir au pouvoir. L'une des conséquences en a été l'abandon du projet de sécurité sociale auquel le Sénat était farouchement opposé. Cet évènement, plus de 30 ans après, reste encore aujourd'hui l'un des plus controversés de l'histoire politique australienne. Un peu comme si la reine d'Angleterre décidait du jour au lendemain que Gordon Brown ne lui plaît pas et que le pays se porterait mieux si un conservateur était à sa tête. Depuis, les premiers ministres y réfléchissent à deux fois avant d'irriter le gouverneur général (il est conseillé d'éviter les remarques déplacées sur son swing lors d'une partie de golf).
Parlons justement du premier ministre actuel. Il s'appelle John Howard, et il appartient au camp conservateur (coalition entre le parti libéral, équivalent de l'UMP, et le parti national d'Australie, équivalent du MPF de De Villiers). John Howard est un individu douteux (en tout cas de mon point de vue). Il est de droite. Ce n'est pas une tare en soi, mais lui, il est vraiment très très à droite. Il a refusé de signer le protocole de Kyoto, il a saboté le référendum sur la République dont nous parlions plus haut, il a suivi Bush en Irak, il a durci les lois sur l'immigration, et il a foutu en l'air les efforts de réconciliation avec les aborigènes entamés par le précédent gouvernement travailliste. Il ne rate pas une occasion de brocarder les aborigènes en les traitant d'alcooliques et de délinquants au prétexte de lutter contre le politiquement correct. Evidemment, il se défend d'être anti-aborigène, mais le fait est que depuis qu'il est au pouvoir, leur situation ne s'est pas améliorée. De toutes façons, l'électeur moyen n'en a rien à cirer des aborigènes, et donc, Howard non plus.
Les partisans d'Howard soulignent la bonne santé de l'économie (peu de chômage, forte croissance). Mais là encore, si on gratte un peu, on se rend compte que la situation est moins rose qu'il n'y paraît : la pauvreté augmente, et la situation des plus pauvres a empiré, notamment en raison de la hausse des prix de l'immobilier. Ainsi, devenir propriétaire est aujourd'hui un rêve inaccessible pour de plus en plus d'australiens. De même, l'accès aux soins pose problème, en l'absence d'un système de sécu digne de ce nom. Par exemple, les frais dentaires ne sont pas remboursés par le système public.
Pourtant, malgré tout, Howard s'accroche au pouvoir, il est là depuis 1996, ce qui fait 11 ans maintenant. Plus que Tony Blair, et presque autant que Chirac. Mais avec un peu de chance, il succombera aux prochaines élections, qui auront lieu dans quelques mois. Même dans le parti libéral, on commence à grincer des dents, on pense qu'il aurait déjà dû laisser sa place et que cette élection risque d'être celle de trop. Je vous parlerai évidemment de la campagne quand elle aura commencé.
En attendant, je vais aller prendre une tasse de thé et boire à la santé de cette chère Elizabeth...
Posté le 26.07.2007 par alsacedownunder
Après un mardi plutôt calme où je n'ai rien fait d'autre que compléter ma collection d'accessoires indispensables en achetant une éponge, un égouttoir et un sèche-cheveux, le mercredi a été consacré au retrait de la carte d'étudiant. Pas de soucis, c'était très bien indiqué. En fin d'après-midi, je me suis rendu au cocktail donné par le Vice Chancellor pour accueillir les étudiants étrangers. Il s'agissait ni plus ni moins d'un buffet, au cours duquel le Vice Chancellor nous a gratifié d'un discours similaire à ce que nous avions déjà entendu lors de la journée d'accueil. J'ai encore eu l'occasion de rencontrer un étudiant français originaire de Paris, et un étudiant espagnol originaire de Madrid. Un truc bizarre d'ailleurs, c'est que tous ces gens ont trouvé sans problèmes une place en résidence universitaire alors que d'après ce qu'ils me disent, ils n'ont pas fait la demande plus tôt que moi. Faut croire que je n'ai pas eu de chance...
Bref, le cocktail n'a rien eu de très échevelé. Beaucoup de monde, une nourriture de qualité moyenne, et pas d'alcool.
Après cette journée plutôt calme, la journée du mercredi a été consacrée à plusieurs choses. D'abord, la (ré)ouverture (oui, j'ai du recommencer le processus à cause d'une erreur dans le premier dossier) d'un compte en banque à la citibank, une banque avec des employés chinois qui prononcent le nom de leur banque "shittybank" (traduction, "banque de merde", j'espère que c'est juste une erreur de prononciation qui ne recouvre aucune réalité concrète). En même temps, je peux toujours me moquer, mais mon accent n'est pas non plus parfait.
Ensuite, je suis allé retirer ma carte medibank (la sécu locale, qui ne couvre pas grand-chose et qui ne rembourse pas à 100%, un peu comme notre chère mutuelle étudiante, la MGEL). Enfin, comme je n'avais rien d'autre à faire, j'ai consacré le reste de la matinée à visiter le centre ville. C'est là qu'on se rend compte que Sydney est une ville très cosmopolite : outre les gens d'origine européenne, on trouve des gens d'origine asiatique, des gens d'origine asiatique, et des gens d'origine...asiatique, oui, vous avez deviné (comment avez-vous fait ?). Sans oublier les gens originaires de l'extrême orient. Eh oui, le centre ville se trouve tout près du quartier chinois (dont l'entrée est ornée d'un arbre d'or que vous voyez sur la photo), que j'ai arpenté sans but, pour voir un peu comment c'était. J'ai été, je dois le dire, assez déçu. Il ne se distingue en rien des autres quartiers de la ville, si on met de côté le fait qu'il y a plein de chinois (à peine plus qu'ailleurs) et que les pancartes et autres enseignes sont écrites en chinois (ne me demandez pas si c'est du cantonais ou du mandarin, je serai incapable de vous répondre). J'en ai profité pour aller manger dans un restaurant chinois, pour voir si c'était comme en France. Eh bien, pas vraiment. La nourriture disponible est grosso modo la même (nouilles sautées, nems, thé au jasmin...). Mais le service n'est pas fait de la même façon : vous ne commandez pas votre nourriture auprès d'un serveur, vous la choisissez sur des chariots que les serveurs poussent devant vous tout au long du repas. L'avantage, c'est que ça prend moins de temps. Le désavantage, c'est que vous n'avez pas vraiment le temps de réfléchir à ce que vous voulez : étant donné l'affluence qu'il y avait, les serveurs n'ont pas de temps à perdre, et si vous avez le malheur de réfléchir trop longtemps, ils considèrent que vous ne voulez rien et repartent à la table située à côté de la vôtre. Vous pouvez également vous retrouver avec un plat principal avant que le chariot des entrées ne soit passé. Autre différence avec la France, pas question de manger avec une fourchette : le serveur m'a regardé avec des gros yeux quand je lui en ai demandé une, comme si je venais de proférer une grossièreté. Tant pis, je me suis débrouillé avec les baguettes. Pour les nouilles, ça ne posait pas de problèmes, par contre, pour les ailes de poulet, j'ai dû me résoudre, après plusieurs tentatives pitoyables de les faire tenir dans mes baguettes, à les manger avec les doigts. Ne me regardez pas comme ça, j'aurais aimé vous y voir, elles n'arrêtaient pas de glisser de mes baguettes, ces saloperies, malgré mes efforts désespérés de leur faire entendre raison (je crois que les clients à côté ont trouvé ça très drôle, mais comme ils parlaient en chinois, je ne sais pas si c'était de moi qu'ils riaient). Et de toutes façons, il n'y avait pas de sauce, ce n'était donc pas si dégueulasse de les manger avec les doigts.
Un dernier mot sur la clientèle du restaurant : je crois que j'étais la seule personne à ne pas être d'origine asiatique. Personne ne parlait anglais, je me suis donc senti un peu seul. Là, on était vraiment dans Chinatown. Mais bon, le repas était bon, copieux, et pas si cher (23 dollars, une quinzaine d'euros), ma petite escapade en Chine n'était donc pas si désagréable.
Une fois le repas terminé, je suis retourné dans ma banlieue, un peu déçu de Chinatown mais rassasié. Il semble d'ailleurs que ma déception soit dûe au fait que j'ai manqué LA principale attraction de Chinatown, à savoir les jardins chinois de la félicité, construits sur les modèles des jardins privés de la dynastie Ming. Il est très rare de trouver des jardins de ce type ailleurs qu'en Chine. Ca en jette, non ? Et dire que j'ai loupé ça...pas grave, j'y retournerai demain. C'est pas comme si j'avais pas le temps.
La fin de l'après-midi a été consacré au début de mon enquête sur les boissons locales (oui, j'ai décidé de donner de ma personne pour découvrir les breuvages australiens et ainsi m'immerger dans la culture du pays). Premier achat, la bière la plus populaire ici, la Victoria Bitter (non, ne parlez même pas de la Fosters à un Australien, il vous regardera comme si vous veniez de lui proposer du cyanure). La Victoria Bitter est une bière standard de type lager, légèrement amère, qui rappelle un peu la Heineken, mais en mieux. Ce qui ne gâche rien, c'est qu'elle est vendue en pack de 6 bouteilles de 37,5 cl et non pas 33 cl comme en France, le tout pour un prix équivalent.
Premier essai concluant, donc. Demain, j'attaque la XXXX (prononcer "Four X"), une bière du Queensland. Il faudra aussi que je pense à essayer le vin australien...