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alsacedownunder
Description du blog :
L'Alsace au 36ème dessous : bienvenue sur le blog d'un étudiant strasbourgeois parti un an à Sydney.
Catégorie :
Blog Journal intime
Date de création :
22.07.2007
Dernière mise à jour :
23.10.2008

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Il y a des cailloux sur toutes les routes

Posté le 18.08.2007 par alsacedownunder
Sur le côté droit de la plage, il y a une espèce de falaise et plein de cailloux. C'est beau, non ? Par contre, je n'ai vu aucun surfeur s'approcher de ce côté là. Quand je vous disais qu'ils n'ont rien dans le slip...

La mer, qu'on voit danser...

Posté le 18.08.2007 par alsacedownunder
Une autre photo de Bondi Beach. Vous constaterez avec moi qu'il n'y a pas un chat (pour la plage la plus célèbre du pays, ça m'a scié), et que les vagues ne sont pas si grosses que ça. Ils ont rien dans le slip ici, ou quoi ?
Enfin, je me moque, mais quand il s'agit de surf, ils en ont quand même plus que moi, puisque ces vaguelettes étaient déjà trop hautes pour moi. En plus, il faisait froid...

Surfin' Australia

Posté le 18.08.2007 par alsacedownunder
Après mes aventures invraisemblables de jeudi matin, j'ai décidé qu'il valait mieux que je mette un peu de distance entre moi et les aspirateurs. Jeudi après-midi, j'avais décidé d'aller à Bondi Beach, la plage la plus connue de Sydney, celle où tous les surfeurs gominés de la planète se doivent d'aller au moins une fois dans leur vie. Pour ma part, je n'ai pas fait de surf, mais j'ai tout de même fait du sport : au lieu de prendre le bus, j'ai préféré marcher jusqu'à la plage à partir de la station de train, me disant que ce ne devait pas être si loin. Naïvement, je pensais que c'était juste à côté, puisque la station s'appellait "Bondi Junction". Tu parles, y'a bien une demi-heure de marche pour arriver à cette fichue plage...et après, il faut remonter en plus ! Pour aller à la plage, ça va, c'est en descente, mais pour revenir, forcément, c'est en montée (eh oui, comme diraient les Shadoks, quand on prend une descente à l'envers, ça fait une montée, incroyable, non ?), et donc, c'est un peu plus dur...
Sur ce, je vous laisse admirer les photos.

M'enfin !

Posté le 16.08.2007 par alsacedownunder
Apparemment, l'article sur la disparition rocambolesque de l'honorable Harold Holt n'a pas l'air de vous avoir fait réagir. Peut-être que la petite histoire qui m'est arrivée ce matin le fera, elle. En tout cas, elle mettra de l'eau au moulin de ceux qui me prennent pour une éternelle tête-en-l'air à qui il arrive toutes les bricoles possibles et imaginables, comme par exemple mettre des chaussures dépareillées à la sortie d'un bar (certains sauront de quoi je parle). Sauf que cette fois-ci, je n'étais pas bourré.
Ce matin, donc, je me lève comme d'habitude, je prends ma douche comme d'habitude, puis mon petit déjeuner, comme d'habitude (spéciale dédicace à Cloclo). Là-dessus, j'examine l'état général de mon appartement, et je me dis qu'il est temps de passer un petit coup d'aspirateur. Je branche l'engin, et je commence ma tâche ménagère. Une fois le sol nettoyé, je remarque qu'il y a beaucoup de miettes sur la table où j'ai pris le petit déj'. Pourquoi ne pas les aspirer, ce sera plus simple que de passer un coup d'éponge, non ? Avant de vous raconter la suite, il faut que je vous précise que mes clés traînaient sur la table au milieu des miettes. Vous voyez où je veux en venir ? J'en vois déjà qui s'esclaffent au fond...
A un moment donné, j'entends un grand bruit, comme un truc très lourd qui tombe. Peut-être que la mère de la proprio a encore fait des siennes ? Toujours est-il que le bruit me fait sursauter. Je me retourne pour voir ce que c'est, l'aspirateur toujours en main...et là, j'entends un autre bruit, de succion cette fois-ci. Je me retourne, et paf, mes clés ont disparu ! Elles ont été aspirées par mon aspirateur sanyo ultra-puissant à 1300 watts. Je ne pensais pas qu'un aussi gros objet pouvait y entrer ! Et merde alors, me suis-je dit, qu'est-ce que je fais maintenant ? Vous imaginez mon embarras. Si je n'ai plus de clés, comment je vais faire pour sortir et rentrer chez moi ? Je ne peux quand même pas sortir en laissant la porte ouverte. Surtout que les voleurs peuvent rentrer dans la propriété en utilisant la poubelle pour sauter la clôture, comme je vous l'ai démontré l'autre jour.
Paniqué, j'éteins l'aspirateur, et je l'examine pour voir s'il est possible de l'ouvrir. J'ai beau le retourner sous tous les angles, pas moyen de trouver la solution, à moins de tout dévisser. Pourtant, un aspirateur, ça se vide de temps en temps, non ? Il faut donc pouvoir l'ouvrir. Ou alors, peut-être qu'en Australie, ils les jettent quand ils sont pleins et ils en achètent un autre ? On ne sait jamais avec eux. Quoi qu'il en soit, je n'ai pas réussi à ouvrir cette saloperie. J'ai alors enlevé le tuyau d'aspiration, ce qui laissait apparaître une mince ouverture vers le sac. Ni une, ni deux, je retourne l'aspirateur et je le secoue (au-dessus de la poubelle, quand même) pour en faire sortir mes clés. Je le secoue pendant 5 bonnes minutes, le temps d'en faire sortir de la poussière, un cafard mort, des capsules de bouteilles de bière, des petits cailloux, bref, toutes sortes de conneries, sauf mes clés. Je commence à désespérer, ne voyant plus vers quel saint me tourner. Je fais les cent pas, je réfléchis, en désespoir de cause, je secoue le tuyau d'aspiration, et devinez ce qui en tombe ? Mes clés...elles n'étaient pas entrées dans l'aspirateur et étaient restées dans le tuyau. Ô joie, ô bonheur, j'ai retrouvé mes précieuses clés, je peux à nouveau sortir à la découverte du vaste monde sans crainte que les voleurs ou la mère de la proprio ne rentrent dans mon appart'.
Ca y est, vous pouvez m'arroser de commentaires goguenards maintenant. Je suis blindé de toutes façons.

De l'intérêt de savoir nager à contre-courant

Posté le 14.08.2007 par alsacedownunder
Comme il ne se passe pas grand-chose d'exaltant dans ma vie super intéressante (non, je ne vous parlerai pas du kamasutra australien, désolé), j'ai décidé de continuer avec vous l'exploration de l'histoire de l'Australie. Aujourd'hui, nous allons aborder l'histoire d'un personnage singulier, qui occupe une place à part dans l'histoire australienne, non pas pour ses actes, mais pour la façon dont il a quitté cette vallée de larmes qu'on appelle la terre. Il s'agit de Harold Holt, 17e premier ministre de l'Australie.
ATTENTION, lisez cet article jusqu'au bout, même s'il vous paraît chiant au début. Vous verrez, ça vaut le coup, faites-moi confiance.
Harold Holt est né le 5 août 1908 dans la banlieue de Sydney. Après une enfance difficile ponctuée par le divorce de ses parents (oui, je sais on s'en fout), Holt réussit des études de droit brillantes à l'Université de Melbourne. Dès la fin de ses études, le virus de la politique s'accroche à lui : il s'inscrit à l'UAP, United Australia Party, successeur du Nationalist Party of Australia (qui, comme son nom l'indique, est un parti nationaliste, incroyable non ?). L'UAP allait devenir plus tard le Liberal Party, celui du premier ministre actuel, c'est-à-dire l'UMP locale. Holt est donc de droite.
A l'âge de 27 ans, Holt décroche un siège de député grâce à ses relations tissées à l'Université de Melbourne (je pensais que la droite croyait au mérite et à l'effort, mais bon) et devient l'un des plus jeunes membres du parlement australien. Il décroche son premier poste de ministre en 1939 (à 31 ans) dans le gouvernement de Robert Menzies, le premier ministre australien qui détient le record actuel de longévité, 17 années consécutives à la tête du gouvernement (de 1949 à 1966), et 19 années en tout. Lorsque la guerre éclate, Holt s'engage dans un régiment de parachutistes, mais Menzies lui demande de s'en retirer au lendemain d'un crash au cours duquel plusieurs haut gradés de l'Etat-major australien, ainsi que des ministres engagés dans l'armée, trouvèrent la mort. Sans doute par peur qu'il arrive la même chose à son protégé. C'est vrai quoi, vaut mieux éviter que l'élite périsse au cours d'une guerre, non ? La guerre, c'est fait pour tuer la piétaille, la populace.
Mais revenons à notre mouton. En 1941, il fait partie d'une rébellion qui réussit à renverser le gouvernement Menzies (qui était pourtant son mentor) et qui installe au pouvoir le leader du Country Party, qui comme son nom l'indique, est un parti de paysans (ne voyez là aucune connotation péjorative, ce serait mal me connaître voyons !). On ne sait pas pourquoi Holt a lâché Menzies, toujours est-il que s'il espérait une promotion, la manoeuvre a échoué, puisque quelques mois plus tard, la gauche était de retour au pouvoir avec John Curtin, autre grande figure de l'histoire australienne, une sorte de Winston Churchill local, celui qui allait conduire l'Australie lors de la guerre.
En 1945, l'UAP sait qu'il n'a guère de chances de revenir au pouvoir sans se réformer profondément. Un nouveau parti fut donc fondé sur les cendres de l'UAP, le Liberal Party of Australia (ça fait plus moderne), avec Menzies comme leader et Holt promu dans sa garde rapprochée (pas rancunier, le Menzies). Ce parti retourne très vite au pouvoir, la gauche étant désorganisée suite au décès impromptu de John Curtin. Holt se voit confier le ministère du Travail, poste auquel il excelle grâce à ses talents de négociateur, comme le prouve sa décision d'envoyer l'armée pour mater les grévistes du port de Bowen dans le Queensland en 1953 (c'est sans doute ce qu'on appelle une négociation musclée). Il cumule le poste avec celui de l'immigration, position qui lui permet de continuer la "White Australia Policy", une politique encourageant l'immigration blanche en Australie et décourageant l'immigration d'asiatiques, d'africains et autres indésirables. Bravo M. Holt, c'est du grand art. Pour être juste, signalons que cette politique, aujourd'hui fort justement reléguée dans la page "honte nationale", a également été soutenue par la gauche de l'époque.
Après cette carrière ministérielle bien remplie, il ne manquait plus à Holt que le poste suprême, celui de premier ministre. Il va l'obtenir en 1966, lorsque Menzies prendra enfin sa retraite après 17 longues années au pouvoir (pire que Chirac, le gars). Son principal fait d'armes à ce poste ? La décision de continuer coûte que coûte la guerre du Viet-Nam aux côtés des Etats-Unis, alors que la contestation gronde de plus en plus. C'est vrai quoi, pourquoi se contenter de les empêcher d'immigrer chez nous quand on peut en plus leur balancer des bombes sur la gueule ? A ce sujet, Holt aura une phrase célèbre, "All the way with LBJ". Qu'est-ce que ça veut dire, me direz-vous (et vous aurez raison) ? Cela peut être traduit par "jusqu'au bout avec LBJ", LBJ étant Lyndon B. Johnson, le président américain de l'époque, grand promoteur de la guerre du Viet-Nam. Par cette phrase, Holt marquait son attachement indéfectible aux Etats-Unis, quelles que soient les décisions, même mauvaises, prises par leur président. Ca ne vous rappelle personne ? Moi, ça me rappelle un loyal sujet de sa majesté aux grandes oreilles (non, je ne parle pas du prince Charles), ami indéfectible d'un ancien alcoolique qui a réussi à se faire élire deux fois à la maison blanche alors qu'il a du mal à aligner trois phrases complètes. Holt et LBJ, Tony et W, deux belles histoires d'amitié.
Et à part le Viet-Nam, me direz-vous, quelles sont les autres raisons qui font qu'on se souvient de Harold Holt ? Parce que c'est bien joli tout ça, mais pour l'instant, sa biographie est loin d'être intéressante, c'est juste un politicard de seconde zone dont tout le monde se fout. Eh bien, pas tout à fait. Si jusque-là, la vie de Harold Holt ressemble en effet à celle de n'importe quel politicard, la façon dont sa carrière s'est terminée est plutôt cocasse. Et le mot est faible. Jugez vous-mêmes.
Le matin du dimanche 17 décembre 1967, Holt et quelques-uns de ses amis décident de faire une petite virée à Cheviot Beach, une petite plage proche de Melbourne. Holt, connu comme un excellent nageur, décide d'impressionner ses amis en nageant plus loin qu'eux. A un moment donné, on ne sait trop pourquoi, Holt plonge dans les profondeurs, malgré les courants, connus comme relativement dangereux. Ne le voyant pas remonter, ses amis alertent les sauveteurs et la police locale. Malgré de longues recherches, aucune trace du premier ministre ne fut trouvée. Deux jours après le drame, le gouvernement annonce la mort de Harold Holt, disparu en mer au large de Cheviot Beach le 17 décembre 1967. Un premier ministre qui disparaît en mer au cours d'une banale baignade, voilà le genre de truc qui n'arrive qu'en Australie ! Dans les pays normaux, les premiers ministres et les présidents qui ne finissent pas leur mandat se font assassiner ou meurent de maladie. En Australie, ils disparaissent corps et biens.
On n'a jamais retrouvé le corps de l'honorable Harold Holt, ce qui a conduit aux plus folles des spéculations sur sa disparition. Certains ne croient en effet pas à la version officielle de la noyade. Ainsi, on a pu dire qu'il s'était suicidé, ou qu'il avait mis en scène une fausse mort pour échapper au fisc et à ses maîtresses. Un journaliste anglais du nom de Anthony Grey a même prétendu que Harold Holt était en fait un agent secret travaillant pour la République Populaire de Chine, et qu'un sous-marin chinois l'avait récupéré après son plongeon (ceci expliquerait pourquoi il a plongé sans aucune raison apparente). D'autres prétendent qu'il aurait été enlevé par des extra-terrestres (je savais pas que les OVNI pouvaient aller sous l'eau, ils sont forts ces extra-terrestres !).
Pour ma part, je n'y vois que la loi cruelle mais inévitable du marché. En effet, Holt, bien qu'excellent nageur, voyait sa santé décliner au cours des dernières années de sa vie. Il est donc tout à fait normal que la Sainte compétition et la Sainte concurrence aient entraîné son élimination au profit des plus forts. C'est la loi du marché, quand vous n'êtes plus au top, vous disparaissez, et c'est bien fait pour vous, vous n'aviez qu'à pas être un loser. Après tout, Holt était un libéral, je suis sûr qu'il serait d'accord avec moi...
Pour finir, une question sur laquelle je vous laisse méditer : Nicolas Sarkozy sait-il nager à contre-courant ? Bon, c'est vrai, les eaux du Maine sont moins agitées que celles de l'Australie, mais on sait jamais...
Non, je n'ai pas souhaité que Notre Président Bien-Aimé disparaisse au large des côtes du Maine, qu'allez-vous penser là ? Pitié, ne me dénoncez pas à Brice Hortefeux...

Y'a des jours où on ferait mieux de rester couché

Posté le 08.08.2007 par alsacedownunder
Aujourd'hui, je vais vous reparler un peu de moi et de ma vie sans intérêt. Parce qu'il se passe des choses dans ma vie sans intérêt, figurez-vous.
Déjà, j'ai profité du fait que je n'avais pas cours le matin pour faire la grasse mat'. En tout cas, c'est ce que j'avais prévu. Malheureusement, un grain de sable est venu enrayer la mécanique bien huilée de mon sommeil : à huit heures du matin, un grand bruit se fait entendre. Le bruit d'une machine à laver. Eh oui, la buanderie se trouve juste à côté de ma salle de bains, et comme la porte de la salle de bains était ouverte, j'ai entendu la proprio qui faisait sa lessive à huit heures du matin. En fait, ce n'était pas la proprio, mais sa mère venue de Chine, qui est là depuis quelques jours. Peut-être que c'est une coutume chinoise de laver son linge aux aurores (bon, je sais, j'exagère, mais huit heures, c'est tôt quand même), toujours est-il que cette c**** m'a réveillé. Et une fois réveillé, impossible de me rendormir : après avoir essayé vainement de retrouver le sommeil en me tortillant dans tous les sens pour trouver une position confortable dans mon lit, j'ai dû me rendre à l'évidence : pas de grasse mat' aujourd'hui ! Un premier couac dans ma journée, et ce n'était pas le dernier...
Mais n'anticipons pas. Une fois levé, je me suis dit, pourquoi ne pas regarder la télé australienne ? Ils ont peut-être des programmes intéressants le matin. J'ai donc allumé ma télé, pour me rendre très vite compte qu'en fait de programmes intéressants, y'a pas grand-chose. En fait, y'a plus de pubs que de programmes. Il faut s'imaginer un TF1 puissance 10. Par exemple, les infos, qui durent 20 minutes, sont coupées trois fois par des pubs. Idem pour les séries du genre South Park ou les Simpson : chaque épisode est coupé trois fois par des pubs sur la bière (pas de loi Evin en Australie) ou sur les vacances en Nouvelle-Zélande. Et c'est toujours les mêmes pubs : à la longue, ça devient fatigant.
Après un repas de midi où j'ai fait cramer ma viande faute de l'avoir suffisament surveillée (bizarrement, elle était cramée à l'extérieur et pas cuite à l'intérieur), j'ai passé l'après-midi à glander (vous n'avez pas idée de l'énergie que ça peut prendre), avant de prendre le train vers 4h et demi pour me rendre au centre-ville assister à une conférence. Eh oui, aujourd'hui nous n'avions pas cours, le prof nous avait organisé à la place une petite sortie pour aller voir une causerie du procureur général de la Cour Pénale Internationale, le docteur Luis Moreno-Ocampo. Rien que ça. Entre parenthèses, j'ai failli rater mon train parce que je passais mon temps à mettre des pièces de 5 cents dans la machine pour acheter les tickets. En effet, cette saleté n'arrêtait pas de me rendre les pièces que je lui offrais généreusement. En fait, elle ne prend pas les pièces de 5 centimes, mais il ne me restait rien d'autre. Heureusement, un gentil contrôleur qui passait par là a eu pitié de moi et m'a dépanné d'une pièce de 20 cents.
Mais revenons à la conférence. Elle se déroulait à 6 heures à la faculté de droit de l'Université de Sydney, la plus vieille université du pays (elle va en effet fêter ses 157 ans). Comme j'étais en avance, je me suis dit que j'allais acheter un journal local pour patienter. J'ai choisi, au hasard, le Daily Telegraph. Un gros machin d'une centaine de pages pour seulement 1 dollar : bonne affaire, me suis-je dit. J'ouvre donc le journal, et je déchante rapidement. Il y a bien des articles intéressants, mais les pages politiques et actualités mondiales ne font que 10 à 20 % du journal : l'essentiel est consacré aux people, au sport, et à des actualités locales inintéressantes, un peu comme les pages des DNA sur les activités du club des amis du timbre de Wingen-sur-Moder (je ne sais pas s'il y a vraiment un club des amis du timbre à Wingen-sur-Moder, je prends simplement un exemple parlant pour que vous compreniez).
Donc, le journal, pas cher, mais pas terrible. Et la conférence alors, comment c'était ? C'était pas mal du tout, en-dehors du fait que Luis Moreno-Ocampo parlait très vite et avec un fort accent argentin. Oui, il est argentin, et il était assistant procureur à l'époque du procès contre les dirigeants de la dictature militaire argentine des années 1970. Un CV impressionnant, non ? M. le procureur nous a parlé des quatre affaires pendantes devant la Cour Pénale Internationale : l'une concerne la RD Congo, l'autre l'Ouganda, une troisième la République centrafricaine, et la dernière le Darfour. Une heure de réjouissances pour passer en revue des viols, des massacres, des pillages, et last but not least, l'incorporation forcée d'enfants soldats (de 8 à 15 ans) dans les milices congolaises. Ragoûtant, n'est-ce pas ? Bon, il a aussi parlé un peu de droit, quand même, c'est pour ça qu'on était là. Mais bizarrement, il était plus volubile quand il s'agissait d'évoquer les tueries et autres joyeusetés mentionnées plus haut...
Bref, la conférence était très intéressante. Je suis ensuite tranquillement rentré dans ma banlieue, j'ai pris une pizza à emporter à la pizzeria du coin, et je me suis dirigé vers mon appartement. Il faut que je vous précise que l'appartement se trouve dans le jardin attenant à la maison de la proprio. Or, pour pénétrer dans ce jardin, et donc dans mon appartement, il faut soit passer par la maison de la proprio, soit passer par un portail. Ce portail, que vous voyez sur la photo, peut se fermer de l'intérieur par un verrou (que l'on ne peut ouvrir que de l'intérieur). Avec la proprio, on s'est mis d'accord pour qu'elle ne le ferme pas quand je sors, de manière à ce que je puisse rentrer sans la déranger. Mais depuis que sa mère est là, les choses ont changé : cette dernière craint en effet les voleurs et a l'habitude de fermer systématiquement le portail, comme je l'ai appris à mes dépens lundi et mardi. Heureusement, à chaque fois, la proprio était là et elle a pu m'ouvrir, tout en m'assurant qu'elle demanderait à sa mère de ne plus fermer. Il faut croire que sa mère est sourde ou sénile, car ce soir, le portail était à nouveau fermé ! Ca lui suffit pas de me réveiller le matin, il faut aussi qu'elle m'empêche de rentrer chez moi !
Pas de panique, me dis-je, je vais aller sonner chez la proprio, elle va m'ouvrir. Problème, pas de réponse : soit elle n'est pas là, soit elle dort (à 9 heures du soir, c'est tôt, mais bon, pourquoi pas). Toujours est-il que mes coups répétés à la porte d'entrée n'ont rien donné. Bordel de merde, me suis-je dit, comment je vais rentrer, je vais quand même pas dormir sur le trottoir ! Je suis donc retourné au portail pour examiner calmement (tu parles, je flippais à mort) les possibilités qui s'offraient à moi. Impossible d'ouvrir le verrou de l'extérieur. Il ne reste donc plus qu'une solution : grimper la clôture. Problème, elle fait environ deux mètres cinquante de haut. J'ai réfléchi (pendant que ma pizza refroidissait) et j'ai fini par trouver la solution : si je pose d'abord le pied sur le rebord de la fenêtre du mur situé à côté de la clôture, pour me hisser ensuite sur la poubelle qui se trouve devant le portail, je devrais pouvoir sauter au-dessus de la clôture une fois que je serais sur ladite poubelle. Ca paraît tordu comme ça, mais je n'avais pas le choix, et heureusement pour moi, ça a marché : j'ai réussi à sauter la clôture, non sans avoir failli me casser la gueule à cause des roulettes de cette fichue poubelle. Cool, je ne dormirai pas sur le trottoir cette nuit.
Sacrée aventure quand même. Je n'ai peut-être pas encore rencontré de requins ni de crocodiles, mais rentrer chez soi en grimpant sur une poubelle pour sauter au-dessus de la clôture, je suis sûr que vous ne l'avez jamais fait ! Il aura fallu que j'aille au bout du monde pour vivre cette expérience traumatisante. En tout cas, y'en a une qui va m'entendre demain, et ce n'est pas la proprio...
Sur ce, je vous laisse, je vais aller me reposer de cette journée pourrie, en espérant que celle de demain sera mieux.

On ne se refait pas

Posté le 03.08.2007 par alsacedownunder
Aujourd'hui, journée pourrie, il a plu pendant toute l'après-midi. Je me suis donc dit que j'allais continuer avec vous l'exploration des méandres de l'histoire australienne. Mais on n'explore pas l'histoire d'un pays comme ça, sans angle d'attaque. La dernière fois, je vous avais parlé de l'histoire politique du pays (vous savez, avec la vieille dame au style vestimentaire douteux), aujourd'hui, nous allons aborder un sujet un peu moins prise de tête : les jours fériés. Vous savez, cette magnifique invention qui nous donne quelques jours de répit au milieu d'une année de travail (qui a dit que j'étais un fainéant ?).
Mais les jours fériés ne servent pas seulement à se reposer de cette horrible chose qu'on appelle "travail" (du latin "tripalium", qui veut dire "instrument de torture"). Ils peuvent également nous apprendre beaucoup sur l'histoire et la culture d'un pays. Si si, j'vous jure !
En Australie, c'est un peu le bordel, il y a des jours fériés au niveau national et d'autres spécifiques aux Etats fédérés. Difficile à comprendre pour un français habitué au centralisme jacobin de notre beau pays (sauf quand on est alsacien). Les jours fériés nationaux (qui s'appliquent dans tout le pays donc) sont au nombre de neuf. Le premier d'entre eux, c'est le premier janvier, le New Year's Day. Rien d'extraordinaire, on a le même. Le jour férié suivant est plus intéressant, il s'agit de la fête nationale : l'Australia Day, qui tombe le 26 janvier. En-dehors du fait qu'il soit un prétexte pour boire plus que de raison et faire d'autres choses que la morale catholique réprouve, ce jour sert à commémorer la fondation de la première colonie européenne du pays à Port Jackson le 26 janvier 1788 par le capitaine Arthur Phillip, lequel est arrivé en Australie accompagné d'une poignée d'hommes et de plusieurs dizaines de bagnards pour fonder, sur une terre hostile et dans des conditions chaotiques (le capitaine Phillip n'avait en effet pas pensé à embarquer des ingénieurs et des architectes, ce qui a pu poser problème au moment de construire des maisons) ce qui est aujourd'hui devenu la plus grande ville du pays, celle où je me trouve : Sydney. Quand on pense que ce qui est aujourd'hui l'une des plus grandes villes du monde était au départ un village de bric et de broc fondé par des bagnards, ça fait réfléchir...à quoi, je ne sais pas, mais ça fait réfléchir. Dernière chose à propos de cette journée, elle ne plaît pas particulièrement aux aborigènes, lesquels ont l'impression qu'elle n'est destinée qu'aux australiens d'origine européenne. Pour les abos, le 26 janvier 1788 n'est rien d'autre que le début d'un long cauchemar qui n'est pas tout à fait terminé aujourd'hui. Pour cette raison, il y a eu de nombreuses demandes pour changer la date de la fête nationale et trouver une date plus consensuelle. Mais aucune de ces demandes n'a abouti pour le moment...
Le troisième jour férié est une fête que l'on pourrait qualifier de militaire, mais il ne s'agit pas de commémorer la fin d'une guerre : pas de 8 mai, ni de 11 novembre en Australie. Au lieu de ça, ces givrés fêtent le début de la guerre ! Plus exactement, ils fêtent la première grande bataille jamais engagée par une armée australienne (australo-néo-zélandaise pour être plus précis). C'était lors de la première guerre mondiale, et cette bataille s'est soldée par une défaite des forces australiennes et néo-zélandaises, vaincues par les forces de l'empire ottoman alors qu'elles essayaient de s'emparer de la ville de Gallipoli. Ca s'appelle l'ANZAC Day (du nom de l'armée, Australian and New Zealand Army Corps) et ça a lieu le 25 avril. Donc, pour résumer, les australiens se souviennent avec émotion de la première branlée que leur armée s'est prise, et ils en ont fait une fête nationale ! Quel pays de losers...
Le quatrième jour férié national rappellera certainement quelque chose aux alsaciens, puisqu'il s'agit ni plus ni moins que du vendredi saint, le jour férié que toute la France de l'intérieur nous envie ! En Australie, c'est comme en Alsace : le vendredi saint est le point de départ d'un long week-end de quatre jours (du vendredi au lundi) pendant lesquels personne ne travaille, en signe de respect pour un type qui a eu la délicatesse de mourir pour nous sur une croix il y a 2000 ans (c'est dingue, les prétextes qu'on peut trouver pour refuser de travailler quand même). A ce niveau là, je ne serai pas dépaysé !
Le prochain jour férié nous ramène à l'histoire politique du pays, puisqu'il s'agit de l'anniversaire de la reine. Evidemment, ce jour varie selon la royale personne qui siège sur le trône. Alors, plutôt que de changer sans cesse de jour férié, les australiens ont décidé qu'ils fêteraient l'anniversaire de la reine le deuxième lundi de juin, quelle que soit la personne en place, même si l'anniversaire a en fait lieu un autre jour. Je ne sais pas si c'est une coutume australienne de fêter l'anniversaire de quelqu'un un autre jour que celui de sa naissance. Peut-être ont-ils été traumatisés par Alice au pays des merveilles. Je me demande d'ailleurs ce qu'Elizabeth en pense...
Mais laissons là cette chère Queen et passons au jour férié suivant. Il s'agit du 25 décembre, jour de la naissance du type mort sur la croix dont nous parlions plus haut (pour une raison étrange, son nom m'échappe). Le jour qui suit, le 26 décembre, est également férié (encore un point commun avec l'Alsace).
Vous me direz, mais où est passée la fête du travail ? Sont-ils libéraux au point de ne même pas fêter les travailleurs dans ce pays ? Non, je vous rassure, cependant, il n'y a pas de fête nationale du travail comme le 1er mai chez nous. Tout dépend en fait des Etats : ainsi, en Nouvelles-Galles-du-Sud (Etat dont Sydney est la capitale), le Labour Day se fête le 1er lundi d'octobre, tandis que dans l'Etat de Victoria, on le fête le second lundi de mars. Ne me demandez pas pourquoi cette différence, je n'en sais absolument rien ! Toujours est-il que la fête du travail se fête dans tous les Etats, mais pas le même jour.
Une fois ces jours fériés nationaux passés en revue, sachez qu'il existe encore des jours fériés spécifiques à chaque Etat, où chacun fête quelque chose que le voisin ne fête pas. Par exemple, Bob, habitant de la Tasmanie, pourra se foutre de la gueule de Steve, habitant des Nouvelles-Galles-du-Sud, qui est obligé de travailler le mardi de Pâques, alors que ce jour est férié en Tasmanie (pourquoi, mystère). Et Steve pourra se foutre de la gueule de Bob lorsque celui-ci devra se lever aux aurores le premier lundi d'Octobre, jour férié en Nouvelles-Galles-du-Sud, mais pas en Tasmanie. C'est bien foutu, chacun des deux se retrouve au moins une fois dans la position de celui qui peut faire la grasse matinée alors que l'autre doit pointer. Et je ne connais rien de plus réconfortant que de se dire que pendant que vous êtes en vacances, il y a des pauvres types que sont obligés de passer la journée au bureau...

Ce n'est pas la taille qui compte

Posté le 02.08.2007 par alsacedownunder
Non, les japonais n'ont pas le monopole du bonzaï, les chinois savent très bien s'y prendre pour obtenir des arbres nains (ou plutôt des arbres de petite taille, c'est moins offensant), comme vous pouvez le constater sur cette photo.
On y voit également mon ami le corbeau, qui n'a pas pu s'empêcher de faire son intéressant en se posant au milieu de la photo. Il aime bien quand les projecteurs sont braqués sur lui, même s'il ne le montre pas...

Qui trop combat le dragon devient dragon lui-même

Posté le 02.08.2007 par alsacedownunder
Encore une photo des jardins chinois. On y voit deux dragons qui se battent, non pas pour savoir qui a la plus grosse b***, mais pour savoir qui va garder le contrôle de la boule rouge que vous voyez au milieu. Ne me demandez pas ce que c'est, je n'en sais rien et ce n'était pas expliqué. Mais bon, c'est joli, alors je l'ai pris en photo. Et puis j'étais trop fatigué pour chercher un sens caché à ce truc. Peut-être qu'elle symbolise le monde, et que le dragon rouge représente le mal, tandis que le bleu représente le bien...le yin et le yang, quoi.
Bon, je vais arrêter de raconter des conneries, moi...ou pas.

I'm gonna need a bigger boat

Posté le 02.08.2007 par alsacedownunder
Ca y est, ma machine à remonter le temps fonctionne enfin, je suis revenu en 1770, à l'époque où James Cook l'intrépide arrivait en Australie pour la première fois à bord du HMB Endeavour.
Non, en fait, il s'agit d'une réplique du bateau de Cook, je suis toujours en 2007, et Sarkozy est toujours président de la République française...merde alors, c'était trop beau pour être vrai.
Sur la droite de la photo, vous voyez un cuirassé de la deuxième guerre mondiale. Je me demande s'il est encore opérationnel, ça pourrait servir pour mener l'assaut contre le palais de l'Elysée...
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