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Nom du blog :
alsacedownunder
Description du blog :
L'Alsace au 36ème dessous : bienvenue sur le blog d'un étudiant strasbourgeois parti un an à Sydney.
Catégorie :
Blog Journal intime
Date de création :
22.07.2007
Dernière mise à jour :
27.09.2008
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Une heure à Goulburn

Une heure à Goulburn

Posté le 15.09.2007 par alsacedownunder
Salut à toi, public. Tu te demandes pourquoi j'ai gardé le silence ces derniers jours, pourquoi je t'ai laissé dans l'angoisse de ne pas savoir ce qui m'arrivait sous le soleil de l'Australie ? Eh bien, ne te vexe pas cher public, mais j'ai eu beaucoup de choses à faire : j'ai un premier devoir à rendre dans deux semaines, et deux exposés qui commencent à se rapprocher. Et si tu as besoin d'autres excuses, cher public, saches que ma connection internet rame pas mal en ce moment, et c'est pas facile de se motiver à écrire des billets quand la page met des heures à se charger. Enfin, bref.
Alors, que m'est-il arrivé de palpitant ces derniers jours ? Outre le dur labeur imposé par la fac, j'ai profité d'une de mes journées de libre pour aller faire un tour au Sydney Wildlife World, un zoo couvert où l'on peut voir nombre d'animaux australiens (kangourous, koalas, serpents, wombat, casoars, sans oublier les charmantes araignées à dos rouge) dans leur milieu naturel. Malheureusement pour toi, cher public, je n'avais pas pensé à recharger la batterie de mon appareil, sot que je suis. Celle-ci est donc tombé en rade dès le début du musée, je n'ai donc pas de photos de kangourous ou de koalas à te montrer. Tant pis pour toi, public, tu n'as qu'à taper "kangourous" dans google, et tu trouveras ton bonheur. Moi, je les ai vu en vrai, na.
Et à part ça, que s'est-il encore passé dans ma vie-tellement-intéressante-qu'on-se-demande-
comment-je-fais-pour-gérer ? Eh bien, ce vendredi, la fac avait organisé une petite rencontre entre les étudiants strasbourgeois présents à l'UTS (moi et une fille très sympa de l'IEP dont vous pouvez trouver le blog dans ma rubrique "sites préférés") et les étudiants australiens qui prévoient de partir à Strasbourg l'an prochain. Cela vous prouve encore une fois le caractère intrépide des australiens : ils sont prêts à quitter le confort de leur île douillette et à se frotter au rigoureux hiver européen, à la difficile langue de Molière, et surtout, à l'impitoyable administration française. Il était d'ailleurs de mon devoir de les prévenir à ce sujet : faites attention à l'administration française, elle est votre pire ennemie. Je m'en suis encore rendu compte récemment, lorsque la fac de Strasbourg m'a prévenu qu'il fallait que j'étudie quatre matières et non pas trois comme elle me l'avait laissé entendre jusqu'à maintenant. Le problème, c'est que je leur avais posé la question il y a des semaines, et le temps qu'ils répondent, le semestre australien était déjà bien entamé et la date d'inscription à des matières supplémentaires dépassée depuis longtemps. Moi qui croyais naïvement qu'Internet était censé faciliter les communications...heureusement, les choses se sont arrangées, et ils ont accepté que je n'étudie que 3 matières pour le premier semestre.
A part ça, la rencontre avec les futurs strasbourgeois a été très sympa, on leur a raconté comment se débrouiller dans Strasbourg, des conseils pratiques du genre "ne vous baladez pas dans le neuhof la nuit", "n'oubliez pas de cadenasser votre vélo", "faites du shopping en Allemagne", ou encore "ne vous étouffez pas devant le prix de la bière". Je ne sais pas si ce qu'on leur a dit leur a été très utile, mais ils sauront se débrouiller. Un truc qui les a étonné, c'est qu'on puisse aller si facilement en Allemagne, sans être contrôlé à la frontière. On ne se rend pas compte de la chance qu'on a d'être dans l'Union européenne, pourris gâtés que nous sommes.
Mais je m'égare, j'ai dit que je vous raconterai ce qui m'était arrivé cette semaine, je m'y tiens. Une fois passée cette agréable rencontre, j'avais décidé de consacrer mon samedi à la chasse. La chasse à Goulburn. Oui, souvenez-vous, cette ville s'était dérobée à mon palmarès grâce à une astuce que je n'ai, je l'avoue, pas vue venir : elle n'est desservie que par trois trains dans la journée, un à 9 heures du mat', un à 18 heures, un à 21 heures. Il fallait que je lave l'affront, que je rajoute cette ville impudente à mon tableau de chasse, tableau qui comprend, tu le sais déjà si tu as bien suivi mes aventures cher public, Sydney, Wollongong, Newcastle et Moss Vale. Alors, comment ai-je lavé cet affront ? Eh bien, j'ai découvert une faiblesse dans la cuirasse de Goulburn, une infime faiblesse que j'ai tenté d'exploiter au mieux. La faille ? Le week-end, la ville est desservie par seulement deux trains et un bus, mais le bus part à 11h35 de Moss Vale, ce qui fait que je n'avais pas besoin de me lever à 5 heures du matin. Mais Goulburn n'a pas capitulé si facilement, car ensuite, pour revenir à Sydney, il n'y a qu'un bus à 14h20, et un train à 21h. Sachant qu'il faut au moins 4 heures pour faire le trajet Goulburn-Sydney, 21h, c'est beaucoup trop tard pour moi. Il fallait donc que je prenne le bus de 14h20 pour rentrer dans ma banlieue. Etant donné que le bus de 11h35 arrive à Goulburn à 13h, tu auras compris, cher public, que je n'avais grosso modo qu'une heure pour visiter la ville. Victoire, donc, mais à quel prix...
Cependant, en une heure, j'ai quand même réussi ce tour de force de faire le tour de la ville et de visiter les principales attractions, au pas de course évidemment : pas le temps de s'arrêter dans un musée. Les seules choses que je n'ai pas vues, c'est la statue géante d'un mouton qui fait la renommée de la ville (si si, regardez sur wikipedia), ainsi que la prison : Goulburn est en effet fidèle à son passé de colonie pénitentiaire, encore aujourd'hui, on y trouve une prison de haute sécurité, la plus sûre du pays. Elle abrite notamment un certain Ivan Milat, serial killer à la sauce australienne, impliqué dans le meurtre de plusieurs backpackers (c'est-à-dire des jeunes randonneurs) il y a quelques années. Je n'ai pas eu la chance d'interviewer ce charmant monsieur, dommage, je suis sûr que ça aurait été intéressant.
La grande particularité de Goulburn, c'est que tous ses bâtiments touristiques (sauf les églises) ont été imaginés par un seul et même architecte. Que ce soit la prison, le tribunal, la poste (que vous voyez sur la photo) ou le town hall, c'est toujours le nom du même architecte qui apparaît sur le bâtiment. Faut croire qu'il n'y en avait qu'un, ou alors ils ont tout simplement pas voulu se faire chier à en chercher un autre. C'est vrai quoi, du moment qu'ils l'avaient sous la main, pourquoi s'emmerder à en dégoter un autre ? Cet architecte s'appelait James Barnet, et pour voir un bâtiment de Goulburn qui ne porte pas son nom, il faut se tourner vers ceux qui ont été construits après sa mort, comme par exemple la cathédrale Saint-Sauveur ou le Kenmore Hospital, imaginés par Edmund Blacket, celui qui a réussi à choper le monopole après la mort de Barnet.
En tout cas, même si j'ai passé près de huit heures dans le train et le bus pour une heure et vingt minutes de visite, je ne regrette pas de l'avoir fait, c'était une question de principe, je n'avais pas apprécié de m'être retrouvé sur le carreau la dernière fois. Et puis, franchement, ça valait le coup. Goulburn est vraiment une ville sympa, pas très grande, très aérée, beaucoup d'espaces, et beaucoup de choses à voir. Et plus tard, je pourrais dire avec fierté à mes petits-enfants : je l'ai fait, je suis allé à Goulburn, et j'en suis revenu vivant !



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