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L'Alsace au 36ème dessous : bienvenue sur le blog d'un étudiant strasbourgeois parti un an à Sydney. Catégorie : Blog Journal intime Date de création :
22.07.2007 Dernière mise à jour :
09.05.2008
Voilà, c'est pour ça qu'on était venus : pour voir les p'tits poissons se balader dans les coraux.
Petit briefing sur la barrière de corail : il s'agit du plus grand récif coralien du monde. A l'instar de la muraille de Chine, la barrière peut être vue de l'espace, paraît-il. Elle forme un écosystème unique, comme nous l'expliquait le gars qui nous a fait faire le tour en bateau. Je serais incapable de vous redire exactement ce qu'il nous a dit, mais sachez que tout ce que l'on trouve dans la barrière (coraux, étoiles de mer, poissons, tortues) est inter-dépendant. Par exemple, il y avait des poissons trop tordants (je n'ai malheureusement pas de photos d'eux) qui s'accrochaient au bateau pour avancer sans effort à l'aide d'une ventouse placée sur leur tête. En fait, leur métabolisme ne leur permet pas de nager toute la journée, donc ils parcourent parfois de grandes distances sans effort en se fixant à un hôte (tortue, requin, bateau). Bref, une sacrée bande d'assistés ! Mais que fait notre mini-président, lui qui avait promis de revaloriser la valeur travail ?
Voici une photo de Green Island, minuscule île avec plages, végétation tropicale touffue et quelques services touristiques qui sont fait de telle manière qu'ils ne dénaturent pas l'île. Bref, un vrai petit paradis...
Vendredi et samedi, nous avons passé deux jours à Cairns, où nous avions loué un hôtel. Deux jours, ça peut sembler court, n'est-ce pas ? Je n'avais pas idée à quel point avant de partir, on a bien failli regretter de n'avoir réservé qu'une nuit à l'hôtel...en même temps, les tarifs ne nous laissaient pas trop le choix : si nous étions rentrés ne serait-ce qu'un jour plus tard, les billets d'avion auraient été deux fois plus chers ! Or, nous n'avons pas la fortune de Vincent Bolloré...
Enfin bref. L'objectif était d'arriver à Cairns vers 11h, de faire un rapide check-in à l'hôtel puis de passer l'après-midi à visiter la grande barrière de corail (principale attraction de la région), avant de repartir le lendemain à 11h. Pour moi, il y avait forcément des bateaux qui partaient toutes les heures pour la barrière, et donc on aurait largement le temps de la visiter...
Il nous fallait nous lever le matin à 5 heures et demie pour prendre l'avion à 8h (il fallait y être une heure avant). Au départ, comme je n'ai pas de réveil, ma chère petite soeur était censée appeler le portable de ma mère pour qu'on se réveille, mais elle ne l'a pas fait, soit-disant qu'elle était au cinéma avec ses copines (5h30 en Australie = 21h30 en France). Pas grave, je me suis réveillé tout seul grâce à mon horloge interne ultra-perfectionnée. Nous avons donc réussi à prendre l'avion à temps, d'autant plus qu'il était légèrement en retard. Ce détail a failli gâcher notre voyage, vous allez comprendre pourquoi : chaque minute nous était comptée...
En effet, arrivée à l'aéroport vers 11h30, peu de formalités, mais plusieurs minutes de queue pour apprendre que le prochain bus pour notre hôtel ne part qu'à 12h45. J'ai un pressentiment et je convaincs ma mère de prendre un taxi plutôt que d'attendre trois quarts d'heure. Plus cher, mais plus rapide. Nous arrivons à l'hôtel vers 12h10, on s'occupe du check-in, et je demande à la proprio de l'hôtel s'il y a moyen de visiter la barrière de corail dans l'après-midi. Elle me répond sans ambages : non, il est beaucoup trop tard, les croisières démarrent le matin. De surcroît, nous sommes le 25 avril et c'est l'ANZAC Day (la commémoration de la première bataille menée par une armée Australo-néo-zélandaise, une institution ici), et toute la ville tourne au ralenti : il y a par exemples trois fois moins de bus pour le centre-ville qu'en temps normal. Autant vous dire que nous sommes dégoûtés, nous étions venus pour la barrière de corail et on nous dit que ça va pas être possible ! A tout hasard, nous décidons de nous rendre quand même en ville pour voir si éventuellement, y'aurait pas une minuscule chance de voir quand même les coraux et les p'tits poissons. Par chance pour nous, un taxi vient justement d'arriver à l'hôtel pour y déposer un bagage. Gentiment, il nous attend, le temps qu'on dépose nos affaires dans la chambre, puis il nous emmène devant le terminal de départ des croisières pour la barrière de corail. Il est 12h45 quand on y arrive. Il y a plusieurs guichets, je me dirige vers l'un dont je me rappelle avoir vu le site internet, et je demande, sans trop d'illusions, si on peut visiter la barrière de corail cet après-midi...et la dame me répond oui ! Il y a justement un départ pour une demi-journée à 13h tapantes, c'est-à-dire dans moins d'un quart d'heure ! Il s'agit d'une excursion d'une après-midi à Green Island, une petite île à trois quarts d'heure de Cairns, et il y a possibilité de faire des tours dans des bateaux à fond transparent pour voir les ch'tis poissons sans se mouiller ! Bref, à cinq minutes près, c'était fichu ! Ô joie, ô bonheur, nous ne sommes pas venus pour rien ! Je sais pas si je dois remercier Buddha, Allah, Zeus ou Yahvé, ou peut-être tous à la fois, mais en tout cas, c'est cool les gars, je vous promets que plus jamais je ne blasphèmerai !
Ou alors, j'organiserai mieux mes voyages la prochaine fois...ouais, je vais plutôt faire ça. Et continuer à blasphémer...
PS : La photo que vous voyez est celle de la plage à laquelle nous avions accès à partir de notre superbe hôtel (on avait carrément un mini appartement avec cuisine, télé, salon et salle de bains super propre !). C'était le grand luxe, et pour seulement 100 dollars la nuit !
Lundi, moi et ma mère on est allés visiter l'opéra. Evidemment, elle a été très impressionnée par ce bâtiment magnifique, et moi je ne me lasse pas de l'admirer. Mais ce n'est pas tout d'apprécier le bâtiment, il doit bien servir à autre chose qu'à être regardé, non ? Eh bien, croyez-moi si vous le voulez, mais il se passe des choses à l'intérieur de l'opéra : on peut y assister à toutes sortes de spectacles ! Incroyable, mais vrai !
Parmi les spectacles qui nous intéressaient figurait le lac des cygnes, de ce cher Piotr Illitch Tchaikovsky. Je suis donc allé demander au box office s'il restait encore des places. J'arrive comme une fleur et je demande s'il y a encore des tickets pour mardi ou mercredi (le spectacle s'arrête jeudi). La fille du guichet me regarde l'air étonné et se retient de rire en me disant que tout est vendu depuis Janvier ! Merde alors...bon, ben tant pis, me suis-je dit, l'opéra, ce sera pour une autre fois...
Mais, car il y a un mais, et l'histoire ne s'arrête pas là, je suis allé hier soir me promener sur le site de l'opéra pour voir sur quel spectacle il restait des places. Et quelle ne fut pas ma surprise en constatant qu'il restait encore quelques rares sésames pour...le lac des cygnes, le lendemain soir (mercredi) !! Eh oui, il restait notamment deux places à 75 dollars. Ni une, ni deux, j'ai commandé les places aussi sec, d'autant qu'il ne restait plus que quelques minutes pour le faire. Et c'est ainsi que nous sommes arrivés à l'opéra mercredi soir, après avoir passé l'après-midi à visiter la National Gallery de Nouvelles-Galles-du-Sud (très intéressant, avec de nombreux tableaux classiques et contemporains d'artistes Australiens blancs et Aborigènes). Je pensais qu'il fallait arriver tôt pour éviter la queue, mais là encore, ô surprise, l'organisation était parfaite et nous avons pu rentrer dès l'ouverture des portes. Le spectacle a commencé à l'heure pile, et la salle était bondée...je pense qu'on a vraiment eu de la chance pour les billets.
En tout cas, je n'ai pas regretté une seule seconde d'avoir vagabondé sur le site internet de l'opéra. Le lac des cygnes version Australian Ballet était ébouriffant. Dans cette version, le spectacle raconte l'histoire d'une jeune mariée, Odette, qui aime éperdument son mari, le Prince Siegfried. Mais celui-ci est tiraillé entre son épouse et une autre jeune fille, baronne de son état. Odette sombrera dans la folie et se réfugiera dans des rêves peuplés de jeunes filles dansant avec elle autour d'un lac à la manière des cygnes (d'où le nom). Finalement, Odette gagnera l'amour de son époux, mais se rendant compte qu'elle ne sera jamais totalement libérée de ses tourments, elle disparaît dans les profondeurs du lac des cygnes, et le prince Siegfried pleurera toute sa vie son amour perdu.
Voilà pour l'histoire, quant au reste, c'était parfait. Marvelous, beautiful, gorgeous et tout ce que vous voulez. Chef d'orchestre et musicien excellents, danseurs et danseuses extraordinaires (notamment ceux qui avaient les rôles principaux), superbes chorégraphies, décors somptueux, salle magnifique aux sonorités parfaites, franchement, pour moi qui n'ait pas l'habitude d'aller à l'opéra, c'était une expérience inoubliable. Si on m'avait dit un jour que j'irai voir un spectacle à l'opéra de Sydney ! En tout cas, une chose est sûre : loué soit Internet !
Je vous laisse avec une photo trouvée sur le site de l'opéra et représentant les rêves d'Odette (elle n'est pas de moi, les photos étaient interdites). Quoi qu'il en soit, je ne suis pas prêt d'oublier cette soirée...
Comment sera l'Australie dans 20 ans ? Comment doit être l'Australie du futur ? C'est la question à laquelle des centaines de débatteurs, professeurs, experts, scientifiques mais aussi Australiens ordinaires, ont tenté de répondre lors d'un grand sommet ouvert à tous et organisé par le Premier ministre Kevin Rudd à Canberra. Même l'actrice Cate Blanchett était de la partie, pour ajouter un peu de glamour, mais surtout pour parler de culture.
Alors, que s'est-il passé lors de ce sommet ? Un grand moment de démocratie participative ? Juste de la parlotte ? De l'esbrouffe ? Ou bien quelque chose de vraiment intéressant ? Eh bien, il en est sorti une vision assez intéressante de la vision qu'ont les Australiens de leur pays. Ils semblent en effet être plus progressistes que je ne le croyais. Une série de recommandations est sortie de ce sommet. L'idée de transformer l'Australie en République est une de celles qui a été le plus souvent proposée. L'environnement et l'amélioration des conditions de vie des aborigènes ont également été au menu. De même, l'approfondissement des liens avec l'Asie a été évoquée. Le Premier ministre s'est en tout cas félicité du succès du sommet et y voit la preuve que l'Australie est un pays dynamique et tourné vers l'avenir (il était temps, après 11 ans de conservatisme à la sauce Howard). Dans quel pays un tel sommet serait-il possible, s'est demandé Mister Rudd ? Sans doute pas en France...en France, on fait des "Grenelle", pas des sommets. C'est pareil, me direz-vous. Non, vous répondrai-je, car en France, il suffit de dire qu'on va faire un Grenelle pour dire qu'on a résolu la question, alors qu'en Australie, on juge le sommet sur le fond, sur ce qui a été dit, et surtout, sur le service après-vente : que va-t-il advenir des belles paroles prononcées lors du sommet ? Seul l'avenir le dira...
Ceci dit, même s'il était ouvert à tous, il reste à savoir si les idées émises lors de ce sommet sont réellement représentatives de ce que pensent les Australiens moyens...quant à savoir ce que "pensent" (s'ils sont capables de penser) les beaufs de base (ou "homo sapiens boganus"), lisez mon article sur le sujet et vous serez très vite renseignés...
Aujourd'hui, j'ai participé à un "exchange fair" où j'ai représenté ma chère université Robert Schuman, qui bizarrement ne me manque pas du tout, ou si peu. Qu'est-ce qu'un exchange fair, me direz-vous ? Eh bien, c'est un peu comme les journées universitaires, sauf que c'est limité à l'international : chaque université qui a un partenariat avec l'UTS avait son stand, et j'ai donc été invité en tant que représentant officiel (fancy, non ?) de l'URS. Mon rôle était de répondre aux questions des étudiants intéressés par un séjour en France.
Dans l'ensemble, ça s'est vraiment bien passé, y'avait pas énormément de questions, donc c'était assez relax. La plupart des gens, inquiets sur leur niveau de français, voulaient surtout savoir s'il y avait des cours en Anglais (ce qui est le cas dans pas mal d'universités, mais y'en a pas beaucoup à l'URS). Fallait aussi leur expliquer ce que c'était des cours en amphis : pas d'interactions avec le prof, 200 étudiants dans un amphithéâtre, ils connaissent pas ça ici. Par contre, y'a un truc qui m'a (presque) énervé, c'est que deux types sont venus à mon stand en pensant que je représentais une université allemande...grrr, Strasbourg n'est pas en Allemagne, bordel de merde ! Qu'est-ce que vous diriez si un touriste venait à Sydney en pensant que la ville se trouve dans l'Etat de Victoria ? L'Etat de Melbourne, quelle horreur...
Enfin bon, à part ça, c'était chouette, et j'ai eu l'occasion de rencontrer une étudiante Australienne qui rentrait justement de Paris. Je n'ai pas eu la chance d'évaluer son niveau de français, elle a refusé de parler dans la langue de Molière, clamant qu'elle n'était pas assez bonne. Allons allons, l'accent Australien est pourtant tellement cute quand ils parlent français. J'ai aussi revu Laure-Lou, l'autre étudiante de Strasbourg, qui a son blog dans mes favoris.
Sinon, j'ai fait un exposé sur le protocole de Kyoto cette semaine (une bonne occasion de taper sur Bush et Howard, ce qui a plu à l'assistance), et je suis à présent en vacances pour dix jours. Ah oui, j'allais oublier, je vais aussi recevoir ma première visite depuis que je suis à Sydney, celle de ma chère môman...c'est cool, mais en attendant, je dois me lever à 6h du mat' demain pour la chercher à l'aéroport, et en plus les horaires des trains sont perturbés à cause de travaux sur la ligne...vive les transports publics à Sydney !
Saviez-vous qu'il y a quelques années, bien avant que les Guignols de l'info ne fassent fureur en France avec leur slogan "mangez des pommes", l'Australie avait déjà ses guignols ? En effet, de 1984 à 1990, un show nommé "Rubbery Figures" se moquait des politiciens Australiens à l'aide d'effigies en latex plus ou moins ressemblantes. Voici un extrait de cette émission, datant de 1988 :
Petites explications sur les différents sketchs qui s'y trouvent :
-Le premier met en scène le Premier ministre de l'époque, Bob Hawke (celui avec les cheveux blancs), et son ministre des finances Paul Keating, qui tombent sur une famille de sans-abris dans la rue. Keating fait remarquer à Hawke que ce sont précisément ces gens-là qui ont besoin de la "justice sociale" pour laquelle ils se battent. Il dit qu'il faut leur donner quelque chose. Hawke approuve, et donne aux sans-abris...des rapports gouvernementaux sur une "Australie juste" (slogan de Hawke lors des élections de 1987). Sans doute une allusion à la politique économique libérale de Hawke.
-Le deuxième sketch devrait vous parler un peu plus. Il s'agit d'une leçon de français. D'abord, le professeur montre un dessin d'un kanak en train de tenir en joue un policier : allusion aux émeutes en Nouvelle-Calédonie. Le professeur explique que cela s'appelle en français du "terrorisme" (avec une faute d'orthographe dans la vidéo). Ensuite, il montre un autre dessin : le Rainbow warrior en train d'exploser. Il demande aux élèves comment on appelle cela en français. Du terrorisme, répond l'un d'eux. Non, dit le professeur, cela s'appelle de la "diplomatie" (encore une faute d'orthographe dans la vidéo). De la diplomatie ! N'apprendrez-vous donc jamais les subtilités du français ? Allusion évidemment à la façon dont les Français ont géré l'affaire du Rainbow Warrior.
-Le troisième sketch montre Gorbatchev en train de lire un discours pour s'excuser de l'invasion de l'Afghanistan par l'URSS. Il révèle que c'est Reagan qui lui a prêté le discours que les Etats-Unis ont fait lorsqu'ils ont quitté le Viet-Nam, le discours type que l'on fait lorsqu'on quitte un pays qu'on a passé des années à détruire. Il a juste eu besoin de le traduire en afghan. Il termine le speech en invitant les survivants de la guerre à venir ouvrir un restaurant à Moscou.
-Le quatrième sketch montre une fois encore Hawke et Keating. Le Premier ministre s'apprête à recevoir la presse pour discuter de la concentration dans les médias. Keating lui lit la (longue) liste des journaux conviés. Hawke demande à ce qu'on les fasse entrer...un seul reporter débarque, représentant à lui seul tous les journaux (allusion au quasi-monopole de Rupert Murdoch dans les médias Australiens, qu'il détient à 75%). Hawke remarque que cette situation a un avantage : on n'a qu'un seul journaliste à inviter prendre un verre au bar...
-Le cinquième sketch nous montre Reagan en train de lire son horoscope, qui lui conseille surtout d'écouter son entourage et d'éviter de prendre des décisions : ce n'est pas le moment. Reagan pense que c'est un bon conseil, mais il dit qu'il aimerait bien que pour une fois, son horoscope dise autre chose. Allusion au fait que Reagan a terminé son 2e mandat en se contentant de gérer les affaires courantes.
-Le sixième sketch met en scène Hawke, Keating, mais aussi l'opposition libérale, représentée par Andrew Peacock et John Howard (le chauve avec les lunettes). Hawke demande à l'opposition, dans un esprit de coopération bipartisane, quelle est sa position sur les référendums qu'il compte présenter aux Australiens. Howard fait immédiatement remarquer que l'on dit "référenda" et non "référendums"...et c'est la bagarre générale. Derrière les politiciens se trouve un "swinging voter" (jeu de mot sur "électeur indécis" et "électeur qui se balance"), qui demande sur quoi au juste portent ces fameux référendums...
-Enfin, le dernier sketch met en scène Keating et Howard, présentés comme des étudiants qui se sont copiés l'un sur l'autre pour leur dernière rédac' sur la politique fiscale. Allusion au fait que dans les années 1980, la gauche et la droite se sont beaucoup rapprochées sur les questions économiques. Le professeur furieux dit à Howard que ce n'est pas comme ça qu'il ira à l'université. Howard répond qu'il ne veut de toutes façons pas y aller : il n'a pas les moyens de payer les droits d'inscription...allusion au fait que Howard a toujours critiqué la baisse des droits d'inscription opérée par le gouvernement Hawke.
Voilà donc un aperçu des "guignols Australiens". C'est pas aussi marrant que les guignols français (sans doute parce qu'il faut être bien au courant de la politique Australienne pour tout comprendre), mais c'est pas mal. Dommage que ça n'existe plus...je me demande si les guignols s'en sont inspirés ?
Nouvelle rupture historique opérée par le nouveau Premier ministre Kevin Rudd (décidément, il me plaît celui-là) : après les excuses aux Aborigènes et la signature du protocole de Kyoto, voici qu'on a droit à la nomination au poste de gouverneur-général d'une femme, pour la première fois depuis la naissance de l'Australie. Au passage, ce bon Kevin a dit que le débat sur la République devait être réouvert lors de sa dernière rencontre avec la reine. Au cas où vous vous poseriez la question, c'est bien lui sur la photo, ce n'est pas Tintin, malgré la houpette...
La nouvelle titulaire du poste se nomme Quentin Alice Louise Bryce (si si, c'est bien une femme, même si elle s'appelle Quentin), elle est née en 1942, a siégé à la commission des droits de l'homme du Queensland et au conseil d'administration de l'université de Sydney.
Ceci me donne l'occasion de vous parler un peu plus du gouverneur-général. Comme je vous l'avais déjà dit il y a très longtemps, le gouverneur-général est le représentant de la Reine en Australie. C'est un peu le chef d'Etat de facto du pays, il s'agit donc d'un poste très important. Le gouverneur-général est nommé par le Premier ministre en accord avec la Reine pour un mandat d'une durée indéterminée. Le fait qu'il n'est pas élu limite normalement ses pouvoirs : la pratique a fait que le gouverneur-général n'intervient jamais dans les affaires publiques, il a le même rôle que la reine en Angleterre.
Cependant, cette pratique ne doit pas masquer le fait qu'en théorie, le gouverneur-général dispose de très importants pouvoirs pour peu qu'il juge utile de les utiliser : outre les pouvoirs de nomination habituels à la plupart des chefs d'Etat, le gouverneur dispose de ce qu'on appelle les "pouvoirs de réserve", ou reserve powers. Ces pouvoirs de réserve peuvent aller jusqu'au renvoi du Premier ministre en cas de crise. Oui, vous avez bien lu : en Australie, un personnage non-élu peut renvoyer un Premier ministre même si celui-ci est soutenu par les représentants du peuple. Et le pire, c'est que c'est déjà arrivé...
Petit voyage dans le temps : nous sommes en 1975. Trois ans plus tôt, c'était l'arrivée au pouvoir du travailliste Gough Whitlam, après 23 années de pouvoir ininterrompu de la droite : 1972 en Australie, c'est un peu comme 1981 en France : le passage de l'ombre à la lumière (je plaisante...quoique...).
En trois ans, le gouvernement Whitlam a opéré des réformes majeures après 23 ans de conservatisme : suppression de la peine de mort au niveau fédéral, droit de vote à 18 ans, démocratisation de l'Université, suppression des dernières lois sur la White Australia policy, égalité hommes-femmes entre les employés gouvernementaux, suppression du service militaire obligatoire, mise en place de politiques pro-aborigènes et j'en passe. Un bilan qui fait toujours débat, mais une chose est indéniable : Whitlam a changé l'Australie, il ne s'est pas contenté de gérer les affaires courantes. Néanmoins, sa dernière grande réforme va capoter : alors qu'il tente d'introduire un système moderne de sécurité sociale (qui sera plus tard mis en place par les gouvernements travaillistes des années 1980), il s'oppose au Sénat conservateur : en effet, Whitlam n'a pas la majorité au Sénat, et il a besoin du soutien de sénateurs indépendants pour faire voter son budget, qui comprend la création de ce projet de sécu. Problème, l'un des sénateurs indépendants meurt en cours de mandat, et il est remplacé par un sénateur hostile au gouvernement. Or, un gouvernement qui ne peut pas faire voter son budget est un gouvernement qui ne peut pas gouverner. Et cela, Malcolm Fraser, le leader de l'opposition de droite, le sait. Il va donc en profiter pour tenter le tout pour le tout et essayer de provoquer la chute du gouvernement Whitlam : il fait pression sur les sénateurs indépendants. Conséquence, le Sénat refuse de voter le budget, ce qui provoque un blocage.
Normalement, dans un tel cas, on résout la crise par une dissolution de la chambre récalcitrante, ici le Sénat. Enters the governor general, John Kerr de son petit nom : celui-ci, qui doit avaliser tout projet de dissolution, demande à Whitlam de dissoudre les deux chambres et de provoquer de nouvelles élections. Problème, Whitlam refuse de dissoudre la Chambre des députés, puisqu'il y a eu des élections il y a à peine quelques mois, de plus, ce ne sont pas les députés qui posent problème, mais les sénateurs. Or, Kerr refuse tout net de dissoudre uniquement le Sénat. Et pendant ce temps, la crise s'enlise...
Whitlam décide de jouer la montre et espère que les sénateurs indépendants reviendront à la raison. En attendant, il envisage d'emprunter de l'argent pour gérer les affaires courantes. Malcolm Fraser a donc intérêt à précipiter sa chute, d'autant que les sénateurs indépendants ne sont pas prêts à laisser la situation s'enliser pendant des mois. Le temps presse pour le leader de l'opposition libérale. Il va donc passer un "deal" avec Kerr : si Kerr accepte de renvoyer Whitlam et de nommer Fraser à sa place, Fraser promet qu'il obtiendra le vote du budget et organisera immédiatement de nouvelles élections pour résoudre la crise. Le deal est accepté, et le matin du 11 novembre 1975, le gouverneur général John Kerr annonce le renvoi du Premier ministre Gough Whitlam et la nomination de son adversaire Malcolm Fraser pour gérer les affaires courantes (caretaker Prime minister en anglais) en attendant de nouvelles élections. Fraser présente immédiatement le budget au Sénat (le même que celui de Whitlam) et celui-ci est voté d'autant plus facilement que les sénateurs travaillistes n'ont pas encore été informés du renvoi de Whitlam ! La chambre des députés tentera bien de voter une motion de censure contre Fraser, mais le gouverneur-général répondra qu'il est déjà trop tard : le Parlement a été dissous en conséquence du renvoi. Tout cela s'est passé le même jour.
Whitlam, dégoûté, traite Fraser de "caniche de Kerr" et se permet même un trait d'humour : "We might as well say 'God save the Queen', because nothing will save the governor-general" ("On peut en effet dire 'Dieu sauve la reine', parce que rien ne sauvera le gouverneur-général"). Les partisans du Labor, qui avaient attendu un gouvernement de gauche pendant 20 ans, sont incrédules, manifestent, protestent, campent devant le siège du Parti libéral, mais rien n'y fait, le gouverneur-général a pris sa décision.
Fraser, de son côté, est en position de force pour aborder les élections. Intelligemment, il fait campagne sur l'économie tandis que Whitlam se contente de critiquer le renvoi et d'en appeler à la sauvegarde de la démocratie. Et ce qui devait arriver arriva : une fois la campagne démarrée et le choc du renvoi passé, les Australiens l'oublient très vite et donnent leurs suffrages à celui qui leur promet moins d'impôts et plus d'emplois. Fraser gagnera donc facilement, aidé par les médias, qui sont contrôlés en grande partie par un certain Rupert Murdoch...c'est la fin de l'expérience Whitlam, une expérience qui aura divisé mais également profondément marqué le pays. Jusqu'à ce jour, la controverse sur son renvoi fait toujours rage : le gouverneur-général avait-il le droit d'aller jusque là ? Un personnage non-élu peut-il renvoyer un Premier ministre soutenu par les représentants du peuple ? Peut-on critiquer le swing du gouverneur-général ?
La question n'est toujours pas résolue aujourd'hui, mais vue l'intensité de la controverse, il est peu probable qu'un gouverneur-général réitère l'exploit de Kerr à l'avenir...
Croyez-le ou non, Fraser et Whitlam sont aujourd'hui les meilleurs amis du monde. Ils sont tous les deux très critiques du bilan de John Howard (qui était le ministre des finances de Fraser) et ont même fait campagne ensemble pour la République en 1999 (on peut voir un spot sur youtube où on les voit tous les deux). Quant à Kerr, il finira sa vie en paria et sombrera dans l'alcoolisme...ça lui apprendra à appuyer sur le bouton sans discernement...
On dit généralement que les voyages forment la jeunesse et que quitter votre pays pour vivre ailleurs change votre regard sur votre terre natale. Depuis que je suis parti à Sydney, j'ai en effet constaté cela pour beaucoup de choses. L'une d'entre elles est l'anti-américanisme (un terme que je déteste et que l'on sort rarement à bon escient, mais je vais l'utiliser quand même à défaut de mieux) que l'on attribue très souvent à la France. En effet, à l'étranger, l'affaire est entendue : les Français sont les pires des anti-américains, ils sont indécrottables, il n'y a qu'eux qui vont aussi loin dans la critique de l'Oncle Sam.
Eh bien, paradoxalement, le fait que je sois parti ne m'a pas conforté dans cette idée, contrairement à ce qu'on pourrait croire. C'est même le contraire. En fait, et pour dire les choses franchement, je n'ai jamais entendu autant de critiques contre les Etats-Unis depuis que je suis ici. Parfois dans les médias, parfois dans la rue, mais surtout à la fac : il ne se passe pas un cours sans qu'il y ait une pique qui soit lancée contre les USA et ce cher W. Vous me direz, ça a sans doute quelque chose à voir avec les cours que j'ai pris : droit de l'environnement (bouh les méchants Etats-Unis qui veulent pas signer le protocole de Kyoto), droit international public (bouh les méchants Etats-Unis qui ont inventé la guerre préventive en Irak). Mais j'entends également les pires diatribes en droit international du business (là, c'est plus étonnant, mais ma prof est une vraie gauchiste, ceci expliquant cela). Que ce soit les profs ou les étudiants, tout le monde casse les Etats-Unis et leur vision étriquée du monde, et tout le monde casse l'ancien Premier ministre John Howard (ce nom vous dit quelque chose ?) et son attitude de caniche soumis aux Etats-Unis. Kevin Rudd a d'ailleurs été plébiscité pour avoir retiré les troupes Australiennes d'Irak, bien qu'il ait tenu à rappeler que son gouvernement resterait un allié fidèle des USA (close ally).
Bref, parmi toutes les critiques que j'ai entendues, 80% d'entre elles seraient taxées d'anti-américanisme en France tellement elles sont gonflées. Alors, l'Australie, terre d'anti-américanisme ? C'est un peu plus compliqué que ça. Premièrement, toutes les critiques que j'entends sont loin d'être injustifiées et s'adressent souvent plus à Bush et sa clique qu'au pays tout entier. Ici comme ailleurs, les gens regardent des séries américaines à la télé entre deux coupures de pubs et vont régulièrement bouffer au McDo ou au KFC (Kentucky Fried Chicken). En fait, l'anti-américanisme que l'on peut observer en Australie est grosso modo l'inverse de celui que l'on observe en France. Je m'explique : en France, l'anti-américanisme se retrouve surtout chez le Français moyen, l'homme de la rue, tandis que les "élites" (patrons, profs de fac, hommes politiques, journalistes) sont plus atlantistes (je schématise, mais en gros c'est ça). En Australie, c'est le contraire : tandis que l'Australien moyen est plutôt pro-américain (là encore, je schématise), les élites sont beaucoup plus critiques à l'égard des Etats-Unis que chez nous. Ainsi, pour ce qui est des milieux de la recherche et de l'éducation, les critiques contre les USA n'ont jamais été aussi virulentes, surtout depuis la prise de conscience du risque posé par le changement climatique dans un pays touché par la sécheresse. Les médias, même ceux contrôlés par Murdoch (!), leur ont d'ailleurs largement emboîté le pas, multipliant les reportages sur le danger posé par le réchauffement de la planète pour mieux souligner l'incongruité de la position américaine.
Pour ce qui est des politiques, je vous entends déjà me dire "mais les politiciens Australiens sont tous pro-américains alors que les Français sont anti-américains, donc l'Australie n'est pas une terre d'anti-américanisme". Là encore, il faut nuancer ce tableau simpliste : depuis 2007, le nouvel hôte de l'Elysée, notre cher mini-président, est un atlantiste déclaré et un des seuls leaders d'importance mondiale qui tient encore à faire ami-ami avec un Bush discrédité qui n'en a plus que pour quelques mois de mandat. Du côté Australien, s'il est vrai que John Howard était le modèle même du laquais des Etats-Unis, le nouveau Premier ministre est sur une position beaucoup plus équilibrée. La position de Howard a même été largement nuancée au sein du Parti libéral depuis la défaite électorale : il ne s'est trouvé personne en son sein pour critiquer la décision de Rudd de virer les troupes d'Irak.
D'accord, vous me direz, tout ça prouve que les choses sont compliquées, mais Chirac, lui, c'était un vrai anti-américain, pas vrai ? Eh bien, là encore, je vous répondrai qu'il ne faut pas se fier aux apparences. D'accord, il y a la guerre d'Irak. Mais à part ce différend (certes majeur), sur quel autre sujet Chirac s'est-il réellement différencié des Américains pendant son mandat ? Il a fait la guerre du Kosovo à leurs côtés, ainsi que la guerre en Afghanistan, et il avait la même position ferme qu'eux face à l'Iran et à la Syrie. Même dans le conflit israëlo-palestinien où la France est traditionnellement vue comme "pro-palestinienne", il n'a jamais vraiment levé la voix pour critiquer la position traditionnellement "pro-israëlienne" des USA, se contentant souvent de condamnations de pure forme...
Alors, Chirac, le roi des anti-américains ? La France, terre promise de l'anti-américanisme ? Think again...
PS : je précise juste que j'ai utilisé les termes "anti-américain", "atlantiste", "pro-palestinien" et "pro-israëlien" par pure commodité. Généralement, je réprouve l'usage de ces termes qui ne veulent pas dire grand-chose et qui sont souvent balancés comme des insultes pour délégitimer des positions qui peuvent pourtant tout à fait se justifier. Il n'y a donc aucune connotation péjorative ou méliorative à voir dans mon texte lorsque j'utilise ces termes, je ne porte pas de jugement (une fois n'est pas coutume).
Bon, à part ça, pas grand-chose de neuf, si ce n'est que Kevin Rudd a enfin osé critiquer la Chine et la répression au Tibet et au Xinjiang dans un speech fait à l'Université de Pékin (en mandarin, s'il vous plaît). Position courageuse dans un pays ultra-dépendant du géant chinois qui lui achète tout son charbon. Il a même interdit aux agents de sécurité chinois d'escorter la flamme lorsqu'elle arrivera en Australie (sans doute pour éviter les débordements qu'on a pu voir à Paris). Et pendant ce temps-là, en France, vous avez droit à une cacophonie générale (conditions à la participation, dit Rama Yade, pas de conditions dit-elle le lendemain) si bien qu'on n'a aucune idée de la position de la France par rapport à la Chine et aux JO. Et j'oubliais le pire, avec la même Rama Yade qui refuse de qualifier la Chine de "dictature"...pour une secrétaire d'Etat aux droits de l'homme, elle connaît bien mal son sujet.
Bref, pour ce qui est des anti-américains, je ne sais pas où ils sont, mais les guignols, ils sont clairement en France...
Voilà un des rares concurrents qui a réussi à faire basculer son tronc et à se rapprocher du score parfait. Et il n'avait même pas de kilt...un type sans kilt qui gagne un concours de lancer de troncs, mais où va le monde ? Un lancer de tronc, normalement, ça doit être gagné par un gros rouquin en kilt qui fait deux mètres et 150 kilos. Décidément, ces Australiens ne respectent même pas les plus vieilles traditions...