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L'Alsace au 36ème dessous : bienvenue sur le blog d'un étudiant strasbourgeois parti un an à Sydney. Catégorie : Blog Journal intime Date de création :
22.07.2007 Dernière mise à jour :
24.07.2008
Cette semaine a été plutôt chargée. D'abord, j'avais deux exposés à faire, en droit économique international et en droit criminel international. Mes premiers exposés "sérieux" en anglais. Un sacré challenge pour moi, déjà que je n'aime pas les exposés en français...mais ça s'est plutôt bien passé, j'ai même eu droit à des applaudissements à la fin (oui, j'aime me jeter des fleurs, mais en même temps, il faut dire que les applaudissements sont systématiques, sauf quand c'est mauvais).
Pour me récompenser de cette pénible épreuve, je suis allé faire un tour dans les Blue Mountains, vous savez, la "chaîne" de montagnes qui entoure Lithgow. Les Blue Mountains ressemblent un peu aux Vosges, en mieux (ce n'est que mon avis). Cependant, elles n'ont de "blue" que le nom : les feuilles des arbres y sont vertes comme partout ailleurs, c'est l'arnaque, il y a tromperie sur la marchandise ! En fait, c'est le brouillard qui donne l'impression que la montagne est bleue, d'où le nom.
Pour aller aux Blue Mountains, il fallait d'abord se rendre à Katoomba, une petite ville touristique située tout près d'Echo Point, un point à partir duquel on peut voir les principaux sommets des Blue Mountains, notamment les "Three Sisters", une formation rocheuse symbolique des Blue Mountains.
Il a fallu deux heures de train pour arriver à Katoomba, pas grand-chose à l'échelle Australienne. Ensuite, il y avait des bus pour se rendre à Echo Point, mais j'ai préféré marcher plutôt que de payer un prix prohibitif. J'ai bien fait : Echo Point n'est qu'à une vingtaine de minutes de marche du centre de Katoomba. Et une fois arrivé là-bas, on jouit d'une vue imprenable...sauf quand il y a du brouillard, ce qui était le cas quand j'y suis arrivé ! Comme vous le voyez sur la photo, on ne voyait absolument rien, c'était irréel : toute la vallée était blanche, comme si on se trouvait en plein milieu des nuages. J'ai décidé de patienter, d'attendre que le brouillard se lève. J'en ai profité pour discuter avec des touristes français qui se plaignaient (sans doute pour faire honneur à notre réputation de râleurs) que les panneaux indiquant les différents sommets n'étaient pas en couleur (comme si ça changeait quoi que ce soit). Ils n'ont pas eu la même patience que moi et sont partis après un quart d'heures. Mal leur en a pris puisque c'est précisément le moment que le brouillard a choisi pour se lever, petit à petit. Ce qui m'a permis de prendre de très belles photos de la nature australienne. Et oui, pour une fois que je ne vous inflige pas de photos d'église, profitez-en !
Comme vous l'aurez certainement remarqué si vous êtes attentifs, ceci est le cimetière de Windsor. Je n'ai pas l'habitude de prendre des cimetières en photo, mais celui-ci est censé être l'un des plus vieux du pays. On y trouve des vieilles tombes qui datent du début du XIXè siècle, une époque où l'Australie n'était même pas encore un vrai pays : la preuve, le roi d'Angleterre en était le chef d'Etat...
Ah oui, c'est vrai, c'est toujours le cas aujourd'hui...
Voila une antiquité dans laquelle on trouve des antiquités. J'explique ce jeu de mot débile : ce magasin est censé être l'un des plus vieux magasins d'antiquités d'Australie. J'ignore si c'est vrai ou si c'est seulement pour se faire de la pub, mais le bâtiment est sympa...
Il y a déjà deux semaines, je suis allé faire un petit tour à Windsor, un petit "village" situé à une soixantaine de kilomètres de Sydney. Windsor est la deuxième plus vieille colonie anglaise en Australie, elle a été fondée juste après Sydney et était censée assurer l'approvisionnement en nourriture des colons. En effet, par rapport aux autres colonies australiennes, Windsor a ceci de particulier qu'elle n'a pas été fondée comme une colonie pénitentiaire, contrairement à Newcastle ou Goulburn, ni comme une ville industrielle, contrairement à Lithgow. Windsor symbolise donc le côté "farmer" de l'Australie. Le bagnard (Newcastle), le fermier (Windsor) et l'ouvrier (Lithgow), voilà les trois personnages sur lesquels s'est construit l'Australie. Aujourd'hui, les ouvriers et les fermiers sont toujours là, mais le sportif a pris la place du bagnard dans le folklore, on le trouve surtout dans sa version "joggeur" (cf un de mes anciens articles). Je ne sais pas si on a gagné au change, mais bon...
L'emplacement où fut fondé Windsor a donc été choisi en raison de son potentiel agricole.Il fallait en outre que l'endroit ne se situât (ouah, la classe, vous avez vu le joli imparfait du subjonctif que j'ai réussi à placer ?) pas trop loin de Sydney, de façon à pouvoir acheminer rapidement la nourriture vers la colonie principale.
Windsor est un endroit plutôt sympathique, dans lequel on trouve les bâtiments parmi les plus vieux du pays, notamment la toute première église d'une très (trop ?) longue série. Vous la voyez sur la photo. Faut avouer qu'elle est pas moche. Il paraît même que la première pierre a été posée par une légende locale, le très honorable Lachlan MacQuarie, sixième gouverneur de Nouvelles-Galles-du-Sud, et sans doute le nom que l'on retrouve le plus souvent en Australie : Macquarie Lake, Macquarie River, Macquarie Fields, Macquarie Streets, tout y passe. Soit ce type était vraiment extraordinaire, soit les Australiens manquent singulièrement d'imagination...
Dimanche soir, évènement de l'année à la télé australienne : non, je ne parle pas de la finale de la coupe du monde de rugby (le match était diffusé dimanche matin, et tout le monde s'en foutait de toutes façons), mais du grand débat entre Kevin Rudd et John Howard, les deux candidats au poste de premier ministre. Sur la forme, le débat s'est fait à l'américaine : les deux candidats étaient derrière un pupitre, n'avaient pas le droit de s'interrompre, et n'étaient pas face à face. Rien à voir avec le débat Sarkozy-Royal auquel nous avons eu la "chance" d'assister en mai dernier...
Sur le fond, les deux participants ont dit moins de conneries que lors du débat français d'entre-deux-tours. Dans l'ensemble, j'ai trouvé que Rudd avait été meilleur, mais en même temps, je ne suis pas très objectif, je déteste Howard. Rien que sa voix et sa façon de parler (condescendante au plus haut point) me hérissent le poil. Il a passé son temps à dire que l'économie s'écroulerait si le Labor arrivait au pouvoir, en comparant sans cesse les chiffres économiques de son gouvernment avec ceux des précédents gouvernements travaillistes. Ce à quoi Rudd a répliqué que lorsque Howard était ministre des finances dans les années 1970, l'inflation et les taux d'intérêts étaient à plus de 15% et le déficit se creusait d'année en année.
Autre sujet de discorde, la présence d'anciens syndicalistes dans l'équipe de Rudd. Howard estime que cela prouve que le Labor est "anti-business", tandis que Rudd estime que cela n'a rien de problématique si les gens qui l'entourent sont talentueux et compétents. Pour ce qui concerne les baisses d'impôts, les deux partis proposent à peu près la même chose, sauf que Rudd ne baissera pas les impôts des très riches, pour pouvoir investir dans l'éducation et dans un meilleur réseau internet pour le pays (ce qui m'arrangerait bien vu la lenteur de ma connection).
Sur un sujet comme le réchauffement planétaire, Howard a surpris tout le monde en annonçant sa volonté de signer un nouveau traité du genre Kyoto. La question est : pourquoi ne veut-il pas signer le protocole de Kyoto dans ce cas ? Il n'a pas su répondre. Peut-être veut-il un nouveau traité moins contraignant ?
Quant à la guerre en Irak, Howard pense que se retirer maintenant signifierait une défaite face aux terroristes, mais il n'a pas su répondre à la question "la guerre en Irak a-t-elle réduit le risque terroriste dans le monde ?". Rudd, de son côté, pense qu'il faudra bien laisser un jour le gouvernement irakien s'occuper de la sécurité dans son propre pays.
Enfin, pour ce qui est des aborigènes, Rudd a annoncé qu'il émettrait des excuses officielles pour leur traitement passé et qu'il créerait de nouveaux programmes pour améliorer leur sort (dans un pays à l'économie florissante, la plupart des aborigènes ont un niveau de vie digne d'un pays du tiers-monde). Howard, de son côté, refuse toujours de s'excuser, considérant que les australiens d'aujourd'hui ne sont pas responsables. Sans doute pas, mais émettre des excuses officielles ne veut pas dire qu'on se considère soi-même responsable...
Ce qui était marrant, c'est que pendant le débat, il y avait un espèce d'indicateur d'approbation (vous le voyez sur la photo). En effet, plusieurs dizaines d'électeurs indécis avaient été sélectionnés et devaient réagir en temps réel aux propos de chaque candidat, en disant s'ils étaient d'accord ou non. Quand Rudd parlait, l'indicateur montait très haut, indiquant une forte approbation. Mais quand Howard prenait la parole, l'indicateur descendait inévitablement en flèche ! Le procédé a été critiqué après coup par le camp de Howard, d'autant qu'il semble que les deux candidats n'avaient pas été mis au courant. Personnellement, je ne vois pas trop le problème : s'ils n'étaient pas au courant, cela veut dire que l'indicateur n'a absolument pas affecté leur performance lors du débat.
Quoi qu'il en soit, les sondages publiés après le débat ont désigné Rudd comme le vainqueur incontestable : 65%, contre 29% pour Howard. Reste maintenant à gagner les élections...
(ATTENTION, ceci est un post politique, donc un post chiant, dans lequel on va parler de messieurs en cravate avec une tronche de premier communiant. Si vous vous attendiez à d'autres photos de mannequins en bikini, désolé de vous décevoir, mais vous devrez passer votre chemin. Ce sera pour une autre fois, d'autant qu'il n'y a que deux personnes qui ont commenté mon post sur le concours de filles en bikini sur la plage de Bondi)
Ca y est, c'est officiel, une date a été fixée pour le plus important combat de l'année, celui dont l'issue désignera le prochain premier ministre de l'Australie. En effet, le premier ministre, après avoir tergiversé pendant des semaines en attendant que les sondages s'améliorent pour son parti (ce qui ne s'est pas produit), a finalement fixé la date au 24 novembre. Voici un bref résumé des forces en présence :
-à droite (très à droite), John Howard, premier ministre conservateur, en poste depuis 1996, leader de la coalition Liberal Party-National Party (équivalents locaux de l'UMP et du MPF de De Villiers). Ses atouts : la bonne santé apparente de l'économie, son expérience et sa réputation de maître tacticien. Ses faiblesses : l'usure dûe à 11 ans de pouvoir, sa réputation de menteur prêt à tout pour gagner une élection, la montée récente des taux d'intérêt, son refus de sortir de la guerre en Irak, ses positions très à droite sur certains sujets (problème aborigène, refus de signer le protocole de Kyoto, lois anti-immigration). Sa stratégie : faire passer le Labor (les travaillistes) pour un parti noyauté par les méchants syndicats qui veulent empêcher les gentils entrepreneurs australiens de faire leur business. Il prédit également la fin du monde si le Labor arrivait au pouvoir (montée du chômage et des taux d'intérêt, augmentation des impôts, déficit, invasion de sauterelles, vous voyez le tableau). Enfin, pour atténuer son image de type ultra-droitier, il vient de décider (juste avant les élections, comme par hasard) de modifier le préambule de la Constitution pour accorder aux aborigènes une reconnaissance symbolique, alors qu'il avait refusé de le faire depuis des années. Il a cependant refusé catégoriquement d'émettre des excuses officielles pour le traitement passé des abos. Pour l'instant, Howard est à la traîne dans les sondages, une dizaine de points derrière le Labor. Il pourrait même être le deuxième premier ministre de l'histoire australienne à perdre son siège de député, dans la division de Bennelong, où il est opposé à une ancienne présentatrice télé qui est bien plus sexy que lui (ce qui n'est pas difficile). Bref, les choses s'annoncent mal pour John Howard.
-à gauche, Kevin Rudd, leader de l'opposition travailliste (Australian Labor Party). Attention, le Labor Party n'est pas l'équivalent local du PS. Le seul point commun, c'est que c'est le principal parti de gauche du pays. En dehors de ça, le Labor est beaucoup moins divisé que le PS, et beaucoup plus proche du New Labour de Tony Blair, bien qu'il soit sans doute plus à gauche en matière de sécurité et d'immigration. Cependant, pour ce qui est de l'économie, le Labor a promis de ne pas bouleverser fondamentalement la donne, Rudd promettant d'être "économiquement conservateur" (financially conservative). Rudd a cependant annoncé qu'il abolirait une des réformes les plus controversées de Howard, les "Workchoices agreements". Il s'agit d'une loi modifiant profondément les relations sociales en Australie, supprimant un certain nombre de protections contre les licenciements abusifs et mettant fin au principe du "mieux-disant" (à savoir, si la loi est en conflit avec un accord syndical, c'est la disposition la plus protectrice du travailleur qui s'applique). Howard a prévenu qu'en supprimant cette disposition, Rudd réintroduirait des protections "injustes" contre le licenciement (unfair dismissal protections). Je ne savais pas que protéger les travailleurs contre des licenciements abusifs était injuste, mais bon...
Les atouts de Kevin Rudd sont son image de leader jeune et dynamique, le souffle de nouveauté qu'il incarne, son opposition à la guerre en Irak, son soutien du protocole de Kyoto dans un pays qui se préoccupe de plus en plus du réchauffement planétaire. Sans oublier ses positions modérées en matière économique, qui lui ont valu le soutien implicite du patronat (assez rare dans ce pays). Et surtout, son plus gros point fort est sans conteste son goût pour les danses érotiques (voir un de mes vieux articles). Ses faiblesses sont principalement son manque d'expérience et la bonne santé actuelle de l'économie (Howard est devant lui dans les sondages quand on demande qui est le meilleur pour gérer l'économie). Mais il semble que pour une fois, l'économie ne sera pas déterminante, contredisant en cela la célèbre maxime de Clinton : "it's the economy, stupid !" (tout ce qui m'intéresse, c'est l'économie, imbécile). En effet, Rudd est en tête de tous les sondages depuis plusieurs mois maintenant, et jamais personne n'est parvenu à renverser une situation aussi compromise. J'espère en tout cas que les sondages se confirmeront...
Bon, je me rends compte que j'en ai écrit des tonnes et que personne ne lira ça jusqu'au bout, mais c'est pas grave, je vous avais promis de vous tenir au courant de la campagne. Ceci pour vous dire que l'Australie, ce n'est pas seulement du surf et des kangourous, c'est aussi (un peu) de la politique.
Petit jeu : d'après mon message, quel est mon candidat préféré ? L'ignoble Howard ou le gentil Kevin ? Dur de savoir, n'est-ce pas ? Celui qui répondra correctement à cette question recevra l'équivalent de 1000 dollars australiens en Vegemite...
(et puis quoi encore, je vais pas dépenser 1000 dollars pour acheter de la merde, faut pas déconner non plus)
Comme vous le savez certainement, les anglais ne se sont pas contentés de virer les australiens de la Coupe. Ils ont également éliminé les français, au cours d'un des matchs les plus chiants qu'il m'ait été donné de voir. Combien d'occasions manquées pour les français, combien de drops foireux, combien de coups de pieds inutiles ? La presse australienne ne s'y est pas trompée : la France était clairement supérieure, mais elle n'a pas joué le jeu qui lui aurait permis de l'emporter. Les français ont tenté de jouer à l'anglaise : kick and rush, on balance de grands coups de pied et on ne prend surtout aucun risque, on laisse l'imagination de côté. Ce choix, personne ne le comprend ici. Autant vous dire que notre futur ministre des sports est considéré comme un guignol par la presse locale, il est vu comme le principal responsable du désastre. Et pourtant, c'est encore lui qui va le mieux se sortir de ce marasme.
Quand je pense que je me suis levé à 5 heures du matin pour voir ça en direct, y'a de quoi s'arracher les cheveux. Enfin, à quelque chose malheur est bon : puisque la France ne gagnera pas la Coupe du Monde, on échappera aux félicitations de Notre Président Bien-Aimé (je n'utiliserai plus son nom, sinon je vais encore avoir droit à des pubs "soutenez l'action de notre président") à son cher ami Bernard, on n'aura pas à se taper sa visite aux joueurs dans les vestiaires et son hommage rendu à ces magnifiques guerriers. C'est toujours ça de pris...
Voici une pub plutôt marrante qui passe à la télé australienne en ce moment :
La pub montre un joueur de foot qui fait sa tapette en s'écroulant et en hurlant de douleur alors qu'on l'a à peine touché (un comportement tout ce qu'il y a de plus normal chez un joueur de foot). Arrive alors Mister T (un acteur américain célèbre pour avoir joué dans l'agence tous risques) dans un tank. Le joueur se relève précipitamment pour ne pas se faire écraser, on constate alors qu'il est en parfaite condition physique. Mister T l'apostrophe violemment en lui disant qu'il n'a rien, qu'il est pathétique et qu'il ferait mieux d'arrêter de pleurnicher s'il ne veut pas rencontrer son amie la douleur. Mister T finit en lui balançant un snickers et en s'écriant "Get some nuts", ce qui peut être traduit par "achète-toi des couilles". L'astuce étant que "nuts" veut également dire "noix", et que dans les snickers, il y a des noix.
Marrant, non ?
Une des raisons qui faisait que je me réjouissais d'être en Australie est le fait que la Coupe du Monde de Rugby ait lieu cette année. Je me disais "c'est super, ça va être la folie, tout le monde ne va parler que de ça". Hélas, la réalité a été bien différente. J'ai été très surpris de voir le peu d'intérêt des gens et des médias pour la Coupe du Monde. Les matchs de football australien faisaient l'objet de discussions plus enflammées dans les pubs que les matchs des Wallabies dans l'Hexagone. Certes, le Rubgy n'a pas en Australie le statut qu'il a en Nouvelle-Zélande, cependant, je m'attendais à un peu plus d'enthousiasme de la part des gens.
Ayant interrogé quelques Australiens à ce sujet, je me suis aperçu qu'en fait, les gens ne s'en foutaient pas de la Coupe du Monde. Ils se foutaient seulement du premier tour. En effet, les matchs Australie-Fidji ou Australie-Japon n'intéressent personne : il n'y a aucun intérêt à regarder les pauvres japonais se faire massacrer par une équipe qui joue sur une autre planète qu'eux.
Par contre, on m'avait assuré que ce serait la folie une fois les matchs de poule passés. Surtout, tout le monde attendait l'inévitable confrontation avec les All Blacks en demi-finale. A vrai dire, même le quart de finale contre les Anglais ne soulevait pas la passion des foules, tant l'issue du match paraissait certaine : contre ces Anglais-là, l'Australie ne pouvait pas perdre.
Malheureusement pour nos amis Aussies, le destin en a décidé autrement. Il n'y aura pas de demi-finale explosive contre les Blacks. A la place, les Wallabies en seront quittes pour une humiliante élimination face aux Anglais. C'est la première fois qu'ils sont éliminés de la compétition avant les demi-finales. Autant dire que le lendemain, c'était pas la joie dans les rues de Sydney. Les journaux étaient pour le moins féroces envers leur équipe, la défaite contre une équipe d'Angleterre moyenne (qui avait notamment perdu contre l'Afrique du Sud 36 à 0 en poule) étant décrite comme un "complete embarrassment for Australian Rugby" (traduction : c'est la honte totale pour le rugby Australien). Tout le monde en a pris pour son grade : les joueurs, le coach, le staff.
Quoi qu'il en soit, à cause de ces fichus Anglais, je ne connaîtrai jamais l'engouement qui peut s'emparer de la nation Australienne à l'approche d'un grand match de Coupe du Monde. Décidément, ils ne savent que nous pourrir la vie, ces Anglais...
Bref, autant vous dire que les prochains matchs n'intéressent plus personne, tout le monde se fout de la suite de la Coupe du Monde. En fait, la seule chose qui a un peu réconforté les gens, c'est d'apprendre que les All Blacks eux aussi s'étaient fait botter le cul. Témoin la page Sports du Sydney Morning Herald : "The Wallabies era of George Gregan, Stephen Larkham and John Connolly is over after the diabolical loss to England. But at least, the Kiwis got stuffed too" (traduction : au moins, les Kiwis se sont fait jeter eux aussi). Merci qui ? Merci la France !