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alsacedownunder
Description du blog :
L'Alsace au 36ème dessous : bienvenue sur le blog d'un étudiant strasbourgeois parti un an à Sydney.
Catégorie :
Blog Journal intime
Date de création :
22.07.2007
Dernière mise à jour :
09.05.2008
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Reposoir à encens.

Posté le 27.11.2007 par alsacedownunder
Je ne sais pas exactement ce que c'est que ce truc, mais c'est là que les visiteurs peuvent faire brûler des bâtons d'encens, un peu comme quand on brûle un cierge dans nos églises. On peut admirer une tête d'éléphant sur le côté.

Cour intérieure.

Posté le 27.11.2007 par alsacedownunder
Une photo de la cour intérieure du temple. Il m'a fallu des heures pour obtenir cette fichue photo. En effet, je tenais à prendre une photo "vierge" de toute présence humaine, je voulais uniquement capturer la beauté des lieux. Or, des touristes chinois ont passé au moins une demi-heure à se faire photographier sur les escaliers chacun à leur tour par leurs proches. A la fin, j'étais pas loin de péter les plombs, mais j'ai pris mon mal en patience. Peut-être était-ce une épreuve envoyée par Bouddha pour m'inciter à la patience et à la méditation...n'empêche, je suis sûr que lui, quand il a passé des années à méditer sous son arbre, y'avait sûrement pas de touristes chinois pour le déranger...

Bouddha.

Posté le 27.11.2007 par alsacedownunder
Voici une statue de Bouddha qui se trouve dans les jardins du temple. On ne la voit pas vraiment sur cette photo, mais il a une svastika sur son cou. En effet, la svastika est un ancien symbole sanskrit qui a été repris bien plus tard par le nazisme. A noter que la croix gammée nazie n'est pas inclinée de la même manière que le symbole bouddhiste, comme c'est expliqué dans les écriteaux affichés sur les murs du temple.

Sur les toits...

Posté le 27.11.2007 par alsacedownunder
Vous pouvez ici voir les toits du temple, avec des figurines de dragon, de lions et autres créatures diverses.

Un autre sanctuaire.

Posté le 27.11.2007 par alsacedownunder
Voilà une photo d'un autre sanctuaire. Alors, je n'y connais pas grand-chose en bouddhisme, mais je sais que la divinité à plusieurs bras du nom de Shivah est une divinité hindoue. Cette statue ne peut donc pas être Shivah. Et je ne savais pas que Bouddha était parfois représenté avec plusieurs bras. Si quelqu'un pouvait m'éclairer à ce sujet...

Un sanctuaire...

Posté le 27.11.2007 par alsacedownunder
Voici l'intérieur d'un sanctuaire, où l'on voit plusieurs statues de Bouddha censées symboliser les différentes phases de sa méditation.
En théorie, il est interdit de prendre des photos de l'intérieur des sanctuaires, il y a des gens qui vous surveillent dès que vous en franchissez le seuil. Cependant, je me suis dit que ça aurait été trop con de passer à côté d'une photo de l'intérieur du temple pour des bêtes raisons relatives au respect de la religion (de toutes façons, c'est surtout pour éviter le bruit que les photos sont interdites, ça pourrait troubler la méditation). J'ai donc pris cette photo de dehors, profitant du fait que la porte était ouverte et tirant avantage de mon zoom (c'est beau le progrès quand même). Comme dirait le chat de Philippe Geluck : "Pas con, le mec..."
On voit aussi une "donation box" sur la photo, destinée, comme son nom l'indique, aux généreuses donations des touristes et des fidèles (pour le toit du temple ?). Comme quoi, même s'ils se fichent des plaisirs terrestres, ils perdent pas le nord chez Bouddha...enfin bon, tant qu'ils n'obligent pas les gens à payer, ça va...

La pagode (miché ?)

Posté le 27.11.2007 par alsacedownunder
Désolé pour ce jeu de mot ultra-pourri, j'ai pas pu m'en empêcher. Ce n'est pas glorieux, je sais, je ferai pénitence en avalant un pot entier de Vegemite...ou pas.
En attendant, admirez cette magnifique pièce d'architecture...

Une après-midi très zen...

Posté le 27.11.2007 par alsacedownunder
Je ne sais pas si vous vous en rappelez, mais il y a quelques mois, j'ai effectué ma première visite en-dehors de Sydney dans la ville de Wollongong, que j'avais trouvé assez peu remarquable dans l'ensemble. Il faut dire que j'avais loupé le monument le plus connu de la ville : le Nan Tien Temple, ou "Paradis du Sud" en français, le plus grand temple bouddhiste de l'hémisphère Sud (rien que ça). Eh oui, comme vous le savez déjà, il y a une importante population asiatique en Australie, le bouddhisme est donc une religion bien établie dans le pays.
Le fait que j'ai loupé le Nan Tien Temple la dernière fois n'est en fait pas si étonnant. En effet, non seulement le temple est situé dans une banlieue au nom improbable d'Uranderra, mais en plus, il est situé dans un endroit des plus cocasses : au beau milieu d'une zone industrielle ! C'est bien simple, sans les panneaux et la pagode (que l'on voit d'assez loin), il est impossible d'imaginer qu'il puisse y avoir un temple bouddhiste à un endroit pareil. Mais je commence à m'y habituer : en Australie, l'organisation des villes ne semble pas répondre aux règles habituelles...mais quand même, un temple bouddhiste au milieu des usines et des ateliers, fallait le faire !
Cependant, une fois franchi le seuil du temple, on oublie son emplacement étrange et on se sent comme perdu au milieu de nulle part, enfermé dans un sanctuaire. Je ne sais pas si c'est l'atmosphère zen du temple ou si c'est l'esprit de Bouddha. Ou peut-être est-ce tout simplement le fait que le temple est entouré d'une végétation assez dense qui vous fait oublier les usines qui l'entourent.
En tout cas, c'était une visite fort intéressante, dans la mesure où je n'avais jamais visité de temple bouddhiste de ma vie. Si on m'avait dit que c'était en Australie que je visiterai pour la première fois ce genre d'endroits, je ne sais pas si je l'aurais cru...une preuve de plus que ce pays n'est décidément pas comme les autres.
Quoi qu'il en soit, je vous laisse admirer mes magnifiques photos, en commençant par l'entrée principale. Eh oui, aujourd'hui, il n'y aura pas de photos d'église (je suis sûr que vous êtes déçus) mais des photos d'un temple bouddhiste. Pas de raison de faire de discriminations...

Ruddslide...

Posté le 25.11.2007 par alsacedownunder
C'était le titre de la une de la plupart des sites webs de journaux australiens lorsque la victoire des travaillistes est apparue de façon certaine (il s'agit d'un jeu de mot entre "Rudd" et "landslide", ou raz-de-marée électoral). En effet, après deux longues heures d'attente (car les bureaux de vote de l'ouest du pays n'ont fermé que deux heures après les autres, décalage horaire oblige), les premières estimations ont clairement donné le Labor en tête, avec environ 53% des voix, contre 47% à la coalition de John Howard. L'humiliation s'ajoutant à la défaite, Howard semblait même en passe d'être le deuxième premier ministre sortant à perdre son propre siège (Bennelong), qui lui serait ravi par une ancienne journaliste, Maxine McKew, alors qu'il le détenait depuis 33 ans. En effet, les deux candidats étaient encore au coude-à-coude après dépouillement de 80% des bulletins, mais les préférences plaçaient le Labor en tête. Mais vous ne savez même pas ce que sont les préférences. Sachez qu'ici en Australie, on ne met pas simplement un bulletin avec le nom de son candidat dans l'urne. Non, on remplit un formulaire, en classant par ordre de préférence tous les candidats. Ensuite, si aucun candidat n'obtient la majorité absolue de 50%, on désigne le vainqueur en fonction des préférences. Ainsi, si un candidat a obtenu 48% et un autre 44%, celui qui a obtenu 44% peut très bien emporter le siège s'il a été désigné plus souvent deuxième que son adversaire. C'est ce qui explique que de nombreux sièges ont été remportés par le Labor même quand les libéraux avaient la majorité relative de voix. Configuration typique : prenons une circonscription dans laquelle le candidat libéral obtient 40%, le candidat travailliste 38%, et le candidat des verts 15%. Comme le deuxième choix d'un électeur vert est très souvent le candidat travailliste, le candidat du Labor a toutes les chances d'emporter le siège, même s'il a moins de voix que le candidat libéral. La configuration inverse peut également s'observer : certains sièges ont été remportés par les libéraux grâce à la présence de candidats du parti national en troisième position.
Bref, un système un poil complexe, mais la victoire du Labor reste indiscutable, son avance au niveau national étant de 6%. Les estimations lui donnent un gain de 20 à 25 sièges, ce qui représente la plus large défaite d'un gouvernement sortant depuis belle lurette. Comment expliquer cette défaite malgré un bilan du gouvernement sortant plébiscité par beaucoup d'électeurs, et un taux d'approbation de 50% pour le premier ministre ? La plupart des journaux australiens avançaient plusieurs explications ce matin : l'arrogance du premier ministre sortant, qui n'a eu de cesse de rappeler son bilan "exceptionnel" et de dire à qui voulait bien l'entendre que l'Australie n'avait jamais été aussi forte. Deuxième explication, l'incapacité de ce même Howard à esquisser une vision pour l'avenir de l'Australie : à force de ressasser son bilan, il en a oublié d'expliquer ce qu'il comptait faire pour le futur. Troisième explication : les "Workchoices", ou la réforme des relations de travail par Howard, qui a supprimé beaucoup de protections contre les licenciements injustifiés. La promesse faite par Howard en 2004 de garder les taux d'intérêt à des taux historiquement bas n'est pas non plus pour rien dans sa défaite, quand on sait qu'ils ont monté 6 fois depuis cette promesse. Le changement climatique a également beaucoup pesé dans la campagne, et tout le monde sait que Howard n'en a jamais rien eu à foutre. Il a eu 11 ans pour s'en occuper, et il n'a fait mine de découvrir le problème que maintenant, pour des raisons électoralistes. Dernière explication, l'usure du pouvoir : John Howard était là depuis trop longtemps et il n'a pas su s'arrêter à temps. Au lieu de se retirer avant ces élections, il a continué coûte que coûte tout en promettant de se retirer peu après avoir été élu, sans préciser quand. En gros, le message était : élisez-moi une dernière fois que je puisse profiter d'une retraite paisible, mais vous ne saurez pas quand je compte partir. Bref, c'est assez mal passé dans l'électorat. L'animal politique qu'est Howard a donc commis une incontestable erreur tactique, et plus la campagne avançait, plus il a semblé perdre le contact avec le pays. D'autant qu'il s'est épuisé à faire campagne dans son propre siège en danger, au lieu d'aller batailler dans les circonscriptions indécises.
Howard a concédé sa défaite aux environs de 22 heures, insistant encore une fois sur son bilan, estimant qu'il laissait à Rudd une Australie plus prospère et plus fière que jamais. Encore faut-il savoir à quoi est dûe cette prospérité : des réformes libérales de l'économie ? Elles sont essentiellement dûes aux gouvernements travaillistes des années 1980, Howard s'étant contenté de gérer les affaires courantes. Le boom minier ? Voilà une meilleure explication : avoir comme voisin la Chine, qui est en pleine croissance et qui vous achète des tonnes de charbon, ça aide pour avoir une économie prospère. Dans tous les cas, Howard ne me semble pas le principal artisan de cette prospérité "exceptionnelle", dont beaucoup d'australiens restent exclus.
Howard a terminé son discours en remerciant les australiens, qui lui avaient fait l'immense honneur d'être à la tête de ce "pays magnifique" pendant 11 ans. Un truc qui m'a frappé d'ailleurs dans les différents speechs que j'ai entendus hier soir, c'est le temps passé par les différents politiciens (surtout les conservateurs) à insister sur la place particulière et privilégiée de l'Australie : combien de fois ai-je entendu des phrases du style "this is the best country in the world", "this is the best place in the world", "we are so lucky to live here". Jusqu'à présent, je pensais que ce n'était qu'en France et aux Etats-Unis qu'on se croyait à ce point exceptionnel (le rôle de la France dans le monde, blablabla). Apparemment, en Australie aussi, du moins chez les libéraux. Sans doute n'est-ce destiné qu'à flatter l'électorat, mais bon...
Dans son speech de victoire, Kevin Rudd est resté assez consensuel. Magnanime, il a rendu hommage à son adversaire sans l'enfoncer, puis a déclaré qu'il était temps d'écrire une nouvelle page de l'histoire du pays. Il a insisté sur l'abrogation des lois sur les relations de travail de Howard, la ratification du protocole de Kyoto, et la réconciliation avec les aborigènes, autant d'issues que Howard n'a traité qu'avec le plus grand mépris pendant ses 11 années à la tête du pays. Bref, même si Rudd devra encore batailler avec un Sénat conservateur jusqu'en juillet 2008, l'Australie semble enfin repartir du bon pied. C'est une bonne nouvelle.
De quoi s'ouvrir une bonne bière pour fêter ça (ben oui, on fête pas les victoires au champagne ici).

Par contre, un truc bizarre, Rudd n'a pas dévoilé son programme en matière de soutien aux strip clubs. On sait pourtant qu'il a récemment reconnu l'importance particulière de ces endroits dans l'économie du pays...sans doute un oubli passager...

Dernière ligne droite...

Posté le 23.11.2007 par alsacedownunder
Un petit message rapide pour vous rappeler que demain, ce sont les élections fédérales en Australie, et que les protagonistes sont John Howard, représentant le camp des connards...euh, je veux dire des conservateurs, et Kevin Rudd, représentant le camp des travaillistes.
La campagne est donc terminée. Elle a été marquée par des annonces de dépenses en fanfare (60 milliards de dollars au total pour Howard, 55 pour Rudd) et de véritables campagnes de peur (fear campaigns), les libéraux dépeignant les travaillistes comme étant soumis à d'affreux syndicalistes qui ne veulent que foutre en l'air l'économie, tandis que les travaillistes accusaient les libéraux de vouloir aller encore plus loin dans la dérégulation du marché du travail et l'affaiblissement des droits des travailleurs. Deux mots fleuris, que je ne connaissais pas, auront marqué cette campagne : le premier est "pork-barreling", une expression que l'on pourrait traduire par "la tirelire est pleine", et qui sert à dénoncer l'inflation des dépenses annoncées au cours de la campagne. Le deuxième mot est "me-tooism", un mot que l'ont peut traduire par "moi-aussisme" et qui a pour but de singer le copiage des idées de l'autre camp par chacun des deux leaders, que ce soit Rudd en matière économique, ou Howard en matière de climat. Les derniers sondages prédisent une victoire écrasante pour les travaillistes, leur avance sur les conservateurs allant de 5 à 12 points selon les sondages. Autant dire que Howard est mal barré, d'autant qu'un scandale vient d'éclater dans quelques circonscriptions indécises, où les maris de deux candidates du Parti libéral ont été accusés d'avoir participé à une campagne haineuse de tracts anti-musulmans. Howard a bien sûr désavoué cette campagne, mais il n'a pas exclu les candidates, estimant qu'elles n'étaient sans doute pas au courant de ces manoeuvres. Peut-être, mais le malaise reste...
Ce qu'il faut savoir, c'est que ces élections fonctionnent selon les règles du scrutin majoritaire, et qu'il ne suffit donc pas d'avoir une majorité de voix au niveau national pour l'emporter. Exemple simple : si vous gagnez un siège avec 80% des voix et que vous avez 49% des voix dans une autre circonscription contre 51% pour l'autre camp, vous ne gagnerez qu'un seul siège sur deux, même si le total cumulé de voix vous met largement devant votre adversaire sur les deux circonscriptions cumulées. Si vous n'avez pas suivi, ce n'est pas grave, rappelez-vous le fameux théorème Shadok : "s'il n'y a pas de solution, c'est qu'il n'y a pas de problème".
S'il n'y a pas de problème pour les Shadoks, il y en a toutefois un pour les travaillistes, et ils doivent y trouver une solution pour l'emporter. Ils ont besoin de gagner 16 sièges par rapport à 2004. Pour cela, ils devront avoir une avance d'au moins 4,8% sur les libéraux au niveau national (ne me demandez pas d'où sort ce chiffre, je n'en sais rien). Les libéraux l'ont d'ailleurs compris, en concentrant leurs efforts sur quelques circonscriptions indécises : ils savent qu'ils auront moins de voix au niveau national, mais ils espèrent conserver la majorité des sièges en arrachant le maximum de circonscriptions indécises (les "marginal seats" comme on dit ici). On arriverait alors à une situation comparable aux élections américaines de 2000, avec comme vainqueur celui qui a le moins de voix (paradoxal dans une démocratie).
Mais encore une fois, cela est peu probable, les sondages prédisant tous une victoire écrasante pour le Labor de Kevin Rudd, et ce depuis plusieurs mois : aucun renversement de tendance ne s'est produit pendant la campagne. Kevin Rudd a d'ailleurs profité de la dernière semaine de campagne pour renforcer son image de "good bloke" (un type avec qui on a envie de boire une bière, et vous savez combien c'est important en Australie) en acceptant une invitation à l'émission "Rove", le talk show le plus populaire du pays, tandis que Howard refusait de s'y rendre. Pour enfoncer un peu le clou, sachez que le "Sydney Morning Herald", et surtout le "Daily Telegraph" (équivalent local du Sun), journaux réputés pour leurs tendances conservatrices, se sont clairement prononcés en faveur de Kevin Rudd. Idem pour le mensuel "Monthly". C'est d'ailleurs la première fois que le "Morning Herald" se prononce pour les travaillistes aux élections générales, même s'il avait déjà soutenu des gouvernements travaillistes au niveau local. Même le quotidien national "The Australian", propriété de Rupert Murdoch et souvent qualifié de "gazette officielle du gouvernement Howard" a tourné le dos aux libéraux et soutient Kevin Rudd. C'est la première fois depuis 1972 que ce journal soutient un candidat travailliste.
Bref, reste plus qu'à attendre demain pour le verdict, et espérons que les Australiens diront enfin "So long, John" après 11 longues années...
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