Publié le 23/10/2008 à 12:00 par alsacedownunder
Vous allez dire que ça confine à l'obsession, mais enfin, il fallait que je vous en parle. Une
étude capitale vient de sortir, répondant à l'une de ces questions existentielles que tout le monde se pose. Non, il ne s'agit pas de l'explication du mystère de la vie, ni de la raison incompréhensible pour laquelle le peuple français a élu un mini-président en 2007, encore moins de la révélation de ce qui se passe dans la tête de Ségolène Royal. Il s'agit de quelque chose de beaucoup plus important.
En effet, selon une étude Australienne tout ce qu'il y a de plus scientifique, boire régulièrement de l'alcool (mais avec modération) aide à se sentir mieux. En effet, d'après les conclusions de cette enquête, les gens qui boivent un verre de temps en temps sont en moyenne plus heureux que ceux qui ne boivent jamais. Seule une étude Australienne pouvait arriver à une telle conclusion.
Autres résultats de l'enquête, fumer a tendance à déprimer les gens, et surtout, faire régulièrement de l'exercice aura des conséquences négatives sur votre moral.
Conclusion : pour être heureux, buvez un p'tit coup de temps en temps, mais n'allez surtout pas faire de jogging quotidien. Vous pourriez en mourir, ou pire, ressembler à l'actuel locataire de l'Elysée...
Je sais pas pourquoi, mais j'aime bien les résultats de cette étude...
Publié le 13/10/2008 à 12:00 par alsacedownunder
En ces temps de crise financière généralisée, je me suis dit qu'il serait utile de vous poster un petit billet pour vous parler de la manière dont l'Australie est affectée et surtout, de la façon dont elle réagit. Que fait notre cher Kevin Rudd face à la situation ?
D'abord, une bonne nouvelle pour lui : le sénateur Fielding, dont je vous parlais la dernière fois, a finalement changé d'avis : il accepte de voter les mesures auxquelles il s'était opposé pendant des semaines, à savoir une taxe sur les alcopops (boissons alcoolisées colorées et sucrées destinées aux jeunes), ainsi que l'augmentation du seuil de revenu à partir duquel une taxe supplémentaire (un peu comme la CSG) est exigée pour le système de santé. Monsieur Fielding a justifié cette volte-face en expliquant qu'en temps de crise, il ne fallait pas jouer l'obstruction systématique. Alors, l'heure est-elle à l'union sacrée en Australie ?
Eh bien, pas tout à fait. Evidemment, le Premier ministre et le leader de l'opposition se disent tous les deux en faveur d'une approche bi-partisane (bipartisanship) pour faire face aux problèmes économiques qui attendent le pays (hausse du chômage, croissance molle). Mais en pratique, cela est plus difficile à mettre en oeuvre...en effet, l'opposition ne cesse d'attaquer la politique du gouvernement dans les séances parlementaires, tandis que le Premier ministre a refusé de faire passer une motion appelant à une approche bilatérale de la crise, motion proposée par Malcolm Turnbull, nouveau chef du Parti libéral. Rudd lui a répondu qu'avant de proposer une telle motion, il ferait mieux d'arrêter de faire de l'obstruction au Sénat (et pan dans ta gueule). Visiblement, d'après la photo que je vous ai postée, Turnbull n'a pas vraiment apprécié...
Pour le reste, l'Australie n'a pas autant de soucis à se faire que nous, car leur économie continuera à être tirée par l'exportation de matières premières en Chine et en Inde, qui ont toujours d'énormes besoins. D'autre part, le système bancaire semble plus solide qu'aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, aucune banque n'étant (pour l'instant) en difficulté. Nevertheless, ce n'est pas parce qu'elle est au bout du monde que l'Australie est à l'abri...eh oui, le nuage de Tchernobyl qui s'arrête à la frontière, ça ne marche qu'en France...
Publié le 07/10/2008 à 12:00 par alsacedownunder

Longtemps, la compagnie aérienne Australienne Qantas a été considérée comme l'une des meilleures au monde. Sûre, fiable, mais aussi réputée pour la qualité de son service, dont j'ai moi-même pu bénéficier à plusieurs reprises. Dans un pays où l'avion reste le moyen de transport le plus pratique, Qantas fait figure de trésor national pour les Australiens. Ceux-ci vouent une affection toute sentimentale à la compagnie, qui sponsorise également les équipes nationales de foot et de rugby. Qantas s'est également rendue célèbre par ses publicités accompagnées de la chanson "I Still Call Australia Home", l'hymne de tous les expatriés. Bref, Qantas a longtemps fait la fierté de l'Australie, tout comme Robert Grossmann et Fabienne Keller faisaient celle de la ville de Strasbourg. C'est un peu comme la SNCF chez nous, une espèce de vache sacrée dont les employés peuvent se permettre de prendre impunément les gens en otage tout en étant soutenus par la population (désolé, l'esprit de Jean-Pierre Pernaut s'est insinué en moi l'espace d'un instant, le saligaud).
Hélas, la réputation de la compagnie a récemment été mise à mal alors qu'elle connaissait en quelques mois plus d'incidents qu'elle n'en avait connus lors des 60 dernières années. Premier de ces incidents, le 25 juillet 2008 (le jour même où je suis parti), sur un vol entre Hong Kong et Melbourne, une bouteille d'oxygène explose en plein vol, occasionnant immédiatement une chute de l'avion de plusieurs kilomètres. Finalement, l'appareil arrivera à se poser à Manille sans qu'aucune blessure ne soit à déplorer. Plus de peur que de mal.
Deuxième incident, quelques jours plus tard : atterrissage en catastrophe à Adelaïde après qu'un des trains d'atterrissage ne se soit pas refermé. Là encore, pas de blessés à déplorer. Mais la répétition des incidents incite les autorités Australiennes à diligenter une enquête sur la flotte de Qantas. La réputation de la compagnie est déjà écornée...
Troisième incident, hier : sur un vol entre Perth et Singapour, l'avion subit une perturbation et une perte d'altitude qui cette fois-ci cause des blessures à une quarantaine de passagers et à quelques membres de l'équipage. L'appareil atterrira en urgence dans le bled paumé d'Exmouth, à 1100 kilomètres au Nord de Perth. Contrairement aux deux autres incidents, il y a donc des dégâts, même si les blessures ne sont pas qualifiées de "sérieuses"...
Trois incidents sérieux en quelques mois, ça commence à faire beaucoup. Bon, évidemment, statistiquement, il y a beaucoup plus de risques de mourir au volant d'une bagnole que dans un avion, mais je sais pas pourquoi, je sens qu'il y en a certains qui ne seront pas convaincus par ce genre de raisonnements froids et mathématiques...mais de là à aller en Australie en bateau, non merci...
Publié le 27/09/2008 à 12:00 par alsacedownunder
Souvenez-vous, il y a quelques années, au bon vieux temps de la cohabitation, notre Premier ministre Lionel Jospin qualifiait cette auguste institution qu'est le Sénat d'anomalie démocratique (le cuistre !). Cette qualification est en effet toute indiquée pour cette maison de retraite pour ratés de la politique (Raffarin, Hue, Pasqua), éternellement conservatrice en raison d'un mode de scrutin d'un autre âge.
En Australie, il y a aussi un Sénat, mais celui-ci est élu par le peuple et il n'est pas systématiquement à droite. Nevertheless, l'institution souffre elle aussi d'un manque de légitimité.
Déjà, le système fait que chaque Etat a le même nombre de sénateurs, quelle que soit sa population (comme aux USA, mais pas comme en Allemagne). La Tasmanie, peuplée de quelques centaines de milliers d'habitants, a donc le même nombre de sénateurs que l'Etat de Victoria, peuplé de plusieurs millions de victoriens. Bon, ce n'est pas le plus grave. Ce qui pose plus de problèmes, c'est que le Sénat a exactement le même poids que la chambre des députés (contrairement à la France, où la chambre peut avoir le dernier mot). Là où ça coince, c'est quand le gouvernement (soutenu par la chambre) n'a pas la majorité au Sénat. Cela peut arriver assez souvent, étant donné que le Sénat Australien n'est renouvelé que par moitié à chaque élection (ce qui veut dire que la moitié des sénateurs reste en place alors que tous les députés remettent leur siège en jeu à chaque législative). Or, dans ce cas-là, le Sénat peut s'amuser à bloquer les projets du gouvernement, voire même le budget, comme cela a été le cas en 1975. Et si les sénateurs refusent de négocier et persistent dans leur blocage, il n'y a que deux solutions : dissolution des DEUX chambres, ou renvoi du Premier ministre par un personnage non-élu (le gouverneur-général). Ce cas extrême s'est rencontré en 1975, comme vous le savez déjà si vous avez lu mes articles sur le sujet.
Actuellement, le gouvernement de Kevin Rudd n'a pas la majorité au Sénat. Il semble être à l'abri d'un refus de voter le budget, mais cela n'empêche pas le Sénat de lui mettre des bâtons dans les roues. En effet, pour faire passer ses textes, le gouvernement doit à chaque fois négocier avec les Sénateurs qui ne sont ni dans son camp, ni dans l'opposition (Parti libéral-Parti national). Or, contenter tous ces sénateurs en même temps relève de la gageure, étant donné que leur appartenance politique va de la gauche écologique à la droite dure. Parmi ces sénateurs, on trouve en effet 5 membres du parti des Verts, un indépendant, et un membre du parti ultra-conservateur "Family First" (la famille d'abord). Ce dernier, du nom de Steve Fielding (vous le voyez sur la photo), a été élu en 2004 avec à peine 1% des voix grâce au scrutin à la proportionnelle et au système de préférences à l'Australienne. Et en ce moment, c'est ce monsieur Fielding qui bloque systématiquement les projets du gouvernement. Par exemple, lorsque Rudd a voulu introduire une nouvelle taxe sur les grosses bagnoles, Fielding a fait un lobbying forcené pour que les fermiers et les agences de tourisme en soient exemptés, sous peine de bloquer la loi. Son accord étant indispensable, il a obtenu gain de cause. Même scénario il y a peu : le gouvernement voulait augmenter le seuil de ressources à partir duquel était exigé une cotisation supplémentaire pour le système Medicare (la Sécu Australienne) : Rudd tenait à ce que la classe moyenne soit exemptée de cette taxe, dans le but de ramener les gens vers le système Medicare au détriment des assurances privées (souscrire à Medicare n'est pas obligatoire en Australie, on peut choisir une assurance privée). Un projet qui semble à priori honnête. Mais monsieur Fielding s'est ému du sort de ces pauvres assurances privées qui allaient perdre des milliers de clients attirés par la possibilité de payer moins pour bénéficier du système public. Et voilà donc que ce monsieur, qui représente 1% des électeurs de son Etat et qui a été élu en 2004, a décidé de bloquer le projet d'un gouvernement démocratiquement élu par une majorité d'Australiens en 2007. Evidemment, monsieur Fielding refuse de discuter ou d'amender sa position, à tel point que l'on parle déjà d'une double dissolution pour régler le problème.
Voilà qui fait beaucoup de pouvoir pour un seul homme, n'est-il pas ?
Pour lire l'article original sur le sujet, c'est par
ici, comme d'habitude sur le site de l'excellent quotidien "The Age".
Publié le 18/09/2008 à 12:00 par alsacedownunder
Je viens de tomber sur un article assez "intéressant" publié dans le quotidien "The Age" (le lien est
ici).
Il s'agit d'une pratique commerciale typiquement Australienne. Ici, en France, on connaît les happy hours et autre joyeusetés qui boostent la clientèle d'un bar. En Australie, un pub de Melbourne a trouvé une idée encore plus alléchante, visant spécifiquement la clientèle féminine : on vous donne une bière gratuite si vous enlevez votre petite culotte. Simple, mais ingénieux ! Je me demande comment ça se fait que personne n'y ait pensé plus tôt...
En tout cas, voilà une idée qui doit mettre de l'ambiance dans un bar...mais évidemment, il y a des troubles-fêtes défenseurs de la bienséance et des bonnes moeurs qui trouvent l'initiative de "mauvais goût"...
C'est bien quand même, cette volonté d'éviter que les jeunes filles prennent froid dans les bars, c'est une belle sollicitude...
Publié le 24/08/2008 à 12:00 par alsacedownunder
Voilà quasiment un mois jour pour jour que j'ai quitté la belle Australie pour retrouver la France, tel un mari infidèle qui retourne piteusement au bercail après un an d'escapade. Le timing est donc parfait pour vous poster enfin ce billet de conclusion que je vous avais promis. Qu'est-ce que ça fait de vivre un an la tête en bas ? Comment les Australiens survivent-ils au milieu de la Vegemite et des Drop Bears ? Comment ressortir vivant d'un restaurant du quartier Chinois de Sydney ? Comment font les Australiennes pour ne pas se choper de cancers de la peau quand on voit le peu de vêtements qu'elles portent pour sortir ? Autant de questions hautement philosophiques qui vous brûlent certainement les lèvres et qui trouveront enfin leur réponse dans ce billet...ou pas. C'est parti.
1) Le saut vers l'inconnu.
Première question qu'on peut se poser : comment gérer l'arrivée dans un pays inconnu où l'on ne connaît absolument personne ? Première réponse : ne pas s'en faire une montagne, prendre les choses étape par étape, ne pas se prendre la tête. Si je m'étais dit dès le départ "putain, je vais partir au bout du monde, c'est énorme", je ne serais jamais parti. Deuxième réponse : choisir l'Australie comme destination ! Sérieusement, le seul moment où je me suis senti un peu perdu était la première heure après mon arrivée, quand je suis arrivé en avance à mon rendez-vous pour l'appart' et que personne ne répondait à mes coups de sonnette. Mais une fois que la proprio m'a ouvert et que j'ai eu un endroit pour dormir (un deal conclu en 2 minutes chrono), tout s'est passé comme dans du beurre non enduit de Vegemite : sans aucun problème. En grande partie parce que les autochtones vous rendent vraiment la vie facile. Je ne sais pas si c'est parce que je suis habitué à la morosité Française que j'ai trouvé les Australiens si charmants, mais je peux vous dire que de voir tout le monde vous sourire et vous dire "how are you" quand vous entrez dans un magasin, ça vous met tout de suite à l'aise. En quelques semaines, j'avais fait la connaissance de la plupart des commerçants du quartier et ils me traitaient déjà comme un habitué. Les Australiens aiment faire la conversation, ils sont curieux de savoir d'où vous venez, ce que vous êtes venus faire chez eux et si c'est vrai qu'en France, on a le plus petit président au monde. Bref, ce sont des gens qui aiment vous faire sentir que vous êtes bienvenu dans leur beau pays, des gens avec qui on a envie de boire une bonne bière, le meilleur des rafraîchissements face au chaud soleil Australien...
Mais bon, même en Australie, on ne peut pas passer son temps à boire ou à flâner, il faut bien travailler un peu aussi...
2) La fac.
Là encore, aucun problème d'adaptation. L'administration est nickel, rien à voir avec la France. Par exemple, lorsque les résultats sont annoncés pour le 16 juillet, ils ne sont pas diffusés l'après-midi du 16, ni même le matin à 7 heures : non, ils sont diffusés dès minuit pile sur Internet. Rien à redire à ce niveau là.
Quant aux cours, il y en a moins qu'en France, mais il faut les préparer sérieusement. Pas de cours magistraux comme chez nous avec un prof qui arrive en mode "pilote automatique" et qui déclame son cours tel un robot pendant une heure sans interruption, sans reprendre son souffle et sans un regard pour les étudiants massés devant lui qui se tuent à noter la moindre de ses paroles, à la virgule près. En Australie, les cours se déroulent plutôt en comité restreint, avec une vingtaine d'étudiants et un prof qui ne fait pas vraiment un cours mais qui tente plutôt d'engager un débat avec la salle. Et il faut se mettre au diapason des étudiants Australiens, lesquels participent tous avidement. Rien à voir avec la France où 95% des étudiants dorment pendant que deux ou trois étranges individus (qu'on ne peut qualifier que de marginaux) s'adonnent à une activité des plus incongrues : répondre aux questions du chargé de TD.
Bref, le système Australien, du moins dans les cours auxquels j'ai assistés, me semble beaucoup plus convivial. Les étudiants ne sont pas spectateurs du cours, on attend d'eux qu'ils soient acteurs. L'accent est donc largement mis sur l'oral : par exemple, j'ai fait 6 exposés en un an en Australie, alors que j'ai dû en faire deux en 4 ans à la fac de Strasbourg. Enfin, autre point positif, le fait de ne pas avoir d'examens écrits mais d'être évalué sur un travail à la maison portant sur un sujet que vous choisissez vous évite d'avoir à apprendre le cours par coeur : vous pouvez vous concentrer sur un sujet particulier et l'étudier bien à fond, ce qui évite d'avoir à prendre des notes sur tous les aspects du cours...qui s'en plaindra ?
3) La ville.
Non seulement j'ai eu la chance de vivre cette année dans un pays magnifique, mais en plus, j'ai atterri dans la ville la plus excitante et la plus chargée d'histoire dudit pays : Sydney. Alors, déjà, il y a le fameux Port Jackson, avec Harbour Bridge et l'Opéra, merveille d'architecture et symbole incontesté de la ville. Mais comme si ça ne suffisait pas, Sydney regorge de bâtiments anciens qui se mélangent plus ou moins harmonieusement avec les gratte-ciels modernes qui s'en vont piquer le cul du ciel. Le mix entre les deux peut paraître assez surprenant au début, d'autant qu'on voit que rien n'a vraiment été planifié, mais ça donne un résultat intéressant qu'on pourrait qualifier de "joyeux bordel".
Il est en tout cas impossible de s'ennuyer à Sydney. Une fois fait le tour de la baie, le visiteur peut s'égarer dans les magnifiques Jardins botaniques que l'on trouve près de l'Opéra, ou bien flâner dans le quartier des Rocks, le plus vieux quartier de Sydney. Et si ça ne lui suffit pas, il reste de nombreux endroits à explorer : la baie de Darling Harbour et ses bars, Hyde Park et la St. Mary's cathedral, Martin Place et le parlement, le Queen Victoria Building, le Town Hall, la National Gallery, l'aquarium, le zoo...les attractions ne manquent pas. Quant à ceux qui préfèrent le surf, il y a évidemment les plages de Sydney : Bondi, Bronte, Coogee, Manly. Et pour ceux qui comme moi sont allergiques à l'eau salée, il y a toujours de belles marches et des rencontres intéressantes à y faire.
4) Les filles.
Sujet épineux que voilà...les filles. Alors, qu'est-ce qui différencie une Australienne d'une Française, en-dehors du fait que les Aussie girls ne savent pas s'habiller ? Eh bien, à l'instar de leurs compatriotes masculins, les Australiennes sont très sympas, ouvertes et chau...pardon, chaleureuses. Par exemple, lors de ma visite de Newcastle, je me suis fait aborder par une charmante jeune fille qui avait remarqué mon air de touriste et qui s'est montrée très intéressée par mon parcours et la raison pour laquelle j'avais échoué ici. On a discuté pendant bien une heure alors que je ne la connaissais ni d'Eve ni d'Adam...
Au niveau de la garde-robe, comme je l'ai déjà laissé entendre, les Australiennes n'ont qu'une notion très vague de la mode et de l'élégance. Pour tout dire, même si elles mettent parfois des marques, elles s'habillent un peu n'importe comment (surtout quand elles sont d'origine asiatique). L'avantage, c'est que les tenues qu'elles portent sont souvent assez (voire très) légères, y compris en hiver. Ce qui fait que même si leurs habits sont moches, on peut toujours admirer leurs jolies jambes...
5) Le pays.
Il n'y a pas que Sydney en Australie, il y a tant d'endroits à voir et de choses à faire qu'une année est largement insuffisante pour en faire le tour (sauf si on n'a rien d'autre à foutre). Mais bon, un an m'a quand même suffi pour bien visiter les environs de Sydney, faire un tour en Tasmanie, voir la barrière de corail, crécher à Melbourne, me perdre dans Alice Springs et m'épuiser à Uluru. Dit comme ça, ça fait pas très impressionnant, mais je peux vous assurer que j'ai beaucoup apprécié les endroits visités. Hormis l'auberge de jeunesse d'Alice Springs et ses employés incompétents, il n'y a jamais eu aucun reproche à faire sur l'accueil et le service. Les gens sont sympas partout en Australie, pas seulement à Sydney.
Mais évidemment, je n'ai pas visité tous ces endroits uniquement pour apprécier le sourire des habitant(e)s. Le pays a beaucoup plus que cela à offrir : j'y ai trouvé une grande métropole à l'Européenne à Melbourne, du brouillard dans les Blue Mountains, une féérie de vie aquatique dans la barrière de corail, une île tranquille comme la Tasmanie où l'on ne crève pas de chaud comme sur le reste du continent, une nature superbe et des kangourous en liberté à Alice Springs, et des rochers à Uluru. Aucune destination n'aura été décevante, aucune partie du voyage n'aura été superflue et la seule chose que je regrette, c'est que mon budget ne m'ait pas permis d'en faire plus. Et puis c'est la faute de Sydney aussi : on y est tellement bien qu'on a du mal à s'en arracher, même si c'est pour voir une course de chameaux et une rivière desséchée à Alice Springs...
6) Les valeurs nationales.
Elles se résument assez rapidement : bière, no worries, fair go, Vegemite, sport. Mais une explication plus en détail s'impose :
-La bière, je vous en ai suffisamment parlé, et il faut avouer que les Australiens sont servis à ce niveau là : il existe de nombreuses variétés, et certaines vont vraiment me manquer (comme la Victoria Bitter, la Crown Lager ou la délicieuse Cascade).
-Le "no worries", même s'il faut le relativiser, c'est ce qui symbolise l'esprit relax des Aussies, lesquels sont capables d'aller faire un petit surf tranquille avant d'aller au boulot (qu'ils finissent généralement à 17h, ces fainéants).
-Le "fair go", c'est une autre expression qui est l'équivalent de l'égalité des chances chez nous : en Australie, on donne une chance à chacun, et si vous faites vos preuves, il n'y a pas de raison que vous ne réussissiez pas. Du moins, ça c'est la théorie, ça marche mieux si vous êtes blanc et que vous n'avez pas d'accent chinois ou indien...
-La Vegemite, vous avez beau la retourner dans tous les sens, c'est de la merde, de la merde et encore de la merde. Ceci dit, ça marche bien dans les sauces et pour repousser les Drop Bears, mais je n'y ai pas trouvé d'autre utilisation...
-Le sport, c'est une partie importante de la vie en Australie, plus que dans n'importe quel autre pays. Les soirs de match, la vie s'arrête. Football, foot Australien, basket, athlétisme, rugby à XIII, rugby à XV, cyclisme, course de chevaux, course de chameaux, rallye des ancêtres à roulettes...même le sport le plus naze va immanquablement intéresser un Australien, surtout s'il peut parier dessus (autre "sport" national). Ainsi, j'ai vu un stade surchauffé de 70000 personnes toutes vêtues de jaune pour aller voir un bête match de foot entre l'Australie et la Chine...c'est dire la passion des Aussies pour tout ce qui sue et transpire...
Pour le reste, il n'existe pas en Australie de religion de la politique comme en France : les Australiens n'ont pas autant l'habitude que les Français de disserter la politique du gouvernement à chaque repas. Mais ils ont quand même eu l'intelligence d'élire Kevin Rudd en 2007, alors qu'en France, l'horreur politique venait à peine de se produire (je parle bien sûr de la lecture de la lettre de Guy Môquet aux joueurs du XV de France par le futur secrétaire d'Etat aux sports de notre mini-président).
7) Le bilan.
Voilà, c'est à peu près tout pour ce billet de conclusion, qui vient clôturer une année formidable sur tous les plans. Élections législatives, coupe du Monde de rugby, spectacles à l'Opéra, initiation à la Vegemite, visites mal planifiées mais à l'issue heureuse, attaques de Drop Bears en rase-mottes, j'aurai vécu beaucoup de choses plus ou moins enrichissantes au bout du monde. Une chose est sûre, je ne regrette absolument pas l'expérience, partir là-bas est certainement la meilleure décision qu'il m'ait été donnée de prendre de toute ma vie (avec la décision de ne pas voter pour le mini-candidat de la droite en 2007, dont le nom m'échappe pour une raison inexplicable).
Bref, c'était une belle, une grande année, et comme le dit cette fameuse chanson Australienne, malgré mon départ, "I still call Australia home", même si je n'y étais que pendant un an...est-ce suffisant pour se sentir appartenir à un pays ? Quand ce pays s'appelle l'Australie et qu'on y a été accueilli comme un roi, je pense que oui...la France reste mon pays, mais l'Australie est un peu devenue ma seconde patrie.
Je vais en tout cas garder un oeil sur le Lucky Country et ce qui s'y passe : comme je l'avais dit dans le précédent billet, le blog va continuer. A défaut de ne plus pouvoir jouer les reporters sur place, je vais donc faire comme tout journaliste d'investigation moderne qui se respecte : poster des articles de chez moi en me servant d'Internet...
A bientôt donc pour des nouvelles en provenance de mon salon sur le pays des kangourous ! C'est au moins aussi alléchant qu'un pot de Vegemite, non ?
Publié le 27/07/2008 à 12:00 par alsacedownunder
Voilà, voilà, je suis de retour à Strasbourg après un voyage hyper agréable : 22 heures en avion, arrivée à Londres à 6 heures du matin, puis une heure de métro pour aller de Heathrow à la gare de Saint Pancras, enfin, 6 heures d'attente avant mon train pour Lille, et le tout en trimballant trois valises qui devaient faire en tout 45 kilos, c'est-à-dire environ trois quarts de mon poids. Heureusement, un Anglais très sympa (si, ça existe) m'a aidé à en trimballer une quand je suis arrivé à la gare après avoir vu que j'allais probablement m'effondrer si je devais continuer à le faire seul. Elle est pas belle la vie ?
Dernière partie du voyage, un "petit" trajet en voiture avec mon père de Lille jusqu'à Strasbourg, où j'arrive à 23 heures pour être accueilli par toute la famille, sauf ma soeur qui a eu le toupet de partir en vacances au lieu de m'attendre pour me souhaiter un bon retour au pays avec un gâteau !
Bon, la question que vous devez vous poser, c'est : alors, c'est fini le blog ? Qu'est-ce qu'on va faire de nos journées maintenant ? On va jamais survivre ! Eh bien, rassurez-vous, vous n'avez pas besoin de sauter de la fenêtre pour l'instant (sauf si vous avez l'intention de voter pour notre mini-président aux prochaines élections). Car la réponse à la question est non, le blog n'est pas fini. D'abord, il faudra que je poste un billet de conclusion sur mon année passée à Sydney, histoire de dire ce que j'ai retiré de l'expérience tout en passant un petit bonjour aux Drop Bears restés là-bas. Mais même ce billet de conclusion ne sera pas le dernier, car je continuerai ensuite à commenter l'actualité Australienne sur ce blog, je tenterai de suivre les exploits de Kevin Rudd et ses combats contre les bogans, et j'essaierai également de dénicher d'autres histoires insolites sur ce pays à nul autre pareil. Le blog sera donc moins centré sur moi, et sans doute moins actif, mais une chose est sûre : tout comme mon lien avec l'Australie, il continuera !
(en plus, je me suis promis d'atteindre les 10000 visites, alors je ne peux pas m'arrêter comme ça...)
Publié le 24/07/2008 à 12:00 par alsacedownunder
Ca y est, l'heure du départ approche, elle est fixée à demain, 16h45. Il est donc bientôt temps pour moi de quitter les terres Australes et de retrouver ce foutu sol hexagonal, ses gens maussades, ses partis politiques lamentables et son mini-président horripilant. Youpie...
En fait, je ne sais pas si ça me fait tellement chier de retrouver la France, j'y ai quand même des gens qui m'aiment et que je retrouverai avec plaisir (quand même). Je crois que ce qui m'emmerde le plus, c'est surtout de quitter l'Australie...quand je suis rentré pour Noël, le sentiment était totalement différent puisque je savais que j'allais revenir. Là, même si, tel Terminator, je suis déterminé à faire un come-back, je ne sais ni quand, ni comment cela se fera. Ca peut être dans quelques années, ça peut être dans vingt ans...who knows...
Dans ces cas-là, ce qu'on dit en général, c'est qu'il faut profiter un maximum des derniers instants. Bon, j'ai bien fait la fête avec des potes de la fac, j'ai encore une fois été invité à dîner chez Nancy et Paul, mais j'ai l'impression que j'ai passé plus de temps à ranger l'appart' et à préparer mes affaires qu'à m'éclater pour ces derniers jours...au moins, ça aura servi à quelque chose : j'ai récupéré ma caution, ce qui est quand même un vrai soulagement. Non pas que j'avais laissé l'appart' dans un sale état (allons, allons, je ne suis pas comme ça quand même), mais on ne sait jamais...
Toujours est-il que je suis un peu déprimé à l'idée de quitter Sydney (je sais, ça ne se voit pas, mais je vous jure que c'est vrai). Pourtant, j'essaie de me dire que l'Australie, ce n'est pas seulement le soleil, la bière et les gens souriants, c'est aussi la Vegemite, les cafards et les Drop Bears. Mais rien n'y fait, je continue à déprimer grave. A tel point que ma dernière visite a été pour le cimetière de Rookwood, le plus grand cimetière multi-confessionnel de l'hémisphère Sud, avec des chapelles/mémoriaux pour chaque religion possible et inimaginable. Intéressant, mais un peu lugubre, d'autant qu'il faisait très moche et qu'il n'y avait pratiquement personne...bah, au moins ça allait avec mon humeur...
Et demain, 24 heures d'avion pour aller à Londres, puis plusieurs heures d'attente avant de prendre le train pour Lille, où mon père me cherchera, si tout va bien. Ce qui nous fera plus de 30 heures de voyage...franchement, qui n'aurait pas envie d'être à ma place ?
Pas de photo pour ce dernier billet écrit d'Australie, mais une petite vidéo de Save tonight par Eagle Eye Cherry, une chanson de circonstance :
Tomorrow I'll be gone...
Et ça me fait bien chier !
Publié le 18/07/2008 à 12:00 par alsacedownunder
Après ces quelques jours de retrait à Alice Springs, le retour dans une Sydney plus peuplée et plus grouillante que jamais n'a pas été facile. Pour ceux qui ne le savent pas encore ou qui s'en foutent comme de l'an 40 (je ne les blâme pas pour ça), les Journées mondiales de la jeunesse ont lieu cette année à Sydney, ce qui fait que la population de la ville s'est "enrichie" de plusieurs centaines de milliers d'âmes en quête de salut, pour le plus grand bonheur de ses habitants et de son système de transports publics déjà bien à la peine en temps normal.
Résolus cependant de tirer profit de cette grande manifestation, nous avons préparé, moi et Gauthier, un coup retentissant pour le dernier jour à Sydney de mon camarade : l'enlèvement du pape, notre très saint-père Benoît, seizième du nom et premier parmi les humbles serviteurs de notre Seigneur, histoire de demander une petite rançon à une église catholique qui ne sait plus quoi faire de son fric (le donner aux pauvres ? hahaha...). Nous pensions frapper au moment où personne ne s'y serait attendu : à découvert et pendant que le pape serait plus surveillé que les bijoux de la couronne ou la virginité de la future femme de Ben Laden. C'est-à-dire à l'instant même où il ferait son tour de la baie de Sydney sur son papobateau, acclamés par des dizaines de milliers de pèlerins. Le génie de l'opération est évident : personne ne peut imaginer que quelqu'un soit assez fou pour opérer à un moment pareil, ce qui nous donnait un effet de surprise certain. Nous pensions cependant nous poster à un endroit moins exposé que l'opéra, de toutes façons pris d'assaut depuis plusieurs jours par les groupies de BXVI (signature du pape sur les SMS envoyés aux pélerins). Nous avons donc choisi le côté Nord de la baie (en face de l'opéra) et nous sommes postés non loin de la résidence du Premier ministre, attendant patiemment notre heure.
Malheureusement, nous avons été trompés par une de nos sources sur le parcours du pape, ou peut-être que quelqu'un l'avait prévenu de notre intention malgré les précautions que nous avions prises. Toujours est-il que son bateau, après être passé par les jardins botaniques et l'opéra, n'a pas fait le tour que nous attendions et a au contraire continué à longer la côte du côté Sud, snobant le côté Nord et rendant ainsi impossible toute action d'éclat de notre part. Tout ce que nous avons eu, c'est une photo du papobateau tandis qu'il passait devant l'opéra...
Tant pis, la prochaine fois, ça marchera...comme l'a dit Jésus, ce n'est pas parce que votre assaillant a manqué votre joue gauche que vous ne devez pas lui tendre la droite. J'espère que BXVI s'en souviendra...
Publié le 16/07/2008 à 12:00 par alsacedownunder
Il est temps de conclure le récit de ces trois jours à Alice Springs avec un petit compte-rendu de la dernière journée que nous y avons passée (en espérant que cette fois-ci, vous aurez des commentaires à poster, parce que sinon c'est pas la peine que je me casse le cul, non mais sans blague).
Ladite journée a commencé par des adieux pour le moins déchirants avec le magnifique hôtel sans couvertures où nous étions, et surtout avec ses sympathiques employés. En guise de cadeau d'adieu, ceux-ci nous ont d'ailleurs proposé une navette vers l'aéroport à seulement 8 dollars 50 par personne ! Quelle générosité...le petit hic, c'est que d'après le site internet de l'hôtel, ce petit voyage était censé être gratuit...nous avons donc décliné l'offre, d'autant qu'elle nous aurait fait rater la première partie de la Camel Cup, qui se trouvait avoir lieu le même jour à Alice Springs.
La Camel Cup est, comme son nom ne l'indique pas, une course de dromadaires qui fait la renommée d'Alice Springs. C'est un peu comme une course de chevaux, à ceci près que les nobles équidés sont remplacés par les vaisseaux du désert, introduits en Australie par des marchands Afghans au XIXè siècle. La substitution garantit un spectacle très différent d'une course de chevaux classique, les dromadaires étant des animaux beaucoup moins dociles, capables, à l'instar de notre mini-président, de s'arrêter ou de faire demi-tour au moindre caprice. La Camel Cup est donc un spectacle qui ne se prend pas au sérieux, typiquement Australien : le plus important n'est pas de participer, ni de gagner, mais de déconner (et de boire une bonne bière).
Le problème, c'est qu'il nous fallait jouer serré pour assister à cet évènement, étant donné que nous avions un avion à 13h30 et que le coup d'envoi de la Camel Cup était prévu pour 11h. Je savais que nous ne pourrions sans doute pas voir de courses, mais je voulais au moins voir la cérémonie d'ouverture. Heureusement pour nous, la Camel Cup se déroulait à quelques kilomètres à peine de l'aéroport, ce qui nous laissait une certaine marge. Après nous être arrangés avec la principale compagnie de bus vers l'aéroport pour qu'elle nous y dépose avant de nous y rechercher plus tard pour nous emmener vers notre avion (le tout en payant seulement un aller simple), nous avons pu pénétrer dans l'enceinte. Là, nous faisons connaissance avec les bestioles (chacune est sponsorisée par un commerce local), mais aussi avec le goût étrange des steaks de chameau (ça ressemble à du boeuf haché), ainsi qu'avec l'histoire de la Camel Cup (fondée à la suite d'un pari douteux entre deux amis, dont Noel Fullerton, le monsieur avec une barbe blanche que vous voyez sur la photo), et enfin avec une sympathique famille de Français originaires de Metz et qui ont décidé qu'ils préféraient vivre en Australie plutôt que dans cette magnifique région qu'est la Lorraine (quelle drôle d'idée).
Quoi qu'il en soit, même si nous n'avons pas pu assister à la moindre course, nous avons pu voir la cérémonie d'ouverture et la parade des dromadaires, au cours de laquelle certains d'entre eux ont décidé qu'ils serait moins fatigant de rester assis par terre plutôt que d'obéir aux ordres de leurs maîtres. La cérémonie était bien évidemment agrémentée de l'hymne national Australien, mais aussi Américain, car Alice Springs comporte une importante population venue des Etats-Unis, particularité qui s'explique par la présence d'une base militaire dans les environs. Rien n'est parfait...
Quoi qu'il en soit, je n'ai pas regretté l'expérience. Nous aurions même pu assister à la première course si le discours du maire d'Alice Springs n'était pas venu retarder son départ (fichu politicien, je suis sûr qu'il est au parti libéral), mais nous avons à peine eu le temps de sauter dans notre bus pour ne pas rater notre avion. Bah, tant pis, c'était quand même sympa de prendre contact avec ces étranges habitants du continent Australien (à vous de deviner si je parle des dromadaires ou de la population d'Alice Springs...).